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Développement des Systèmes d'organisation. Cycle C1 – Mai 2003. La dynamique des groupes restreints. Didier Anzieu, Jacques-Yves Martin.
Typologie: Schémas
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ème
(397 pages)
Sommaire
Le groupe et les groupes
En étymologie le terme groupe serait récent. Il aurait été importé d’Italie du monde des beaux arts (groppo) vers le milieu du 17ème^ siècle. Il signifiait « un assemblage d’éléments, une catégorie d’être ou d’objet ». Il s’impose dans le langage en tant que « réunion de personnes » seulement un siècle plus tard.
Les auteurs nous précisent que le concept de groupes aurait eu du mal à s’imposer à cause de « préjugés individuels et collectifs » (d’ordre psychologique et psychanalytique). Ils s’appuient sur les résultats d’une enquête de l’AFAP 3 (1961). On ne percevrait du groupe que des relations interindividuelles et qui serait en plus statiques. Les sondés reconnaissent que pour une question d’efficacité il vaut mieux être en groupe que seul ; mais à contrario le groupe évince la personnalité de l’individu (aliénation). « Les rapports humains dans les groupes ne peuvent être que des rapports de manipulateur à manipulé, c’est à dire sur un modèle sadomasochiste » page 20. Par ailleurs, le groupe serait une évidence, un tout, où l’individu ne perçoit pas la vie autrement. Il s’agit par exemple de la famille, la tribu, le village…. (préjugés d’ordre sociologique). Enfin, pour les organisations collectives, le groupe à grande échelle (état, armée, ordres religieux) les petits groupes restreints seraient une force mais représenteraient également une menace. « D’où la méfiance que la plupart des civilisations ont témoignée aux petits groupes spontanés, la méfiance des églises à l’égard des sectes, (…), des partis politiques à l’égard des réunions fractionnelles, des gouvernants ou des administrateurs à l’égard de l’autogestion, des professeurs à l’égard du travail en groupe : tout groupe qui s’isole est un groupe qui conspire ou peut conspirer » page 23.
Le groupe prend naissance avec trois participants. Avec l’arrivée d’un quatrième participant les phénomènes de groupes se dévoilent.
Une classification 4 est donnée par les auteurs, parce qu’ « une réunion ou un groupe d’individu peut prendre bien des formes et bien des noms ».
La foule est constituée d’un grand nombre d’individus, situé dans un même endroit sans l’avoir voulu explicitement. Chacun est là pour son propre compte et cherche à satisfaire en même temps une même motivation individuelle. Ici sont exclues les manifestations préparées. « La foule se définit par la psychologie de la simultanéité ».
La bande se caractérise par le nombre réduit comparativement à la foule. Les membres sont réunis volontairement et ont du plaisir à se retrouver parce que l’exigence d’adaptation est supprimée ou suspendue. La bande est éphémère soit parce qu’elle peut rentrer en sommeil et se réveiller pour de sporadiques discussions ; ou soit que les membres évoluent psychologiquement et se désengagent ainsi du groupe.
Le regroupement est une réunion de personnes en petit, moyen ou grand nombre. La périodicité des réunions est plus ou moins importante avec une constance relative des objectifs. Le but principal est de répondre à un intérêt de ses membres ; c’est le cas des associations du genre Loi 1901.
Le groupe primaire ou groupe restreint est déterminé par son nombre restreint, par le fait que chacun a une perception individualisée de l’autre et que les échanges interindividuels sont nombreux. Les participants ont en commun les mêmes buts. Il existe une interdépendance, une solidarité en dehors
(^3) Association Française pour l’Accroissement de la Productivité (^4) En annexe 1 et 2 : Tableaux (classification des groupes humains & classification des groupes suivant la taille)
des réunions et actions communes, très forte, d’où la constitution de sous-groupes (relation affective). Des normes, des signaux et des rites propres s’érigent. On n’a pas systématiquement toutes ces caractéristiques représentées à la fois dans le même groupe. Le groupe primaire est en général restreint, mais les auteurs nous donnent une grille d’analyse nuançant les deux termes. Le groupe primaire est nuancé par les liens personnels, intimes, chaleureux qui s’installent ; alors que le groupe restreint (6 à 13 personnes) connote une dimension numérique.
Parler de groupes primaires sous entend qu’il existerait des groupes secondaires.
Le groupe secondaire ou organisation (hôpital, école, entreprise, parti politique) voit ses membres poursuivre des buts similaires ou complémentaires.
Parallèlement au groupe restreint, les auteurs identifient le groupe large (25 à 50 personnes) comme étant une particularité où il est impossible de connaître chacun.
Le concept de groupe exposé, le discours se poursuit avec un historique des travaux en la matière, un inventaire des différentes théories et méthodes.
Les récits de la mythologie grecque laissent à penser que les grecs anciens avaient déjà saisi une distinction entre le groupe restreint et le groupe élargi. Mais les origines du christianisme témoigneraient du dynamisme de groupe (Jésus et les 12 apôtres).
L’homme qui est par sa nature psychologique, un être social, groupal, pour Charles Fournier, obéirait à la loi de l’attraction passionnelle. Chaque passion cherche ainsi à satisfaire une tendance 5. On retiendra tout particulièrement les tendances se rapportant au désir d’établir des liens affectueux : l’amitié (groupes de camaraderie), l’ambition (groupes corporatistes), l’amour (le couple) la paternité (groupe familial).
Avec le postulat de la conscience collective, Durkheim^6 nous dit que le groupe remplit des fonctions d’ordre psychologique (intégration, régulations des relations interindividuelles, idolâtrie). Le passage du clan à la société est celui de la solidarité mécanique à la solidarité organique fondée sur la division du travail.
J.P Sartre 7 avec sa perspective dialectique dit que le groupe n’est pas statique, « mais un tout dynamique, en mouvement, à faire, avec des rapports dialectiques d’intériorité entre les parties ». Pour lui trois conditions sont nécessaires pour passer du rassemblement au groupe :
Chez les sociologues germaniques les travaux de recherche dévoilent trois catégories de « groupe ». La Gemeinschaft qui est un groupement de parenté ou de localité ; la Geselleschaft qui est une association volontaire fondée sur un contrat et le Bund qui est une alliance d’adolescent ou d’adulte avec une adhésion fortement passionnée pour la poursuite des buts communs.
(^5) Douze tendances : 5 se rapportant aux plaisirs des sens (goût, tact, vue, odorat, ouïe),
7 se rapportant aux sociales (^6) Fondateur de l’école sociologique du 19ème (^) siècle (^7) Critique de la raison dialectique, 1960, Gallimard
La conception psychanalytique de Freud^10 est que la famille et la société sont différenciées à partir d’une réalité groupale : le clan. Il pose l’interrogation suivante sur le plan psychologique : existe t-il d’autre source d’autorité et d’organisation du groupe que l’autorité patriarcale? « Le progrès social semble représenté le passage du groupe social fondé sur l’autorité du père et l’identification au chef. Mais ce progrès n’est pas accompli une fois pour toute » page 109.
Avec W.R. Bion 11 , une autre conception psychanalytique, établit que le comportement d’un groupe s’effectue à deux niveaux : la tâche commune et les émotions communes. Les membres du groupe se combinent instantanément et involontairement pour agir selon des états affectifs : la dépendance (protection d’un leader); le combat-fuite (refus de la dépendance au leader) et l’assemblage combat - fuite (formation de sous-groupes).
Enfin pour conclure, Didieu Anzieu dit que les individus demandent au groupe une réalisation imaginaire de leurs désirs refoulés. Il emploi même le terme d’illusion groupal (recherche dans les groupes d’un état fusionnel collectif). Il parle aussi d’organisateurs psychiques (le fantasme individuel, les fantasmes originaires, l’image, le complexe d’œdipe, l’imago du corps propre).
Les phénomènes de groupe
1. Pouvoir, structures, communications
On nous définit 12 le pouvoir comme « un principe structurant , inhérent à la famille, à la société, et aux organisations, imposé par la répression et/ou l’intériorisation des normes communément admises. Il se traduit à l’intérieur des groupes humains, par diverses formes d’autorité et à l’extérieur de ceux- ci par des manifestations de puissance » page 162.
Il se trouve que les individus doivent s’appliquer à maîtriser leur tendance à l’ethnocentrisme, puis abandonner le modèle hiérarchisé du groupe pour apprécier le pouvoir comme l’émanation du groupe pris dans sa totalité.
Parmi les groupes naturels on identifie la famille étant l’un des plus anciens où le pouvoir s’incarnait en la personne du père. De ce modèle patriarcal on est passé au modèle patrimonial et Didier Anzieu nous dit que tôt ou tard la société confronte l’enfant à la loi du père (pouvoir détenu par la transmission du nom) ; par ailleurs, il disposerait de la force physique et de la possession exclusive de la mère.
Dans certains groupes primitifs (groupes sans état : tribus) on a pu constater, d’une part, que c’est le corps social qui détient le pouvoir et l’exerce en unité indivisée (lieu du refus d’un pouvoir séparé). Mais d’autre part, l’autorité peut provenir de la bravoure et de la crainte qu’elle inspire (le prestige se transforme en pouvoir social).
Les observations des groupes expérimentaux ont démontré que le groupe restait le seul détenteur du pouvoir qu’il déléguait à celui qui apparaît comme étant le plus efficace. On nous cite en exemple, le cas de séances de travail qui nécessitent une prise de décisions où le Président de séance désigné se voit remplacer par un président émergent de l’assemblée (résultats de 44 groupes sur 72 observés).
(^10) Psychologie des foules et analyse du moi
Totem et tabou (^11) Recherches sur les petits groupes, PUF, 1961 (^12) Définition empruntée à Ph. Secretan (Autorité, Pouvoir, Puissance, Lausanne, L’Age d’homme, 1969)
Le concept de locomotion signifie que le groupe passe d’un état d’esprit à un autre (psychologique). Ici, l’environnement du groupe joue un rôle capital.
La dynamique engendre deux types de tension, celle positive qui fait progresser le groupe et une tension négative nécessaire pour gérer les relations interpersonnelles (conflits). Le groupe regardé comme un système fermé dépense une fraction de son énergie alors que le reste demeure latent. On va donc chercher à réduire cette fraction occultée, et l’un des facteurs reconnu pour y remédier est l'aspect de l’encadrement de ces groupes, car il influe sur le moral ou la performance. On aurait à faire à deux types d’énergie : l’énergie de production qui permet d’atteindre les objectifs ; et l’énergie d’entretien (propre du groupe) qui a une fonction de facilitation (aspects physiques de la communication, processus opératoires, processus de travail) et une fonction de régulation (relations interpersonnelles, facteurs psychosociaux). En somme, lorsque l’emporte la production, on parle de groupes d’action (activistes) et lorsque domine l’énergie d’entretien il s’agit de groupes mondains ou de commémorations.
La prise de décision est un processus ordonné par l’existence de conflits qui sont substantiels ou affectifs. Ce processus passe par trois étapes avant d’arrivée à la décision finale : la collecte d’information, l’évaluation et l’influence. On progresse vers une décision que si on analyse en commun la nature et l’origine de ces conflits. En ce sens, on observe que la pérennité des groupes dépend de leur « effort de création permanente à résoudre les conflits ». Cela signifie qu’une décision prise pour le groupe et dans le groupe suppose qu’il y a eu recherche de consensus. Ce consensus est existant que si l’accord obtenu n’est pas survenu facilement. Les auteurs nous font partager une définition : « le consensus (…) est un consentement composé d’acceptation active de soi et d’autrui, et des relations de soi-autrui » page 180.
Le consensus se vérifierait suivant trois critères :
D’où l'intérêt de la recherche de la qualité objective et impersonnelle et l’adhésion qu’elle remporte.
On dénote trois natures de communication : la communication instrumentale (c’est la pertinence des résultats par rapport aux objectifs), la communication de nature « consommatoire » (fonction du temps et de l’énergie disponibles), la communication tératologique (communication qui se développe pour elle-même aux détriments de l’ensemble -rumeurs-). Le processus de communication comprend deux aspects : un aspect formel et des aspects psychosociologiques (sens des mots, aptitude à communiquer, compréhension –filtre/halo).En contrepartie les obstacles à la communication sont corrélatifs au locuteur et l’allocuté (éléments psychosociologiques)^14. L’étude des réseaux de communication est estimée indispensable pour déterminer les conditions nécessaires à la coopération la plus efficace au cours de l’accomplissement d’une tâche définie. Les auteurs nous donnent en exemple les jeux, les conversations téléphoniques, les transmissions
(^13) ce concept est avancé par Cartwright et Zander en 1953 (^14) En annexe 3 : Les obstacles aux communications et les moyens de les surmonter (tableau)
A contrario d’autres sociologues ont préconisé la « participation conflictuelle » dans les organisations sociales.
On retient qu’à valeur égale l’influence d’un individu peut s’exercer différemment sur la performance du groupe. Pour les groupes d’amis on observe qu’ils ont habituellement un moral plus élevé. Ils exercent d’avantage d’influence les uns sur les autres et ainsi sont-ils plus productifs.
Il existe aussi un autre phénomène dans les groupes ; il s’agit du problème de la dépendance.
La dépendance
Lewin a distingué deux sortes de dépendance : la dépendance constitutive (les membres sont nécessaires les uns aux autres pour atteindre leurs objectifs) et la dépendance de référence (les membres constituent les uns pour les autres un cadre de référence).
Cependant dans les groupes de diagnostic on a pu observer les manifestations de dépendance par rapport au moniteur (animateur, coordinateur) qui est perçu comme une figure d’autorité.
En ce sens, J. Muller qui a approfondi le concept définit la dépendance comme un lien établi à partir d’analogie, d’identité, des causes ou de circonstances. Il a ainsi étudié la dépendance comme une attitude (dépendance situationnelle) et il fait état de :
Mais avec les travaux de S. Moscovici on a la classification selon la source d’influence et sa direction (toujours unilatérale) :
La résistance au changement
Les auteurs contractent à Le Chatelier l’explication du phénomène qui s’applique en biologie, en psychologie et en psychologie sociale, expliquant l’inertie des individus et des groupes : « Toute modification apportée à l’équilibre d’un système entraîne, au sein de celui-ci, l’apparition de phénomènes qui tendent à s’opposer à cette modification et à en annuler les effets ». Avec ce modèle on déduit que toute action sur un groupe visant à modifier ses propres normes engendre des forces qui viennent neutraliser cette dernière. Pour cette raison on considère qu’il est préférable de réduire les forces d’opposition au changement plutôt que d’accroître les forces de pression en faveur du changement. Les origines des résistances sont soit en rapport à la collectivité ; soit ont trait aux individus eux- mêmes (inertie, anxiété) ; soit aux interactions dans le groupe (uniformisation des performances individuelles).
Il est dit que le changement se prépare par une discussion pour permettre l’autorégulation du groupe ainsi que l’amélioration des attitudes par rapport au travail. En établissant un lien au processus du consensus, le changement stable des normes d’un groupe semble exiger la recherche et la détermination d’un nouveau consensus.
Créativité du groupe de travail
La créativité s’oppose à la productivité et tient plus dans la qualité et à la nouveauté.
On nous décrit trois sortes de créativité. En premier, nous avons la créativité expressive ou artistique, qui est « l’élaboration des représentations et des significations qui tendent à traduire une vision interne des sujets et des groupes ». Ensuite, la créativité orientée qui permet la résolution de problèmes. Et pour finir, la créativité constructive, qui constitue une série de structures en partant de certains éléments et des règles qui indiquent la liaison désirable entre les éléments.
Dans le monde de l’entreprise les méthodes les plus utilisées sont :
Ces méthodes ont en commun le fait qu’elles excluent systématiquement l’esprit critique. Les auteurs nous rappellent que c’est exceptionnel dans la vie courante.
Les domaines d’application
Les domaines d’applications énoncées ne sont pas des singularités mais ont une existence bien réelle au quotidien. Qu’ils s’agissent :
o De groupes de négociation (médiation et résolution des conflits) ; négociations entre groupes et entre individus à l’intérieur d’un groupe.
o De la formation des adultes ; des formations aux relations humaines dans les universités, l’armée, le commerce, l’industrie, l’église, les organisations d’étudiants, les agriculteurs etc.
o De l’intervention par le groupe dans les organisations : intervention psychosociologique pour amener les membres, par le recueil de l’information et l’échange de vues, à assurer le processus du changement dans leur propre organisation.
o De la sociothérapie : « réforme du style de traitement des malades mentaux qui repose sur l’introduction des thérapies occupationnelles (ou ergothérapie) et des activités sociales (théâtre, fête, club de loisirs …) page 334.
o Des groupes-analyses (la groupe-analyse) dont le principe est le suivant : huit individus environ se réunissent deux à trois fois par semaine autour d’un analyste durant une heure où ils sont invités à parler librement de chose qui se présentent à leur esprit. Dans ce cas des phénomènes de transfert sont observés. « Quand plusieurs personnes se rencontrent, chacune projette son objet fantasmatique inconscient sur les autres et essaie de les faire agir en accord avec lui » page 336.
o Des groupes de diagnostic ou T-group^18 qui ambitionnent une augmentation de l’efficacité personnelle et sociale de l'homme (entraînent aussi une prise de conscience de soi).
o Des thérapies familiales (systémiques et psychanalytiques). « Quand un membre est mentalement malade, c’est le groupe familiale tout entier qui doit être traité ». « Vivre ensemble nous tue, nous séparer est mortel ».
o De groupes d’enfants par des activités : jeux aux jardins d’enfants, crèches.
(^18) Autres synonymes : Groupe de travail, Training groups ou groups T
En dehors du cadre des organisations (groupes secondaires composés de groupes restreints) on peut citer le cas des groupes d’entraide, où, des individus viennent partager une information et/ou une expérience qui pourront aider d’autres à solutionner leurs problèmes.
Par ailleurs, les normes (« la pression implicite du groupe vers la conformité ») ont formalisé la gestion des hommes (les Ressources Humaines) 23. Ainsi, peut-on expliquer la présence de psychologues dans les processus de recrutements, qui se chargent de sonder la personnalité d’un candidat. Ils vont rechercher « l’adéquation entre le contexte organisationnel (profil du groupe à intégrer) et le candidat » à travers les tests d’intelligence, de personnalité et de gestion (mise en situation, tests d’aptitudes, épreuves de connaissances). Rappelons, qu’il est dit que le groupe facilite l’adhésion ; mais avant, on préfère limiter le risque d’échec.
Pour finir, ayant pris conscience de « la dynamique des groupes restreints » on peut vouloir rapprocher deux autres situations dont les dispositions sont contraire aux principes de groupes nous concernant ici. Il s’agit du télé-enseignement et du télétravail.
On relève que les centres de télé-enseignements sont principalement réservés aux étudiants qui ne peuvent pas fréquenter les universités ou autres centres de formation. Les étudiants reçoivent par fax, téléphone, courrier (et ou électronique …) leur travail et bénéficient d’un tutorat. Des regroupements suivant les régions peuvent s’organiser pour les travaux pratiques. Ils peuvent communiquer avec les autres par le biais du « forum ».
Cependant, la formation en ligne (e-learning) semble vouloir se prescrire en France. En 2000, selon une étude d’Arthur Andersen sur 74 entreprises sondées, 8 déclaraient avoir mis en œuvre ce processus d’apprentissage (langues et bureautique). Aux USA le « e-learning » représentait 60% des dépenses de formation.
La différence observée entre ces deux modes de formation des adultes, est que l’un envisage le contact en groupe (restreint ou large) alors que l’autre pas du tout (liaison Internet ou Intranet depuis un micro-ordinateur).
Pour le télétravail il faut faire, avant d’aller plus loin, une distinction entre :
Le télé-travailleur qui doit retenir notre attention est le premier caractérisé dans l’énumération ci- dessus. Il semblerait que le télétravail ou e-travail soit encore très peu répandu^24. Selon le Ministère de l’ Economie et de Industrie le télétravail ne concerne pas seulement les femmes puisque 80 % sont des hommes et que cette pratique est plus développée chez les personnes ayant un niveau de formation élevé. Paradoxalement au pourcentage de télé-travailleurs en Europe, 2/3 des personnes seraient intéressées, dont 60 % de Français.
Alors pourquoi peu de gens passent à l’acte? 25
(^23) Autres formalismes : approches de gestion des comportements. Cf. M. thévenet, J.L-. Vachette, Culture et
Comportements, Vuibert, Paris 1992 (^24) France 2,2 %, Pays-bas 7 %, Danemark 11,6%, USA Source : www.industrie.gouv.fr (^25) Cf. page 3 les résultats du sondage de l’AFAP : il vaut mieux être en groupe que seul.
Passons en revue quelques entreprises qui ont développé le télétravail.^26
Ce parallèle avec le télé-travail permet de mettre en perspective l’un des postulats de départ 27 à savoir que le groupe permet d’établir un lien entre les occupations personnelles et les activités sociales, et aussi, qu’il favorise la séparation de l’individu de la société.
S’agissant de la formation des adultes par le biais des nouvelles technologies de l’information il faudra « veiller » les résultats des études de ces prochaines années rapportant l’importance et la proportion gagnée par rapport aux formations classiques -groupes : promotion, sessions, etc.- [freins et/ou moteurs de développement -facteurs clés de succès-].
Remarque : le télé travail est promu par le Ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité pour faciliter l’insertion des personnes handicapées.
(^26) Source : www.teletravailenfrance.com, site développé par Alcatel pour informer sur les nouvelles perspectives
du télétravail (^27) cf. page 2 -Postulats
Annexe 3
Annexe 4