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imprimer le descriptif et le mettre dans un portfolio et le presenter le jour du bac attention toute les feuilles doivent rester vierge
Typology: Lecture notes
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Session 2022 Récapitulatif
ère
ère
Cachet de l’établissement Signature du professeur
Objet d’étude : Le roman et le récit du Moyen-Âge au XXIe siècle Œuvre intégrale : La Princesse de Clèves , Madame de Lafayette Parcours associé : Individu, Morale et Société Textes ou parcours travaillés dans l’œuvre intégrale :
Liste des œuvres lues en lecture cursive : Objets d’étude Œuvres lues en lecture cursive Nombre de candidats qui ont choisi l’œuvre à l’examen La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle
Le roman et le récit du Moyen Âge au XIXe siècle
La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle
ŒUVRE CHOISIE PAR LE CANDIDAT :
Texte 2 : La Princesse de Clèves , Madame de Lafayette : la scène de l’aveu. 1 5 10 15 20 25
Texte 3 : La Princesse de Clèves , Madame de Lafayette : l’excipit. 1 5 10 15 20 Elle fut extrêmement troublée et surprise d’apprendre sa venue. Elle lui fit dire, par une personne de mérite qu’elle aimait et qu’elle avait auprès d’elle, qu’elle le priait de ne pas trouver étrange si elle ne s’exposait point au péril de le voir et de détruire, par sa présence, des sentiments qu’elle devait conserver ; qu’elle voulait bien qu’il sût, qu’ayant trouvé que son devoir et son repos s’opposaient au penchant qu’elle avait d’être à lui, les autres choses du monde lui avaient paru si indifférentes qu’elle y avait renoncé pour jamais ; qu’elle ne pensait plus qu’à celles de l’autre vie et qu’il ne lui restait aucun sentiment que le désir de le voir dans les mêmes dispositions où elle était. M. de Nemours pensa expirer de douleur en présence de celle qui lui parlait. Il la pria vingt fois de retourner à Mme^ de Clèves, afin de faire en sorte qu'il la vît, mais cette personne lui dit que Mme^ de Clèves lui avait non seulement défendu de lui aller redire aucune chose de sa part, mais même de lui rendre compte de leur conversation. Il fallut enfin que ce prince repartît, aussi accablé de douleur que le pouvait être un homme qui perdait toutes sortes d'espérances de revoir jamais une personne qu'il aimait d'une passion la plus violente, la plus naturelle et la mieux fondée qui ait jamais été. Néanmoins il ne se rebuta point encore, et il fit tout ce qu'il put imaginer de capable de la faire changer de dessein. Enfin, des années entières s'étant passées, le temps et l'absence ralentirent sa douleur et éteignirent sa passion. Mme^ de Clèves vécut d'une sorte qui ne laissa pas d'apparence qu'elle pût jamais revenir. Elle passait une partie de l'année dans cette maison religieuse et l'autre chez elle, mais dans une retraite et dans des occupations plus saintes que celles des couvents les plus austères, et sa vie, qui fut assez courte, laissa des exemples de vertu inimitables.
Texte 5 : Madame Bovary , G.Flaubert : Le rêve d’Emma 1 5 10 15 20 Emma ne dormait pas, elle faisait semblant d'être endormie ; et, tandis qu'il s'assoupissait à ses côtés, elle se réveillait en d'autres rêves. Au galop de quatre chevaux, elle était emportée depuis huit jours vers un pays nouveau, d'où ils ne reviendraient plus. Ils allaient, ils allaient, les bras enlacés, sans parler. Souvent, du haut d'une montagne, ils apercevaient tout à coup quelque cité splendide avec des dômes, des ponts, des navires, des forêts de citronniers et des cathédrales de marbre blanc, dont les clochers aigus portaient des nids de cigognes. On marchait au pas à cause des grandes dalles, et il y avait par terre des bouquets de fleurs que vous offraient des femmes habillées en corset rouge. On entendait sonner des cloches, hennir des mulets, avec le murmure des guitares et le bruit des fontaines, dont la vapeur s'envolant rafraîchissait des tas de fruits, disposés en pyramides au pied des statues pâles, qui souriaient sous les jets d'eau. Et puis ils arrivaient, un soir, dans un village de pêcheurs, où des filets bruns séchaient au vent, le long de la falaise et des cabanes. C'est là qu'ils s'arrêtaient pour vivre ; ils habiteraient une maison basse à toit plat, ombragée d'un palmier, au fond d'un golfe, au bord de la mer. Ils se promèneraient en gondole, ils se balanceraient en hamac ; et leur existence serait facile et large comme leurs vêtements de soie, toute chaude et étoilée comme les nuits douces qu'ils contempleraient. Cependant, sur l'immensité de cet avenir qu'elle se faisait apparaître, rien de particulier ne surgissait ; les jours, tous magnifiques, se ressemblaient comme des flots ; et cela se balançait à l'horizon infini, harmonieux, bleuâtre et couvert de soleil. Mais l'enfant se mettait à tousser dans son berceau, ou bien Bovary ronflait plus fort, et Emma ne s'endormait que le matin, quand l'aube blanchissait les carreaux et que déjà le petit Justin, sur la place, ouvrait les auvents de la pharmacie.
Texte 6 : « Une Charogne », Section « Spleen et Idéal », Les Fleurs du mal , Baudelaire 1 5 10 15 20 Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d'été si doux : Au détour d'un sentier une charogne infâme Sur un lit semé de cailloux, Les jambes en l'air, comme une femme lubrique, Brûlante et suant les poisons, Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique Son ventre plein d'exhalaisons. Le soleil rayonnait sur cette pourriture, Comme afin de la cuire à point, Et de rendre au centuple à la grande Nature Tout ce qu'ensemble elle avait joint ; […]
Texte 8 : « Le Soleil », Section « Tableaux parisiens », Les Fleurs du Mal , Baudelaire 1 5 10 15 20 Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures Les persiennes, abri des secrètes luxures, Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés, Je vais m'exercer seul à ma fantasque escrime, Flairant dans tous les coins les hasards de la rime, Trébuchant sur les mots comme sur les pavés, Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés. Ce père nourricier, ennemi des chloroses, Eveille dans les champs les vers comme les roses ; Il fait s'évaporer les soucis vers le ciel, Et remplit les cerveaux et les ruches de miel. C'est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles Et les rend gais et doux comme des jeunes filles, Et commande aux moissons de croître et de mûrir Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir! Quand, ainsi qu'un poète, il descend dans les villes, Il ennoblit le sort des choses les plus viles, Et s'introduit en roi, sans bruit et sans valets, Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.
Texte 9 : « Le Crapaud », Les Amours jaunes , Corbières 1 5 10 15 Un chant dans une nuit sans air…
Texte 11 : Extrait du postambule, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne , Olympe de Gouges, 1791 1 5 10 15 20 Femme, réveille-toi ; le toscin^1 de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation^2. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes! femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles? Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la Révolution? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire^3 est détruit. Que vous reste-t-il donc? La conviction des injustices de l’homme. La réclamation de votre patrimoine, fondée sur les sages décrets^4 de la nature. Qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise^5? Le bon mot du législateur des noces de Cana^6? Craignez-vous que nos législateurs français, correcteurs de cette morale longtemps accrochée aux branches de la politique, mais qui n'est plus de saison^7 , ne nous répètent : « Femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et nous? » « Tout », auriez-vous à répondre. S’ils s’obstinaient, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence^8 en contradiction avec leurs principes, opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité, réunissez-vous sous les étendards de la philosophie, déployez toute l’énergie de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles^9 adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l’Être suprême^10. Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir^11 ; vous n’avez qu’à le vouloir.
Texte 12 : « Forme du contrat social de l’homme et de la femme » (extrait), La Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne , Olympe de Gouges 1 5 10 15 20 Il était bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles que cause, dit-on, le décret en faveur des hommes de couleur, dans nos iles (1). C’est là où la nature frémit d’horreur ; c’est là où la raison et l’humanité n’ont pas encore touché les âmes endurcies ; c’est là surtout où la division et la discorde agitent leurs habitants. Il n’est pas difficile de deviner les instigateurs de ces fermentations incendiaires : il y en a dans le sein même de l’Assemblée nationale. Ils allument en Europe le feu qui doit embraser l’Amérique. Les colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les pères et les frères ; et méconnaissant les droits de la nature, ils en poursuivent la source jusque dans la plus petite teinte de leur sang. Ces colons inhumains disent : « Notre sang circule dans leurs veines, mais nous le répandrons tout, s’il le faut, pour assouvir notre cupidité, ou notre aveugle ambition. » C’est dans ces lieux les plus près de la nature, que le père méconnait le fils ; sourd aux cris du sang, il en étouffe tous les charmes. Que peut-on espérer de la résistance qu’on lui oppose? La contraindre avec violence, c’est la rendre terrible, la laisser encore dans les fers, c’est acheminer toutes les calamités vers l’Amérique. Une main divine semble répandre partout l'apanage de l’homme, la liberté ; la loi seule a le droit de réprimer cette liberté, si elle dégénère en licence (2); mais elle doit être égale pour tous, c’est elle surtout qui doit renfermer l’Assemblée nationale dans son décret, dicté par la prudence et par la justice. Puisse-t-elle agir de même pour l’état de la France, et se rendre aussi attentive sur les nouveaux abus, comme elle l’a été sur les anciens qui deviennent chaque jour plus effroyables!