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Ce document presente le chemin suivi par l'or, de l'exploitation jusqu'à la coulée en lingots
Typology: Summaries
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L'or (Au, numéro atomique 79) est l'un des métaux les plus précieux et les plus convoités de l'histoire humaine. Inaltérable, brillant et rare, il constitue depuis des millénaires une réserve de valeur, un symbole de richesse et une matière première indispensable à de nombreuses industries. Aujourd'hui, l'exploitation aurifère est une industrie mondiale générant des centaines de milliards de dollars par an. Les principaux pays producteurs sont la Chine, l'Australie, la Russie, les États-Unis, le Canada et l'Afrique du Sud. Cet exposé décrit le parcours complet de l'or, depuis sa présence dans la roche minéralisée jusqu'à l'obtention d'un lingot d'or pur, en passant par toutes les étapes d'extraction, de traitement métallurgique et d'affinage.
L'or se présente dans la nature sous deux grandes formes :
a) Gisements primaires (filoniens) L'or est associé à des veines de quartz hydrothermales formées par des fluides chauds qui ont cristallisé en profondeur. Ces gisements sont souvent riches mais nécessitent une exploitation souterraine. b) Gisements d’or de type Carlin (disséminé) L'or est présent en concentrations microscopiques dans des roches sédimentaires, principalement des calcaires et des schistes. Ces gisements à faible teneur mais à très grand volume sont traités par lixiviation au cyanure. c) Gisements alluviaux et éluvionnaires L'or, libéré par l'érosion des roches mères, se concentre dans les sédiments de rivières (placers alluviaux) ou sur place (éluvions). L'orpaillage traditionnel exploite ces gisements par lavage et gravité. Teneur en or et rentabilité Un gisement est exploitable à partir de 1 gramme d'or par tonne de roche (1 g/t) pour les grandes mines à ciel ouvert. Les mines souterraines peuvent être rentables à partir de 3 à 8 g/t. Certains gisements riches dépassent 20 g/t.
C'est la méthode la plus courante pour les gisements peu profonds et de grande extension latérale. Elle consiste à creuser une fosse en gradins ("open pit"). Les étapes sont :
Utilisées pour les gisements profonds ou à haute teneur. Les méthodes principales sont :
Dans de nombreux pays en développement, des millions d'artisans mineurs (orpailleurs) exploitent de petits gisements alluviaux avec des équipements simples : bacs, sluices, tables à secousses. Cette activité, souvent informelle, représente environ 20 % de la production mondiale d'or.
La roche extraite contient l'or finement disséminé dans sa matrice minérale. Pour libérer les particules d'or et les rendre accessibles aux réactifs chimiques, il faut réduire la taille des grains jusqu'à ce que l'or soit "libéré" de sa gangue.
Récupération de l’or sur charbon actif Le charbon actif chargé en or est élué (stripping) avec une solution chaude (80-110°C) de NaOH et NaCN. La solution riche en or est ensuite soumise à une électrolyse (électrodéposition) pour récupérer l'or sous forme de boue cathodique. Sécurité et environnement Le cyanure est hautement toxique pour les organismes aquatiques. Les mines modernes sont soumises à des normes strictes (Code international de gestion du cyanure - ICMC). Les effluents sont traités par oxydation (INCO SO /air, peroxyde d'hydrogène) avant rejet. Les bassins de ₂ résidus sont confinés par des digues imperméables.
Lorsque l'or est encapsulé dans des sulfures (arsénopyrite, pyrite), la cyanuration directe est inefficace. Un prétraitement est nécessaire pour "ouvrir" la matrice sulfurée :
La boue cathodique issue de l'électrodéposition contient environ 70-90 % d'or, avec des impuretés (argent, cuivre, zinc, plomb). Elle est séchée et fondue dans un four à induction ou à arc électrique pour produire le lingot de doré (ou barre de doré), un alliage or-argent-impuretés. Ce lingot est l'unité commerciale transportée des mines aux raffineries. Il est pesé, échantillonné et certifié avant expédition.
a) Procédé Miller (chloration) Développé en 1867, c'est le procédé le plus rapide. Du chlore gazeux est insufflé dans l'or fondu à ~1100°C. Les impuretés (argent, cuivre, zinc...) réagissent préférentiellement avec le chlore pour former des chlorures qui montent en surface sous forme de laitier. L'or atteint une pureté de 99,5 à 99,7 %. b) Procédé Wohlwill (électrolyse) Développé en 1874, ce procédé permet d'atteindre une pureté de 99,99 % (or 4N ou "quatre neufs"). Le lingot de doré affiné par Miller constitue l'anode d'une cellule électrolytique dont l'électrolyte est une solution d'acide tetrachloroaurique (HAuCl ). L'or pur se dépose sur une₄ cathode de titane sous forme de cristaux jaunes. Critère Procédé Miller Procédé Wohlwill Pureté obtenue 99,5 – 99,7 % 99,99 % et plus Durée du traitement Quelques heures 24 – 48 heures Coût Modéré Élevé Capacité Grandes quantités Quantités limitées Usage Or commercial Or de haute pureté c) Autres procédés
L'extraction et le traitement de l'or est un processus complexe, multidisciplinaire et technologiquement avancé. De la prospection géologique au lingot certifié, chaque étape mobilise des compétences en géologie, mécanique, chimie, électrochimie et environnement. La chaîne de valeur complète peut se résumer ainsi : Gisement → Extraction → Concassage/Broyage → Concentration → Lixiviation → Électrodéposition → Fusion → Affinage → Lingot Face aux défis environnementaux croissants et à la raréfaction des gisements facilement exploitables, l'industrie aurifère doit impérativement évoluer vers des pratiques plus durables, moins consommatrices en eau et en énergie, et réduisant au maximum les risques de pollution. Le recyclage de l'or existant et le développement de procédés hydrométallurgiques alternatifs constituent des pistes prometteuses pour l'avenir de cette filière millénaire.