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Cour sur la notion de conscience pour le bac de philosophie
Typology: Study notes
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I. Le cogito cartésien II. De l’intentionnalité à la néantisation :
L’intentionnalité n’est pas une propriété de la conscience, elle est la conscience elle-même : la conscience se transcende vers. Intentionnalité : c’est le concept qui désigne la manière d’être de la conscience. La conscience ne peut être conscience qu’en se rapportant à un objet. La conscience est tournée vers le dehors, vers l’objet, elle se dépasse vers la chose. Descartes n’a pas imaginé que dans le cogito, l’intentionnalité est déjà inscrite : c’est à partir du rapport à l’objet dans le doute que la conscience revient sur elle-même. Descartes oublie ce rapport à l’objet pour définir la conscience. La conscience est tournée vers le monde (même douteux) et c’est dans l’acte du doute que je me découvre. Je me détourne des objets de pensée toujours douteux pour me tourner vers ce sujet pensant, ce sujet conscient qui est la première vérité. TEXTE DE SARTRE : Une idée fondamentale de la phénoménologie : Sartre est enthousiasmé par la découverte de Husserl, c-à-d le caractère intentionnel des états de conscience : « Toute conscience est conscience de quelque chose » signifie que l’activité consciente du sujet est toujours dirigée vers autre chose qu’elle-même. Sartre souligne l’extrême fécondité du thème de l’intentionnalité qui permet de dépasser l’opposition de l’idéalisme et du réalisme. L’intentionnalité permet de maintenir la souveraineté de la conscience tout en prenant en compte l’épaisseur du monde. Sartre voit dans l’intentionnalité l’antidote radical à la tendance « digestive » de la philosophie idéaliste réduisant les objets à des contenus de conscience. Au lieu de rechercher comment les choses réelles pourraient engendrer dans la pensée un contenu dont elles seraient la cause, au lieu de rechercher comment les choses réelles se fixeraient en images renfermées dans l’esprit, au lieu de rechercher comme la pensée pourrait faire sien, assimiler ce qui lui est étranger, l’intentionnalité permet de restituer la transcendance de l’objet par rapport à la conscience. C’est bien hors de nous que nous percevons les objets. Cette transcendance retrouvée de l’objet ne nous fait pas pour autant retomber dans le réalisme. Il n’y a pas plus de primat de l’objet sur le sujet (thèse du réalisme) que du primat du sujet sur l’objet (Idéalisme). La conscience et le monde sont donc rigoureusement contemporains et hétérogènes : la conscience vise un objet extérieur et ne se confond pas avec lui. Autrement dit, la conscience n’est pas une substance, ni un réceptable passif. Elle est un pur mouvement d’ouverture, une pure spontanéité. Sartre propose l’image d’une « suite d’éclatements » pour caractériser cet arrachement perpétuel à soi qu’est la conscience. B) L’être de la conscience Sartre (l’être et le néant, essai d’ontologie phénoménologique , 1943) se sert de cette découverte pour congédier définitivement la représentation traditionnelle de la subjectivité comme immanence , identité à soi et intériorité, comme substance stable close sur elle- même. La Conscience est mouvement de transcendance, elle diffère perpétuellement d’elle- même, son identité à soi n’est plus posée comme fondement. « La conscience s’est purifiée, elle est claire comme un grand vent, il n’y a plus rien en elle, sauf un mouvement pour se fuir, un glissement hors de soi. C’est sur cette base que Sartre développe sa conception de la conscience, ou pour-soi comme néantisation. « Elle n’est rien
C) La réalité humaine (DASEIN), une existence ambigüe? La RH échappe au principe d’identité qui gouverne l’en-soi. Toute coïncidence lui est interdite. L’homme est « un être qui est ce qu’il n’est pas et qui n’est pas ce qu’il est » La réalité humaine est tension perpétuelle, rapport dialectique non résolu entre deux pôles : entre facticité et transcendance, entre un ensemble de conditions données, de fait et le dépassement de ces conditions ; entre l’être toujours déjà là et l’être par-delà ce déjà là. C’est de la difficulté de vivre cette condition écartelée, cette déchirure irréductible interdisant toute coïncidence avec soi que Sartre nous entretient dans toute son œuvre. Cette plongée résolue au cœur de même de la brèche de la réalité humaine, cette volonté constante d’en penser ensemble les deux pôles antagonistes : Sartre entend dépasser les 2 erreurs symétriques et récurrentes de la philosophie : l’idéalisme qui méconnaît les attaches de l’homme au monde et le réalisme qui au contraire englue l’homme dans le monde. Il s’agit d’en proposer la synthèse puisque ces deux approches classiques ne sont fausses qu’en tant qu’elles sont unilatérales. FACTICITE/TRANSCENDANCE : L’être humain a deux propriétés essentielles : être une facticité (« un être qui est ce qu’il n’est pas »). L’homme est une chose, il est à titre d’événement, donné dans le monde, il apparaît dans des conditions qu’il n’a pas choisies. Etre une facticité : être un corps dans le monde ayant un passé, être sous le regard d’autrui. La notion de facticité désigne tout ce qui dans l’existence humaine est de fait. C’est l’ensemble des condition données, de fait que la liberté rencontre. Elle englobe le fait d’être né à telle époque, dans tel lieu, telle classe sociale, telle famille, le fait d’avoir un corps, d’avoir un passé. Etre une transcendance : échapper à soi-même, se projeter dans l’avenir et le possible, être au-delà de toute condition donnée de son existence. Cette double propriété est vécue comme malaise puisque l’homme vit écartelé sur 2 plans et ne peut jamais coïncider avec lui-même. Nous sommes déchirés entre facticité et transcendance La mauvaise foi est donc une tentative d’échapper à ce que l’on est, c’est-à-dire au dédoublement forcé de notre être (Transcendance et facticité en même temps) en réalisant une fausse unité de soi-même devant autrui et devant soi-même. La mauvaise foi est une tentative mensongère de re-coïncider avec soi-même. Il s’agit de tenter d’annuler cette déchirure en se donnant une unité et une consistance illusoire. Formules de mauvaise foi :
-Par la facticité , je suis moi-même mais pour autrui. Toute tentative de récupérer comme soi ce que nous sommes en et pour autrui, toute tentative de récupérer notre être pour autrui en étant nous-mêmes pour nous-mêmes est de mauvaise foi. ( exemple la star qui se prend au sérieux : il oublie qu’il n’est star que par et pour les autres et il tente de croire qu’il est chose star…) Par la transcendance, je suis constamment un autre pour moi-même. Seul autrui peut jouir du spectacle de moi-même à l’arrêt comme personnalité défini. Pour moi, j’échappe à moi- même, je glisse entre mes doigts. Toute tentative de nous faire saisir par autrui comme nous croyons nous saisir nous-même, tout effort pour lui montrer notre transcendance comme un fait indiscutable est de mauvaise foi. Exemple emprunté à Sartre : « Par la transcendance j’échappe à tout ce que je suis. Je n’ai même pas à discuter le bienfondé du reproche, au sens où Suzanne dit à Figaro : « Prouver que j’ai raison ce serait accorder que je puis avoir tort ». Je suis sur un plan où aucun reproche ne peut m’atteindre, puisque ce que je suis vraiment c’est ma transcendance ; je m’enfuis, je m’échappe, je laisse ma guenille aux mains du sermonneur ». Seulement, l’ambiguïté nécessaire à la mauvaise foi vient de ce que l’on affirme ici je suis ma transcendance sur le mode d’être de la chose. Et c’est seulement ainsi, en effet, que je puis me sentir échapper à tous les reproches ». La mauvaise foi consiste à poser sa transcendance comme facticité et sa facticité comme transcendance. 2 textes proposés extraits de « Les conduites de la mauvaise foi » L’être et le néant. La coquette et le garçon de café. III. La conscience au service de l’action : Extrait de « L’énergie spirituelle » de Bergson P. 10- Résumé : Bergson affirme qu'il y a des degrés dans la conscience de nos actes et précise que dans la conscience en générale des degrés existent. De l’inconscience à la lucidité. En fait la conscience remplit une fonction d’adaptation au service de la vie en générale. Elle apparaît à chaque fois qu’il y a une difficulté, chaque fois que l’automatisme de l’habitude ne suffit plus pour résoudre le problème qui nous sollicite. Ainsi la perte de conscience du sommeil apparaît comme une réaction de désintérêt et inversement la conscience est une réaction d’intérêt, mais non pour tout, seulement pour ce qui peut être utile pour notre organisme, auquel nous portons attention. La conscience exige donc une double condition pour apparaître d’abord la présence d’un problème vital, qui sollicite une réaction d’adaptation, ensuite une difficulté particulière qui exige un choix. La conscience surgit lorsque l’activité spontanée rencontre l’échec. Et la conscience est d’autant plus intense que la situation est périlleuse. La conscience jaillit parmi les épreuves. Plus généralement, la conscience est liée au présent, au réel à l’action.