La stylistique des mots, Schemes and Mind Maps of French

Ce document explore les différents aspects stylistiques des mots, tels que leur longueur, leur graphisme, leur sonorité et les différents procédés stylistiques liés à leur utilisation. Il aborde des notions comme l'allitération, l'assonance, l'onomatopée, la cacophonie, l'aphérèse, l'apocope, la syncope, la prothèse, l'épenthèse, la diérèse, la répétition, l'anaphore, l'épiphore, l'inversion, le calembour, la paronomase, l'anagramme, l'acrostiche, les archaïsmes, les barbarismes, le champ sémantique, l'asyndète, l'inversion, les figures de diction, les figures de construction, les figures de sens ou tropes, et les figures macrostructurales. Ce document offre une exploration approfondie des différents procédés stylistiques liés à l'utilisation des mots dans la langue française.

Typology: Schemes and Mind Maps

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Les figures de style
I - La stylistique des mots
1. Les mots
On peut considérer:
leur longueur : Un navire passait MAJESTUEUSEMENT (Vigny).
leur graphisme : italiques, majuscules, calligrammes.
leur sonorité :la répétition insistante de phonèmes consonantiques s'appelle une
allitération, la répétition insistante de phonèmes vocaliques s'appelle une assonance.
Lorsque l'assonance ou l'allitération a pour intention ou effet d'imiter un bruit et seulement
dans ce cas, vous pouvez parler d'onomatopée appelée aussi parfois harmonie imitative.
Lorsque l'effet est volontairement désagréable, on parle de cacophonie. Ex : La pipe ô papa du
Pape Pie pue. (Prévert).
2. Les écarts
par suppression d'un phonème:
Lorsqu'un phonème est supprimé en tête de mot, on parlera d'aphérèse: "Dis-moi 'man!"
Lorsqu'un phonème est supprimé en fin de mot, on parlera d'apocope.
Lorsqu'un phonème est supprimé en milieu de mot, on parlera de syncope.
par adjonction d'un phonème:
Lorsqu'un phonème est ajouté en tête de mot, on parlera de prothèse.
Lorsqu'un phonème est ajouté en milieu de mot, on parlera d'épenthèse. Ex: "Merdre"
(Jarry dans Ubu roi).
Ne pas oublier le cas particulier de la diérèse : passion.
par répétition:
La répétition proprement dite : les mots répétés sont séparés: "Je lui donnai ce que le jour
m'avait donné." (Eluard).
La reprise: ils ne sont pas séparés: "Volupté, volupté qui fut jadis maîtresse".
L'anaphore: le mot est répété au moins trois fois en tête de phrase.
L'épiphore: le mot est répété au moins trois fois en fin de phrase.
par inversion:
On profite d'une équivalence phonique pour établir une équivalence sémantique: "Le
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Les figures de style

I - La stylistique des mots

1. Les mots

On peut considérer:

leur longueur : Un navire passait MAJESTUEUSEMENT (Vigny).

leur graphisme : italiques, majuscules, calligrammes.

leur sonorité :la répétition insistante de phonèmes consonantiques s'appelle une

allitération , la répétition insistante de phonèmes vocaliques s'appelle une assonance.

Lorsque l'assonance ou l'allitération a pour intention ou effet d'imiter un bruit et seulement

dans ce cas, vous pouvez parler d'onomatopée appelée aussi parfois harmonie imitative.

Lorsque l'effet est volontairement désagréable, on parle de cacophonie. Ex : La pipe ô papa du

Pape Pie pue. (Prévert).

2. Les écarts

 par suppression d'un phonème:

Lorsqu'un phonème est supprimé en tête de mot, on parlera d'aphérèse : "Dis-moi 'man!"

Lorsqu'un phonème est supprimé en fin de mot, on parlera d'apocope.

Lorsqu'un phonème est supprimé en milieu de mot, on parlera de syncope.

 par adjonction d'un phonème:

Lorsqu'un phonème est ajouté en tête de mot, on parlera de prothèse.

Lorsqu'un phonème est ajouté en milieu de mot, on parlera d'épenthèse. Ex: "Merdre"

(Jarry dans Ubu roi).

Ne pas oublier le cas particulier de la diérèse : passion.

 par répétition:

La répétition proprement dite : les mots répétés sont séparés: "Je lui donnai ce que le jour

m'avait donné." (Eluard).

La reprise : ils ne sont pas séparés: "Volupté, volupté qui fut jadis maîtresse".

L'anaphore : le mot est répété au moins trois fois en tête de phrase.

L'épiphore : le mot est répété au moins trois fois en fin de phrase.

 par inversion:

On profite d'une équivalence phonique pour établir une équivalence sémantique: "Le

coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas."(Pascal).

le calembour : jeu sur le sens, la prononciation ou l'écriture d'un mot. Ex: "Les miroirs

feraient mieux de réfléchir un peu avant de renvoyer notre image" (Cocteau).

l' à-peu-près est un calembour fondé sur une similitude incomplète.

la paronomase est la juxtaposition de mots ayant des phonèmes communs mais des

signifiés différents.

l'anagramme consiste à former un mot avec les lettres d'un autre. Ex: Boris Vian = Bison

Ravi.

la contrepèterie : il s'agit d'intervertir des lettres ou des syllabes.

l'acrostiche : les premières lettres des phrases forment un nom. Ex:

L a nuit descend,

O n y pressent,

U n long, un long destin de sang. (Apollinaire).

la métathèse : il s'agit de la permutation des consonnes témoignant ainsi d'une ignorance de la

langue dans une volonté de réalisme souvent comique: "aréodrome".

II - Les figures de rhétorique

1. Les images

La comparaison : elle comporte trois éléments: l'élément réel, l'élément figuré et un

élément grammatical soulignant le passage du réel au figuré. Ex: " les claviers résonnaient

(réel) ainsi que (élément grammatical) des cigales (figuré)" Lamartine.

L'apposition ne comporte plus que deux éléments, l'élément réel et l'élément figuré te

une simple virgule souligne le passage. Ex: "Les flots glissaient le long du bord, vertes

couleuvres." Victor Hugo.

La métaphore supprime tout élément marquant le passage du réel au figuré qui sont

confondus, le figuré se substituant au réel. Il en existe deux sortes:

la métaphore in praesentia: où l'élément réel est cité. Ex: "Clodomir lissa sa moustache de

maïs avec le crochet de son index" (Giono).

la métaphore in absentia: où l'élément réel n'est même plus cité (substitution totale). Ex:

"cette faucille d'or (= la lune en croissant) dans le champ des étoiles." (Victor Hugo).

Remarque: La métaphore filée est une métaphore qui se prolonge sur plusieurs mots.

La métonymie : l'image naît par contiguïté. On y garde le même signifiant (le même

mot) mais par glissement de sens on en change le contenu (rapport d'association). Ex: le

contenu par le contenant "Boire une bonne bouteille".

La synecdoque repose, elle, sur un rapport d'inclusion établi entre deux éléments: la

Les gallicismes : "c'est...que" ou "c'est...qui" (effet d'insistance). Ex: "C'est toi qui l'as

nommé." (Phèdre).

Oxymore ou oxymoron : rapprochement de termes normalement antinomiques. Ex:

"une obscure clarté."

La synesthésie : réunion de plusieurs sens, de plusieurs registres sensoriels. Ex: "un cri

pointu"; "Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants, Doux comme les hautbois,

verts comme les prairies." (Baudelaire)

L'antithèse (ou opposition). Ex: "A vaincre sans péril on triomphe sans gloire."

L'attelage : réunion d'un terme concret et d'un terme abstrait. Ex: "Vêtu de probité

candide et de lin blanc." (Booz endormi de Victor Hugo).

Le zeugma : consiste à faire dépendre d'un même mot non répété deux autres mots. Ex:

"Il tira de sa poitrine un grand soupir et un mouchoir de baptiste salie."

L'énumération ou accumulation (plus de trois éléments). Ex: "Un génie, un savant, un

grand homme, une gloire."

Le balancement ou le parallèle. Ex: "les uns...les autres".

La prétérition : consiste à dire que l'on ne va pas dire précisément ce que l'on est en

train de dire.

4. Autres procédés souvent utilisés.

L'apostrophe : une interpellation.

La prosopée : le fait de prêter des paroles à des idées, des absents ou des morts.

La personnification : le fait de prêter des gestes, des attitudes, des comportements,

voire des parties de corps humains à une abstraction. Ex: "Je veux peindre la France une

Mère affligée." (Agrippa d'Aubigné).

L'interrogation et l'exclamation: réelles, signes d'affectivité.

L'interrogation et l'exclamation oratoires: (ou fausse exclamation ou interrogation). La

réponse est contenue dans la question ou est apportée par l'orateur lui-même.

III - Effets de style par substitution de code.

1. Les niveaux de langue

A une même époque il existe plusieurs niveaux de langue, utilisés selon l'éducation, les

circonstances... et l'intention de l'auteur.

Ex: "Les exercices de style" de Raymond Queneau.

Langue littéraire: un soufflet

Langue tenue: une gifle

Langue familière: une claque

Langue populaire: une beigne

2. Ecarts par rapport à la langue

Les néologismes : ce sont des mots créés: "le patrouillotisme" de Rimbaud

Les archaïsmes : emploi de mots déjà vieillis pour l'époque. Ex "chef" pour tête

aujourd'hui.

Emploi de termes techniques, de l'argot...

Emploi de termes péjoratifs , neutres ou mélioratifs. E x: "larbin", "domestique" et

"gens de maisons".

Les poncifs ou clichés : expressions déjà reproduites à un nombre illimité

d'exemplaires.

Le style burlesque : est le mélange volontaire et suivi de niveaux de langue différents.

IV - Style et morphologie

L'orthographe : "Nouillorque" pour New York. Le prestige de cette ville est atténué par

l'évocation du mot "nouille".

Les barbarismes : Faute grossière de langage, particulièrement celle qui consiste à

employer des mots forgés ou déformés, à se servir d'un mot dans un sens qu'il n'a pas.

Ex:"J'te craignons point." Dom Juan de Molière.

V - Champs sémantiques et champs lexicaux.

Etudier les différentes significations que prend le même mot dans un passage est définir son

champ sémantique (c'est l'ensemble des significations, c'est à dire des dénotations et des

connotations). Relever l'ensemble des signifiants illustrant un même concept est établir un

champ lexical.

VI - La stylistique de la phrase.

1. La parataxe et l'hypotaxe.

Les rapports de coordination et de subordination entre deux propositions, deux phrases ou

deux paragraphes peuvent être explicitement exprimés par un mot de liaison (conjonction ou

mot relatif) ou ne pas être exprimés grammaticalement, propositions, phrases et paragraphes

étant seulement juxtaposés: on dit alors qu'il y a asyndète.

signifiés. - Sémantique.

définition de signifiant: Manifestation matérielle du signe; suite de phonèmes ou de lettres, de

caractères, qui constitue le support d'un sens (opposée et liée au signifié).

TABLEAU RECAPITULATIF DES FIGURES DE STYLE

LES FIGURES MICROSTRUCTURALES :

Nom de la

figure

Définition Exemple

Figures de diction modifiant le signifiant

aphérèse Elision de la première syllabe du

mot

Les Ricains

Le scope

Apocope Elision de la ou des dernière(s)

syllabe(s) du mot

Le ciné

La télé

Le métro

Epenthèse Ajout d’un phonème à l’intérieur

d’un mot

MerdRe!

Mot-valise Mot constitué par deux mots

assemblés

Nullastreux ; les « Proêmes » de Ponge (prose + poème)

Figures de diction fondées sur la continuité phonique :

Allitération Répétition de consonnes Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes? (Racine)

Assonance Répétition de voyelles « A bon chat, bon rat »

Homéotéleutes Mot finissant de la même façon « Tiens, Polognard, soulard, bâtard, hussard… » ( Ubu Roi )

Homéoptotes Mot finissant de la même façon

parce que sur la même

désinence

« es aultres demoull oyt les reins, avall oyt le nez, posch oyt les yeulx,

fend oyt les mandibules… » Gargantua ch. XXV

Paronomase Mots se ressemblant par le son

mais différant par le sens

Mamouth / mamours (Verheggen) ;

Tu parles, Charles! A l’aise, Blaise!

Épitrochasme Suite de mots brefs "je vais, je viens, je cours, je ne perds point le temps" (Du

Bellay, Regrets XV, v. 5

Figures de construction affectant la forme de la phrase :

Aposiopèse Simple interruption dans le déroulement

syntaxique, marqué par les points de

suspension

Cf. Agnès dans l’Ecole des Femmes : « il m’a pris le… »

Anacoluthe Rupture de construction syntaxique « Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, la face du monde en eût été

changée »

Hyperbate Rallonge, poursuite de la phrase alors

qu’elle semblait terminée

« Albe le veut, et Rome. » (Corneille)

Asyndète Absence d’un lien coordonnant attendu « Cette triste femme contemplait les enfants, les bébés » (on attendrait « et les

bébés »)

Polysyndète Multiplication des liens coordonnants « Mais tout dort, et l’armée, et les vents, et Neptune » (Racine, Iphigénie )

Chiasme Reprise « en miroir » de forme A B B A « un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient » (Rimbaud)

Hypallage Contradiction entre la structure

syntaxique et la structure sémantique

de l’énoncé

Ibant obscuri sola sub nocte per umbras (Virgile)

Hendiadyn Fait de dissocier en 2 éléments

coordonnés ce qui normalement se dit

en un seul syntagme

« Elle et ses lèvres racontaient… » (Eluard)

Oxymore Fait d’associer dans un seul syntagme

des éléments sémantiquement

incompatibles

« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille)

Enallage Usage d’un temps, d’un nombre ou

d’une personne différent de ce que l’on

attend

« Qu’est-ce qu’elle veut, la p’tite dame? » (= que voulez-vous)

Figures de sens ou TROPES :

Synecdoque Hyponyme pour hypéronyme ou le

contraire

Donnez-nous notre pain quotidien (= toute nourriture)

L’animal = le lion

Antonomase Prendre un nom commun pour un nom

propre, ou le contraire

C’est un Aristote ; un Harpagon ; la balkanisation…

Métonymie Substitue au signifié littéral un signifié

dérivé, l’un étant traité comme un

élément de l’autre

Boire un verre, croiser le fer, manger un camembert…

Abstraction Forme particulière de métonymie, qui

substitue un nom abstrait de qualité à

un adjectif qualificatif

La grêle tombe « sur la propreté des vitres ».

"tout cet orgueil périt..." (La Fontaine, les deux coqs, VII, 13) c'est le coq

orgueilleux qui périt!

Métaphore Intersection sémique entre des

éléments mis en jeu

Le peuple promontoire (Hugo)

LES FIGURES MACROSTRUCTURALES :

Nom de la figure Définition Exemple

Figures portant sur la composante formelle du discours :

Paraphrase Reformulation d’un énoncé premier ;

développement explicatif plus long que

le texte

Voir des copies d’élèves! « L’auteur dit que… »

Expolition Répète et amplifie la même formulation

sous des formes différentes

Ex : l’amour est amer, dans le poème de Marbeuf

Conglobation Accumulation de preuves dans un

discours

Gradation Termes de plus en plus forts Je meurs, je suis mort, je suis assassiné!

Hypotypose Accumulation de détails concrets,

souvent fragmentaires, pour donner

l’impression d’un tableau

« Des gens arrivaient hors d’haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de

linge gênaient la circulation ; les matelots ne répondaient à personne, on se

heurtait. » (Flaubert, incipit de l’Education sentimentale )

Epiphonème Réflexion- commentaire autonome et

amovible

La moralité des fables

Epiphrase Réflexion commentaire non autonome

ni amovible

Le dernier § de l’article « guerre » de Voltaire : on ne peut le déplacer

Parembole Parenthèse ayant un lien syntaxique

avec ce qui précède

Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité (Michaux,

« Clown » in Peintures )

Figures portant sur la composante sémantique du discours :

Antithèse Opposition terme à terme « aux uns portant la paix, aux autres le souci » (Baudelaire, Recueillement)

Épanorthose Correction, souvent à effet comique « une citerne, ou plutôt un égoût » (Jean de Léry, VI, p. 164)

la forme d’un personnage « Recueillement »)

L’allusion Fait d’évoquer une chose sans le dire

explicitement

«Il / Elle est porté(e) sur la chose » (= allusion sexuelle)

La métalepse Faire entendre une chose par une autre

qui l’accompagne ou en est la

conséquence

Il est vert = il a la nausée, ou il est vexé

« voilà une proposition qui va faire tousser! » (qui va choquer)

Antiphrase Figure de l’ironie consistant à dire une

chose pour signifier son contraire

« Tu commences à me plaire » = tu m’exaspères