Malade imaginaire analyse, Summaries of Law

Analyse linéaire de malade imaginaire

Typology: Summaries

2023/2024

Uploaded on 07/02/2024

tea-ykw
tea-ykw 🇵🇫

1 / 15

Toggle sidebar

This page cannot be seen from the preview

Don't miss anything!

bg1
Semaine 24 : Entre la religion et
l’amour
Analyse linéaire : la dispute entre Des Grieux et Tiberge
pf3
pf4
pf5
pf8
pf9
pfa
pfd
pfe
pff

Partial preview of the text

Download Malade imaginaire analyse and more Summaries Law in PDF only on Docsity!

Semaine 24 : Entre la religion et

l’amour

Analyse linéaire : la dispute entre Des Grieux et Tiberge

Amorce

  • Des Grieux à Saint- Lazare :
  • Manon à l’Hôpital :
  • Tiberge / discours sur la vertu^ ( Force morale avec laquelle l'être humain tend au bien, s'applique à suivre la règle, la loi morale (opposé à vice ).)

Problématique :

Comment Des Grieux exploite-t-il la rhétorique afin de

défendre son mode de vie libertin et son amour pour

Manon Lescaut?

Plan :

1. l.1 -> l.6 : réquisitoire contre la vertu religieuse

2. l.6 -> l.14 : éloge de l’amour pour Manon Lescaut

3. l.14 -> l.17 : comparaison des deux bonheurs

4. l.18 -> l.22 : La réponse de Tiberge

Tiberge, repris-je, qu'il vous est aisé de vaincre, lorsqu'on n'oppose rien à vos armes! Laissez-moi raisonner à mon tour. Pouvez-vous prétendre que ce que vous appelez le bonheur de la vertu soit exempt de peines, de traverses 1 et d'inquiétudes? Quel nom donnerez-vous à la prison, aux croix, aux supplices et aux tortures des tyrans? Direz-vous, comme font les mystiques 2 5 , que ce qui tourmente le corps est un bonheur pour l'âme? Vous n'oseriez le dire; c'est un paradoxe insoutenable. Ce bonheur, que vous relevez tant, est donc mêlé de mille peines, ou pour parler plus juste, ce n'est qu'un tissu de malheurs au travers desquels on tend à la félicité 3

. Or si la force de l'imagination fait trouver du plaisir dans ces maux 4 mêmes, parce qu'ils peuvent conduire à un terme 5 heureux qu'on espère, pourquoi traitez-vous de 10 contradictoire et d'insensée, dans ma conduite, une disposition toute semblable? J'aime Manon ; je tends au travers de mille douleurs à vivre heureux et tranquille auprès d'elle. La voie par où je marche est malheureuse ; mais l'espérance d'arriver à mon terme y répand toujours de la douceur, et je me croirai trop bien payé, par un moment passé avec elle, de tous les chagrins que j'essuie pour l'obtenir. Toutes choses me paraissent donc égales de votre 15 côté et du mien ; ou s'il y a quelque différence, elle est encore à mon avantage, car le bonheur que j'espère est proche, et l'autre est éloigné ; le mien est de la nature des peines, c'est-à-dire sensible au corps, et l'autre est d'une nature inconnue, qui n'est certaine que par la foi. Tiberge parut effrayé de ce raisonnement. Il recula de deux pas, en me disant, de l'air le plus sérieux, que, non seulement ce que je venais de dire blessait le bon sens, mais que c'était un malheureux sophisme 6 d'impiété 7 20 et d'irréligion : car cette comparaison, ajouta-t-il,

la prison, aux croix, aux supplices et aux tortures des tyrans? Direz-vous, comme font les mystiques 2 5 , que ce qui tourmente le corps est un bonheur pour l'âme? Vous n'oseriez le dire; c'est un paradoxe insoutenable. Ce bonheur, que vous relevez tant, est donc mêlé de mille peines, ou pour parler plus juste, ce n'est qu'un tissu de malheurs au travers desquels on tend à la félicité 3

. Or si la force de l'imagination fait trouver du plaisir dans ces maux 4 mêmes, parce qu'ils peuvent conduire à un terme 5 heureux qu'on espère, pourquoi traitez-vous de 10 contradictoire et d'insensée, dans ma conduite, une disposition toute semblable? J'aime Manon ; je tends au travers de mille douleurs à vivre heureux et tranquille auprès d'elle. La voie par où je marche est malheureuse ; mais l'espérance d'arriver à mon terme y répand toujours de la douceur, et je me croirai trop bien payé, par un moment passé avec elle, de tous les chagrins que j'essuie pour l'obtenir. Toutes choses me paraissent donc égales de votre 15 côté et du mien ; ou s'il y a quelque différence, elle est encore à mon avantage, car le bonheur que j'espère est proche, et l'autre est éloigné ; le mien est de la nature des peines, c'est-à-dire sensible au corps, et l'autre est d'une nature inconnue, qui n'est certaine que par la foi. Tiberge parut effrayé de ce raisonnement. Il recula de deux pas, en me disant, de l'air le plus sérieux, que, non seulement ce que je venais de dire blessait le bon sens, mais que c'était un malheureux sophisme 6 d'impiété 7 20 et d'irréligion : car cette comparaison, ajouta-t-il, du terme de vos peines avec celui qui est proposé par la religion, est une idée des plus libertines et des plus monstrueuses. 2e mouvement

à la félicité

3

. Or si la force de l'imagination fait trouver du plaisir dans ces maux

4

mêmes, parce

qu'ils peuvent conduire à un terme

5

heureux qu'on espère, pourquoi traitez-vous de

10 contradictoire et d'insensée, dans ma conduite, une disposition toute semblable? J'aime

Manon ; je tends au travers de mille douleurs à vivre heureux et tranquille auprès d'elle. La

voie par où je marche est malheureuse ; mais l'espérance d'arriver à mon terme y répand

toujours de la douceur, et je me croirai trop bien payé, par un moment passé avec elle, de

tous les chagrins que j'essuie pour l'obtenir. Toutes choses me paraissent donc égales de votre

15 côté et du mien ; ou s'il y a quelque différence, elle est encore à mon avantage, car le bonheur

que j'espère est proche, et l'autre est éloigné ; le mien est de la nature des peines, c'est-à-dire

sensible au corps, et l'autre est d'une nature inconnue, qui n'est certaine que par la foi.

Tiberge parut effrayé de ce raisonnement. Il recula de deux pas, en me disant, de l'air

le plus sérieux, que, non seulement ce que je venais de dire blessait le bon sens, mais que

c'était un malheureux sophisme

6

d'impiété

7

20 et d'irréligion : car cette comparaison, ajouta-t-il,

du terme de vos peines avec celui qui est proposé par la religion, est une idée des plus

libertines et des plus monstrueuses.

10 contradictoire et d'insensée, dans ma conduite, une disposition toute semblable? J'aime

Manon ; je tends au travers de mille douleurs à vivre heureux et tranquille auprès d'elle. La

voie par où je marche est malheureuse ; mais l'espérance d'arriver à mon terme y répand

toujours de la douceur, et je me croirai trop bien payé, par un moment passé avec elle, de

tous les chagrins que j'essuie pour l'obtenir. Toutes choses me paraissent donc égales de votre

15 côté et du mien ; ou s'il y a quelque différence, elle est encore à mon avantage, car le bonheur

que j'espère est proche, et l'autre est éloigné ; le mien est de la nature des peines, c'est-à-dire

sensible au corps, et l'autre est d'une nature inconnue, qui n'est certaine que par la foi.

Tiberge parut effrayé de ce raisonnement. Il recula de deux pas, en me disant, de l'air

le plus sérieux, que, non seulement ce que je venais de dire blessait le bon sens, mais que

c'était un malheureux sophisme

6

d'impiété

7

20 et d'irréligion : car cette comparaison, ajouta-t-il,

du terme de vos peines avec celui qui est proposé par la religion, est une idée des plus

libertines et des plus monstrueuses.

La

sensible au corps, et l'autre est d'une nature inconnue, qui n'est certaine que par la foi.

Tiberge parut effrayé de ce raisonnement. Il recula de deux pas, en me disant, de l'air

le plus sérieux, que, non seulement ce que je venais de dire blessait le bon sens, mais que

c'était un malheureux sophisme

6

d'impiété

7

20 et d'irréligion : car cette comparaison, ajouta-t-il,

du terme de vos peines avec celui qui est proposé par la religion, est une idée des plus

libertines et des plus monstrueuses.

Tiberge parut effrayé de ce raisonnement. Il recula de deux pas, en me disant, de l'air
le plus sérieux, que, non seulement ce que je venais de dire blessait le bon sens, mais que
c'était un malheureux sophisme

6

d'impiété

7

20 et d'irréligion : car cette comparaison, ajouta-t-il,
du terme de vos peines avec celui qui est proposé par la religion, est une idée des plus
libertines et des plus monstrueuses.

1 Traverses : obstacles, accidents.