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Commentaire composé. Belle époque, Apuntes de Idioma Francés

Asignatura: CULTURA FRANCESA CONTEMPORÁNEA, Profesor: Pilar Andrade Boue, Carrera: Lenguas Modernas y sus Literaturas, Universidad: UCM

Tipo: Apuntes

2013/2014

Subido el 26/01/2014

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leonorsg 🇪🇸

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4. « Un rez-de-chaussée de la rue Franklin, percé de hautes fenêtres à petits carreaux du
XVIIème siècle, donnant à la maison un aspect ancien. Un logis tout plein d’un méli-mélo
d’objets disparates, de vieux portraits de famille, d’affreux meubles de l’Empire, de kakemonos
japonais, d’eaux-fortes de Whistler.
Une pièce originale : le cabinet de toilette, au tub fait d’un immense plateau persan émaillé,
ayant à côté de lui la plus gigantesque bouilloire en cuivre martelé et repoussé de l’Extrême-
Orient, le tout enfermé dans des portières en bâtonnets de verre de couleur, une pièce où
l’hortensia – sans doute un souvenir pieux de la famille pour la reine Hortense – l’hortensia est
représenté en toutes les matières et sous tous les modes de la peinture et du dessin. Et au milieu
de ce cabinet de toilette, une petite vitrine en glace, laissant apercevoir les nuances tendres
d’une centaine de cravates, au-dessous d’une photographie un peu pédérastique de
Larochefoucauld, le gymnaste du cirque Mollier, représenté en un maillot faisant valoir ses
jolies formes éphébiques.
Montesquiou n’est pas du tout le des Esseintes de Huysmans. S’il y a chez lui un coin de
"toquage", le monsieur n’est jamais caricatural, il s’en sauve toujours par la distinction. Quant à
sa conversation, sauf un peu de maniérisme dans l’expression, elle est pleine d’observations
aiguës, de remarques délicates, d’aperçus originaux, de trouvailles de jolies phrases et que
souvent il termine, il achève, par des sourires de l’œil, par des gestes nerveux du bout des
doigts : une conversation où un analyste prévenu contre l’homme pourrait seulement, à la
rigueur, découvrir, dans la concentration un peu mystérieuse du parler, un rien de la
conversation d’un fou qui a été une intelligence, alors qu’un moment abandonné de sa folie, il
dit des choses raisonnables.
Et l’on va faire le tour du petit jardin, du jardin comme au haut d’une fortification, du jardin
dominant le Paris de la rive gauche et terminé par une sorte de serre-bibliothèque des livres
préférés par Montesquiou, en même temps qu’un petit musée des portraits de leurs auteurs
parmi lesquels, mon frère et moi, nous figurons entre Baudelaire et Swinburne. Un petit jardin
fantastique qui a pour arbres une demi-douzaine de ces chênes et de ces thuyas en pot qu’il a
achetés à l’exposition japonaise, arbres nains qui ont cent cinquante ans et qui sont de la
grandeur d’un chou-fleur et sur la cime desquels on est tenté de passer la caresse de la main,
comme sur le dos d’un chien ou d’un chat ». (Frères Goncourt)
Cet article a été écrit par les Frères Goncourt, dont ouvrages littéraires, souvent écrites
en collaboration, appartiennent au courant du Naturalisme. Bien que l’ouvre littéraire
des frères n’ait pas eu une répercussion importante, il est certain que le Journal,
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  1. « Un rez-de-chaussée de la rue Franklin, percé de hautes fenêtres à petits carreaux du XVIIème siècle, donnant à la maison un aspect ancien. Un logis tout plein d’un méli-mélo d’objets disparates, de vieux portraits de famille, d’affreux meubles de l’Empire, de kakemonos japonais, d’eaux-fortes de Whistler. Une pièce originale : le cabinet de toilette, au tub fait d’un immense plateau persan émaillé, ayant à côté de lui la plus gigantesque bouilloire en cuivre martelé et repoussé de l’Extrême- Orient, le tout enfermé dans des portières en bâtonnets de verre de couleur, une pièce où l’hortensia – sans doute un souvenir pieux de la famille pour la reine Hortense – l’hortensia est représenté en toutes les matières et sous tous les modes de la peinture et du dessin. Et au milieu de ce cabinet de toilette, une petite vitrine en glace, laissant apercevoir les nuances tendres d’une centaine de cravates, au-dessous d’une photographie un peu pédérastique de Larochefoucauld, le gymnaste du cirque Mollier, représenté en un maillot faisant valoir ses jolies formes éphébiques. Montesquiou n’est pas du tout le des Esseintes de Huysmans. S’il y a chez lui un coin de "toquage", le monsieur n’est jamais caricatural, il s’en sauve toujours par la distinction. Quant à sa conversation, sauf un peu de maniérisme dans l’expression, elle est pleine d’observations aiguës, de remarques délicates, d’aperçus originaux, de trouvailles de jolies phrases et que souvent il termine, il achève, par des sourires de l’œil, par des gestes nerveux du bout des doigts : une conversation où un analyste prévenu contre l’homme pourrait seulement, à la rigueur, découvrir, dans la concentration un peu mystérieuse du parler, un rien de la conversation d’un fou qui a été une intelligence, alors qu’un moment abandonné de sa folie, il dit des choses raisonnables.

Et l’on va faire le tour du petit jardin, du jardin comme au haut d’une fortification, du jardin dominant le Paris de la rive gauche et terminé par une sorte de serre-bibliothèque des livres préférés par Montesquiou, en même temps qu’un petit musée des portraits de leurs auteurs parmi lesquels, mon frère et moi, nous figurons entre Baudelaire et Swinburne. Un petit jardin fantastique qui a pour arbres une demi-douzaine de ces chênes et de ces thuyas en pot qu’il a achetés à l’exposition japonaise, arbres nains qui ont cent cinquante ans et qui sont de la grandeur d’un chou-fleur et sur la cime desquels on est tenté de passer la caresse de la main, comme sur le dos d’un chien ou d’un chat ». (Frères Goncourt)

Cet article a été écrit par les Frères Goncourt, dont ouvrages littéraires, souvent écrites en collaboration, appartiennent au courant du Naturalisme. Bien que l’ouvre littéraire des frères n’ait pas eu une répercussion importante, il est certain que le Journal,

Mémoires de la vie littéraire , dont auteur principal fut Jules, mais dont direction fut assumé par Edmond après la morte de son frère, constitue un tableau intéressant de la vie social au bout du XIXème siècle, à cette époque du prospérité économique, larges avenues, grandes magasins, prospères usines et essor bourgeois, mais aussi du bouillonnement artistique, et du naissance de la Bohème : la Belle Époque. La référence à l’ouvre d’Huysmans À Rebours , à laquelle nous ferons attention plus bas, nous permet dater notre texte après la date de la publication de la première, qui eut lieu en 1884.

Dans le texte, les auteurs se servent de la description précise d’une maison splendide, pleine d’exotisme et de glamour, pour nous parler de son propriétaire, l’habitant de cet environnement si concret, duquel on nous décrit ses grimaces, ses façons, et sa magnificence. Nous ne parlons que de Robert de Montesquiou, paradigme indiscutable dans la France du moment, du Dandysme et du Décadentisme, qui plaisaient autant aux couches hautes de la capital du monde de la Modernité.

En première lieu, nous considèrerons en détaille les objets décrits de la maison, et, pareillement, nous les mettrons en relation avec les leitmotivs de la Belle Époque, et avec les courants qui pourraient avoir influencé à Robert de Montesquiou, en ayant en considération particulièrement à l’Angleterre comme épicentre du Dandysme.

Après une bref introduction sur la localisation de la maison et la disparité des choses qui se trouvent dans elle [1-4], en le second paragraphe, le texte commence le parcours par la logement, qui débute avec l’esquisse du cabinet de toilette [5-13]. Ce chambre se caractérise par l’abondance d’objets orientales, qui nous confirment la fascination de l’époque par l’Extrême Oriente, symbole du fastueuse, abondance, luxe, et surtout du mystère : « le cabinet de toilette, au tub fait d’un immense plateau persan émaillé, ayant à côté de lui la plus gigantesque bouilloire en cuivre martelé et repoussé de l’Extrême-Orient » [L 5-7]

Cette mention se répète dans le dernier paragraphe, en décriant le jardin : « Un petit jardin fantastique qui a pour arbres une demi-douzaine de ces chênes et de ces thuyas en pot qu’il a achetés à l’exposition japonaise » [26-28]

Il y a lieu de se demander par la cause radical de cet intéresse, qui n’est plus associé, comme au Romanticisme, au refuge contre la vie, qui n’est pas juste, qui ne corresponde pas aux idéals ; mais qui se dépose comme la façon de échapper du ennui, du désenchantement d’une société qui a déjà attendu toutes ses objectives et qui, toutefois, reste inassouvie. L’attitude le propre du dandy peut être résumée en les célèbres lignes du roman de Oscar Wilde Le portrait de Dorian Gray : « Je n’ai jamais recherché le bonheur. Qui a besoin du bonheur ?... Je n’ai cherché que le plaisir. »

Il y a un second symbole de cette manière spécial d’évasion mélancolique. C’est l’hortensia, qui n’est pas seulement une des fleurs les plus exubérantes mais aussi, « un souvenir pieux de la famille pour la reine Hortense » [L 8], la mère du Napoléon III : à nouveau un référence à la préférence de la noblesse décadentiste pour l’Impérialisme, à une époque, où les aristocrates commençaient a prendre conscience du bout de son existence.

Par ailleurs, un deuxième élément nous sert pour illustrer un autre aspect très important pour un dandy, sinon le plus ; la mode : « Et au milieu de ce cabinet de toilette, une vitrine en glace, laissant apercevoir les nuances tendres d’une centaine de cravates, au dessous d’une photographie un peu pédérastique de Larochefoucauld, le gymnaste du cirque Mollier, représenté en un maillot faisant valeur ses jolies formes éphébiques »

sens. » [ Correspondances, Les fleurs du mal, Baudelaire] À notre avis, ce point de vue apporte une perspective plus vaste. La recherche du plaisir et beauté dans le monde du sens, mène souvent à la fascination pour la perversion, ou pour ce qui est considéré perverse, et pour tant, a l’affirmation de l’immoralité. La présence d’un auteur comme Swinburne dans la collection de portraits de Montesquiou (entre donc portrait et celui de Baudelaire se trouvent ironiquement ceux des Frères Goncourt) confirme des gouts probablement scandaleux pour les gens bien comme les Goncourts : « et terminé par une sorte de serre-bibliothèque des livres préférés par Montesquiou, en même temps qu’un petit musée des portraits de leurs auteurs parmi lesquels, mon frère et moi, nous figurons entre Baudelaire et Swinburne » [L. 24-26]