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La relation de Chasles permet d'étendre la définition de l'intégrale au cas où la fonction f n'est continue que par morceaux sur...
Typologie: Lectures
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Ne manques pas les parties importantes!



































Université Joseph Fourier, Grenoble Maths en Ligne
L’objectif de ce chapitre est purement technique : la théorie de l’intégration est supposée connue ou admise. Le seul but est d’exposer les principales techniques de calcul des primitives et des intégrales.
1 Cours 1 1.1 Propriétés des intégrales.......................... 1 1.2 Primitives et intégrales........................... 3 1.3 Techniques de calcul des primitives.................... 5 1.4 Primitives des fractions rationnelles.................... 10 1.5 Applications des fractions rationnelles................... 17
2 Entraînement 21 2.1 Vrai ou faux................................. 21 2.2 Exercices................................... 23 2.3 QCM..................................... 26 2.4 Devoir.................................... 28 2.5 Corrigé du devoir.............................. 30
3 Compléments 36 3.1 La quadrature du cercle.......................... 36 3.2 Fonctions spéciales............................. 38 3.3 Intégrales elliptiques............................ 39
4 mai 2012
1 Cours
Toutes les fonctions considérées sont supposées continues, ou continues par mor- ceaux, sur leur intervalle d’intégration, et sont donc intégrables. Nous commençons par résumer les principales propriétés des intégrales.
Théorème 1.
1. Relation de Chasles : ∫ (^) b
a
f ( x ) d x +
∫ (^) c
b
f ( x ) d x =
∫ (^) c
a
f ( x ) d x.
2. Linéarité : ∫ (^) b
a
( λf ( x ) + μg ( x )) d x = λ
∫ (^) b
a
f ( x ) d x + μ
∫ (^) b
a
g ( x ) d x.
3. Monotonie :
Si ∀ x ∈ [ a, b ] , f ( x ) ≤ g ( x ) alors
∫ (^) b
a
f ( x ) d x ≤
∫ (^) b
a
g ( x ) d x.
La relation de Chasles permet d’étendre la définition de l’intégrale au cas où la fonction f n’est continue que par morceaux sur l’intervalle d’intégration. On intègre séparément chacun des morceaux et on ajoute ensuite les intégrales obtenues. Consi- dérons par exemple la fonction f qui vaut x si x ∈ [0 , 1] et 12 si x ∈]1 , 2].
(^0 )
1/
1
1 x
f(x)
Figure 1 – Exemple de fonction discontinue.
Son intégrale sur l’intervalle [0 , 2] vaut : ∫ (^2)
0
f ( x ) d x =
∫ (^1)
0
x d x +
∫ (^2)
1
d x =
Théorème 2. Si f est continue sur [ a, b ] , il existe c ∈ [ a, b ] tel que :
1 b − a
∫ (^) b
a
f ( x ) d x = f ( c ).
a b x
f(x)
Figure 2 – Illustration du théorème de la moyenne.
Rappelons tout d’abord la définition.
Définition 1. On appelle primitive d’une fonction f , définie sur un intervalle ] a, b [ , toute fonction dérivable sur ] a, b [ , dont la dérivée coïncide avec f sur ] a, b [.
Etant données deux primitives de f , leur différence doit avoir une dérivée nulle, et donc être constante. Deux primitives de la même fonction diffèrent donc par une constante. Pour spécifier une primitive particulière, il suffit de fixer sa valeur en un point. En général, on considère la primitive qui s’annule en un certain point. Elle s’écrit comme une intégrale, grâce au théorème suivant, que nous admettrons.
Théorème 3. Soit f une fonction continue sur [ a, b ] , et c un point de l’intervalle [ a, b ]. On considère la fonction Fc ( x ) , qui à x ∈ [ a, b ] associe :
Fc ( x ) =
∫ (^) x
c
f ( t ) d t.
Alors Fc est l’unique primitive de f qui s’annule au point c.
Observons l’écriture
∫ (^) x c f^ ( t ) d t , dans laquelle les deux lettres^ t^ et^ x^ jouent des rôles totalement différents. La lettre x désigne une borne de l’intervalle d’intégration. Si on la remplace par un réel, par exemple
2 , on obtiendra un résultat réel : la valeur de la fonction Fc au point
jouer le même rôle. Dans l’écriture des primitives, on évitera toujours de noter avec la même lettre la variable d’intégration et une des bornes de l’intervalle. Observons que n’importe quelle primitive peut être utilisée pour calculer une intégrale :
∫ (^) b
a
f ( x ) d x = Fa ( b ) = Fc ( b ) − Fc ( a ) ,
par la relation de Chasles. L’intégrale de f est donc un accroissement de primitive, qui ne dépend pas de la primitive choisie. On note :
∫ (^) b
a
f ( x ) d x = Fc ( b ) − Fc ( a ) =
[ Fc ( x )
] b
a
Il est commode, en particulier pour les changements de variable, de conserver des bornes d’intégration, même quand on ne calcule que des primitives. C’est pourquoi
nous continuerons de noter
∫ (^) x
c
f ( t ) d t la primitive de f qui s’annule en c , même s’il
est superflu de fixer c. De notre point de vue, il n’y a donc aucune différence entre les calculs de primitives et les calculs d’intégrales. Il est courant d’exprimer les primitives des fonctions usuelles « à une constante près ». Par exemple, les primitives de cos( x ) sont toutes les fonctions de la forme sin( x ) + C , où C est une constante réelle. Nous écrirons : (^) ∫ (^) x
c
cos( t ) d t =
[ sin( t )
] x
c
= sin( x ) − sin( c ) = sin( x ) + C.
Or quand c parcourt R, sin( c ) ne prend que les valeurs comprises entre − 1 et 1 , tandis que C désigne une constante réelle quelconque. En pratique, il suffit de trouver une primitive particulière : la variable c ne sera qu’un artifice d’écriture. Nous supposerons toujours que c et x sont telles que la fonction soit définie et continue sur l’intervalle [ c, x ]. Par exemple : (^) ∫ x c
t
d t =
[ ln | t |
] x
c
= ln | x | + C ,
ce qui suppose que l’intervalle [ c, x ] ne contient pas 0. Dans cette écriture, C désigne en fait une fonction, qui est constante sur chaque intervalle où la fonction à intégrer est définie et continue. L’ensemble des primitives de la fonction x 7 → 1 /x est l’ensemble des fonctions f telles que :
f ( x ) =
{ ln( x ) + C 1 si x > 0 ln(− x ) + C 2 si x < 0 ,
où C 1 et C 2 sont deux réels quelconques.
En pratique, pour calculer une primitive d’une fonction donnée, on la ramène à un ca- talogue de primitives usuelles. Ces primitives, que l’on doit connaître, sont rassemblées dans le tableau ci-dessous. Attention : les intervalles de définition ne sont pas précisés.
sin( x ) =
ei x^ − e−i x 2i
cos( x ) =
ei x^ + e−i x 2 sinh( x ) =
e x^ − e− x 2
cosh( x ) =
e x^ + e− x 2
Le principe est le suivant : tout polynôme en sin( x ) et cos( x ) est une combinaison linéaire de termes de la forme sin n ( x ) cos m ( x ), qu’il s’agit de linéariser , en les exprimant eux-mêmes comme combinaisons linéaires de termes en sin( kx ) et cos( kx ), dont on connaît une primitive. Voici un exemple.
sin^4 ( x ) cos^6 ( x ) =
(ei x^ − e−i x )^4 (ei x^ + e−i x )^6
=
(e2i x^ − e−2i x )^4 (ei x^ + e−i x )^2
=
(e8i x^ − 4e4i x^ + 6 − 4e−4i x^ + e−8i x )(e2i x^ + 2 + e−2i x )
=
(e10i x^ − 4e6i x^ + 6e2i x^ − 4e−2i x^ + e−6i x
+2e8i x^ − 8e4i x^ + 12 − 8e−4i x^ + 2e−8i x +e6i x^ − 4e2i x^ + 6e−2i x^ − 4e−6i x^ + e−10i x )
=
( 6 + 2 cos(2 x ) − 8 cos(4 x ) − 3 cos(6 x ) + 2 cos(8 x ) + cos(10 x )
) .
D’où une primitive de sin^4 ( x ) cos^6 ( x ) :
3 x 256
sin(2 x ) 512
sin(4 x ) 256
sin(6 x ) 1024
sin(8 x ) 2048
sin(10 x ) 5120
Observons que les questions de parité permettent de prévoir a priori que la linéarisation ne contiendra que des cos( kx ). En effet, x 7 → sin( x ) est une fonction impaire et x 7 → cos( x ) une fonction paire. Donc si on remplace x par − x , sin n ( x ) cos m ( x ) sera inchangé si n est pair, changé en son opposé si n est impair. Dans le premier cas, la linéarisation ne contiendra que des cosinus, dans le second cas, elle ne contiendra que des sinus. La même technique s’utilise aussi pour les cosinus et sinus hyperboliques. Comme autre application de l’exponentielle complexe, signalons la possibilité d’inté- grer des expressions du type e λx^ cos( ωx ) ou e λx^ sin( ωx ), en les exprimant comme parties réelles ou imaginaires d’exponentielles complexes, que l’on peut intégrer formellement comme des exponentielles réelles. Voici un exemple.
e^3 x^ cos(2 x ) = Re(exp((3 + 2i) x )).
Or une primitive (formelle) de exp((3 + 2i) x ) est :
1 3 + 2i
exp((3 + 2i) x ) =
3 − 2i 13
e^3 x (cos(2 x ) + i sin(2 x )).
La partie réelle de cette expression est :
1 13
e^3 x (3 cos(2 x ) + 2 sin(2 x )) ,
qui est donc une primitive de e^3 x^ cos(2 x ).
∫ (^) x
c
e^3 t^ cos(2 t ) d t =
e^3 x (3 cos(2 x ) + 2 sin(2 x )) + C.
La seconde technique de calcul à connaître est l’intégration par parties : ∫ (^) b
a
u ( x ) v ′( x ) dx =
[ u ( x ) v ( x )
] b
a
∫ (^) b
a
u ′( x ) v ( x ) dx.
Il faut penser à une intégration par parties quand l’un des facteurs de la fonction à intégrer a une dérivée plus simple, essentiellement un polynôme (dériver diminue le degré), ln( x ) (dérivée 1 /x ), arcsin( x ) (dérivée 1 /
1 − x^2 ) ou arctan( x ) (dérivée 1 / (1 + x^2 )). Encore faut-il connaître une primitive de l’autre facteur. Par exemple, pour λ 6 = 0 : ∫ (^) x
c
t e λt^ d t =
[ t ·
λ
e λt
] x
c
∫ (^) x
c
λ
e λt^ d t =
λ
x e λx^ −
λ^2
e λx^ + C.
u ( t ) = t u ′( t ) = 1 v ′( t ) = e λt^ v ( t ) =
λ
e λt
La technique de calcul d’intégrales (ou de primitives) la plus importante est le change- ment de variable.
Théorème 4. Soit f une fonction continue sur [ a, b ] et φ une fonction dérivable, de dérivée continue sur ] a, b [. Alors :
∫ (^) b
a
f ( t ) d t =
∫ (^) φ ( b )
φ ( a )
f ( φ −^1 ( u )) ( φ −^1 )′( u ) d u.
Il est fortement déconseillé de retenir la formule par cœur. Un changement de va- riable doit se penser de la manière suivante.
Nous devons donc poser :
u =
t − 1 2
soit t = 2 u + 1 et d t = 2d u.
On obtient :
∫ (^) x
c
√ ( t − 2 1 )^2 − 1
d t =
∫ x − 21 c − 1 2
u^2 − 1
2d u
∫ x − 21 c − 1 2
u^2 − 1
d u
[ ln | u +
u^2 − 1 |
] x − 21 c − 1 2
= ln | x − 2 1 +
( x − 2 1 )^2 − 1 | + C
= ln | x −1+
√ x (^2) − 2 x − 3 2 |^ +^ C
= ln | x − 1 +
x^2 − 2 x − 3 | + C ∗^.
Comme prévu, les primitives ne sont définies que pour x < − 1 ou x > 3. Remarquez que le signe de x − 1 +
x^2 − 2 x − 3 dépend de l’intervalle sur lequel on se trouve : il est négatif sur ] − ∞ , −1[, positif sur ]3 , +∞[.
Voici le dernier cas que l’on peut rencontrer selon le signe du trinôme.
∫ (^) x
c
− t^2 + 2 t + 3
d t.
La fonction à intégrer n’est définie que sur l’intervalle ]− 1 , 3[. Nous devons donc supposer que l’intervalle [ c, x ] est inclus dans ] − 1 , 3[. La mise du trinôme sous forme canonique donne : ∫ (^) x
c
− t^2 + 2 t + 3
d t =
∫ (^) x
c
√ −( t − 1)^2 + 4
d t =
∫ (^) x
c
√ 1 − ( t − 21 )^2
d t.
Nous devons donc poser :
u =
t − 1 2
soit t = 2 u + 1 et d t = 2d u.
On obtient :
∫ (^) x
c
√ 1 − ( t − 2 1 )^2
d t =
∫ x − 21 c − 21
1 − u^2
2d u
∫ x − 21 c − 21
1 − u^2
d u
[ arcsin( u )
] x − 21 c − 21
= arcsin
( (^) x − 1
2
)
Comme prévu, les primitives ne seront définies que pour x ∈]− 1 , 3[.
Nous verrons plus loin d’autres applications classiques des changements de variable. Il n’est pas toujours facile de deviner le bon changement de variable. Pour cela, il faut se laisser guider par l’expression de f : si elle contient une fonction ψ ( t ) et sa dérivée ψ ′( t ), il pourra être judicieux de poser u = ψ ( t ). Dans le cas le plus favorable, la fonction se met sous la forme f ( t ) = g ′( ψ ( t )) ψ ′( t ), qui est la dérivée de g ( ψ ( t )). Il suffira donc de connaître une primitive de g. Ceci ne relève pas directement du théorème 4, et s’applique d’ailleurs même si ψ n’est pas monotone. Voici un exemple, avec ψ ( t ) = e t 2 , et ψ ′( t ) = 2 t e t
2 . ∫ (^) x
c
2 t 1 + e− t^2
d t =
∫ (^) x
c
2 t e t
2
e t^2 + 1
d t =
[ ln(1 + e t
2 )
] x
c
= ln(1 + e x
2 ) + C.
On appelle fraction rationnelle le quotient de deux polynômes. La plupart des primitives que l’on sait calculer formellement se ramènent à des calculs de primitives de fractions rationnelles, par des changements de variable simples. Nous commençons par recenser les fractions rationnelles particulières dont on sait calculer une primitive. On les appelle les éléments simples. On note n un entier strictement positif, et a, b, c, α, β des réels quelconques.
n + 1
xn +1.
( x + a ) n^
: primitive ln | x + a | pour n = 1 ou
− n + 1
( x + a ) n −^1
pour n > 1.
αx + β ( ax^2 + bx + c ) n^
, avec ∆ = b^2 − 4 ac < 0.
Le premier terme est In − 1 ( u ). Le second terme s’intègre par parties, en dérivant 12 v.
In ( u ) = In − 1 ( u ) −
[ 1 − n + 1
( v^2 + 1) n −^1
v
] u
γ ′
∫ (^) u
γ ′
− n + 1
( v^2 + 1) n −^1
d v.
On ramène donc ainsi le calcul de In ( u ) à celui de In − 1 ( u ). En itérant, on arrive à I 1 ( u ) = arctan( u ) + C.
On peut se demander pourquoi le type 3 a été restreint aux dénominateurs tels que ∆ = b^2 − 4 ac < 0. La raison est que dans le cas ∆ ≥ 0 , le type 3 se ramène au type 2. En effet, si ∆ = 0, le trinôme s’écrit :
ax^2 + bx + c = a ( x +
b 2 a
Si ∆ > 0 , le trinôme a deux racines réelles. Il s’écrit :
ax^2 + bx + c = a ( x − ρ 1 )( x − ρ 2 ) ,
où ρ 1 et ρ 2 désignent les deux racines. Or :
1 ( x − ρ 1 )( x − ρ 2 )
1 ρ 1 − ρ 2 x − ρ 1
1 ρ 2 − ρ 1 x − ρ 2
Une primitive de (^) ( x − ρ 1 )(^1 x − ρ 2 ) est donc : ∫ (^) x
γ
( t − ρ 1 )( t − ρ 2 )
d t =
ρ 1 − ρ 2
(log(| x − ρ 1 | − log(| x − ρ 2 |) + C.
Nous commençons par généraliser ceci à des fractions rationnelles dont le dénominateur a deux racines réelles distinctes.
Proposition 2. Soient n et m deux entiers, ρ 1 et ρ 2 deux réels distincts. Il existe des réels α 1 ,... , αn et β 1 ,... , βm tels que :
1 ( x − ρ 1 ) n ( x − ρ 2 ) m^
α 1 ( x − ρ 1 )
α 2 ( x − ρ 1 )^2
αn ( x − ρ 1 ) n
β 1 ( x − ρ 2 )
β 2 ( x − ρ 2 )^2
βm ( x − ρ 2 ) m^
Démonstration : La démonstration s’effectue par récurrence sur n + m , en utilisant le cas n = m = 1 que nous avons déjà examiné. Notons H n,m la propriété énoncée dans le théorème. Nous avons déjà montré que H 1 , 1 est vraie. Pour tout n, m , H n, 0 et H 0 ,m sont évidemment vraies. Pour n ≥ 1 et m ≥ 1 , on peut écrire :
1 ( x − ρ 1 ) n ( x − ρ 2 ) m^
1 ρ 1 − ρ 2 x − ρ 1
1 ρ 2 − ρ 1 x − ρ 2
1 ( x − ρ 1 ) n −^1 ( x − ρ 2 ) m −^1
ρ 1 − ρ 2
( 1 ( x − ρ 1 ) n ( x − ρ 2 ) m −^1
( x − ρ 1 ) n −^1 ( x − ρ 2 ) m
) .
Si H n,m − 1 et H n − 1 ,m sont vraies, on en déduit que H n,m est vraie. Donc H n,m est vraie pour tout n, m ≥ 1.
La décomposition que nous venons d’effectuer, d’une fraction rationnelle particulière en une combinaison linéaire d’éléments simples, se généralise à des fractions rationnelles quelconques. Nous ne donnerons pas la démonstration du théorème suivant, semblable à celle de la proposition précédente, mais beaucoup plus fastidieuse.
Théorème 5. Considérons une fraction rationnelle du type P ( x ) /Q ( x ) , où P et Q sont deux polynômes à coefficients réels, supposés premiers entre eux (fraction irréductible). Considérons une factorisation du dénominateur Q ( x ) sous la forme :
Q ( x ) = ( x − ρ 1 ) n^1 · · · ( x − ρk ) nk^ ( a 1 x^2 + b 1 x + c 1 ) m^1 · · · ( ahx^2 + bhx + ch ) mh^ ,
où ρ 1 ,... , ρk sont les racines réelles de Q, de multiplicités n 1 ,... , nk, et les trinômes aj x^2 + bj x + cj sont ses facteurs de degré 2 , de discriminant strictement négatif, cor- respondant aux racines complexes de Q.
La fraction rationnelle P/Q s’écrit comme combinaison linéaire des éléments simples suivants.
1. xl, où l = 0 ,... , deg( P ) − deg( Q ).
2.
( x − ρi ) l^
, où i = 1 ,... , k et l = 1 ,... , ni.
αx + β ( aj x^2 + bj x + cj ) l^
, où j = 1 ,... , h et l = 1 ,... , mj.
Pour comprendre cette décomposition, le mieux est d’examiner sa forme sur un cas particulier, rassemblant les différentes situations.
x^13 ( x − 1)^3 ( x − 2)^2 ( x − 3)( x^2 + 1)^2 ( x^2 + x + 1)
= A + Bx
( x − 1)
( x − 1)^2
( x − 1)^3
( x − 2)
( x − 2)^2
( x − 3)
Ix + J ( x^2 + 1)
Kx + L ( x^2 + 1)^2
M x + N ( x^2 + x + 1)
où les lettres A, B,... , M désignent des réels à déterminer. La théorie assure que ces réels existent et sont uniques. Il suffirait donc de réduire tous les éléments simples au
Le numérateur et le dénominateur sont premiers entre eux, la fraction est bien irréduc- tible. Sa décomposition en éléments simples a la forme suivante.
x^6 + 1 ( x − 1)( x^2 + x + 1)^2
= A + Bx +
( x − 1)
Dx + E ( x^2 + x + 1)
F x + G ( x^2 + x + 1)^2
La division euclidienne du numérateur par le dénominateur donne :
x^6 + 1 = ( x − 1)
( ( x − 1)( x^2 + x + 1)^2
)
Donc A = − 1 , B = 1, et :
x^6 + 1 ( x − 1)( x^2 + x + 1)^2
= −1 + x +
2 x^3 ( x − 1)( x^2 + x + 1)^2
On peut désormais ne travailler que sur la partie restante, à savoir :
2 x^3 ( x − 1)( x^2 + x + 1)^2
( x − 1)
Dx + E ( x^2 + x + 1)
F x + G ( x^2 + x + 1)^2
On multiplie les deux membres par ( x − 1), et on remplace x par 1. On trouve C = 29. On multiplie ensuite les deux membres par ( x^2 + x + 1)^2 , et on remplace x par j =
−^12 +i
√ 3
√ 3
√ 3 2 F^ =^ −
√ 3
Ayant la décomposition en éléments simples, nous sommes maintenant en mesure de calculer une primitive.
I ( x ) =
∫ (^) x
c
t^6 + 1 ( t − 1)( t^2 + t + 1)^2
d t =
∫ (^) x
c
−1+ t +
2 9 ( t − 1)
−^29 t + (^149) ( t^2 + t + 1)
−^23 t − (^43) ( t^2 + t + 1)^2
d t.
On calcule séparément 4 primitives.
I 1 ( x ) =
∫ (^) x
c
(−1 + t ) d t , I 2 ( x ) =
∫ (^) x
c
2 9 t − 1
d t ,
I 3 ( x ) =
∫ (^) x
c
−^29 t + (^149) ( t^2 + t + 1)
d t , I 4 ( x ) =
∫ (^) x
c
−^23 t − (^43) ( t^2 + t + 1)^2
d t.
Les deux premières sont faciles.
I 1 ( x ) =
∫ (^) x
c
(−1 + t ) d t = − x +
x^2 2
I 2 ( x ) =
∫ (^) x
c
2 9 t − 1
d t =
ln | t − 1 |
] x
c
ln | x − 1 | + C 2_._
Les deux suivantes sont plus difficiles.
I 3 ( x ) = −
∫ (^) x
c
2 t + 1 t^2 + t + 1
d t +
∫ (^) x
c
t^2 + t + 1
d t
ln( x^2 + x + 1) + C 3 +
∫ (^) x
c
t^2 + t + 1
d t.
Calculons séparément la primitive suivante.
I 5 ( x ) =
∫ (^) x
c
t^2 + t + 1
d t =
∫ (^) x
c
( t + 12 )^2 + (^34)
d t.
Effectuons le changement de variable :
2 √ 3
( t +
) = u , soit t =
u
et d t =
d u.
I 5 ( x ) =
∫ (^) √ 2 3 ( x +^ (^12) )
√^2 3 ( c +^
1 2 )
u^2 + 1
d u =
arctan(
( x +
En regroupant les calculs :
I 3 ( x ) = −
ln( x^2 + x + 1) +
arctan(
( x +
Passons maintenant à I 4 ( x ) :
I 4 ( x ) = −
∫ (^) x
c
2 t + 1 ( t^2 + t + 1)^2
d t −
∫ (^) x
c
( t^2 + t + 1)^2
d t
x^2 + x + 1
∫ (^) x
c
( t^2 + t + 1)^2
d t.
Calculons séparément la primitive suivante.
I 6 ( x ) =
∫ (^) x
c
( t^2 + t + 1)^2
d t =
∫ (^) x
c
(( t + 12 )^2 + 34 )^2
d t.
Effectuons le changement de variable :
2 √ 3
( t +
) = u , soit t =
u
et d t =
d u.
∫ (^) e 2
e
u − (^1) u
u
d u =
∫ (^) e 2
e
u^2 − 1
d u
∫ (^) e 2
e
u − 1
u + 1
d u =
[ ln | u − 1 | − ln | u + 1|
]e 2
e
= ln
e^2 − 1 e^2 + 1
− ln
e − 1 e + 1
= ln
(e + 1)^2 e^2 + 1
cos( t ) =
1 − u^2 1 + u^2
, sin( t ) =
2 u 1 + u^2
, tan( t ) =
2 u 1 − u^2
, d t =
1 + u^2
d u.
Exemple :
∫ π 2
0
2 + cos( t )
d t =
∫ (^1)
0
2 + 1 − u 2 1+ u^2
1 + u^2
d u =
∫ (^1)
0
3 + u^2
d u.
Pour intégrer cette fraction rationnelle, il faut effectuer un nouveau changement de variable : v =
u √ 3
soit u =
3 v et d u =
3d v.
∫ (^) √ 1 3 0
1 + v^2
d v =
arctan
π 6
π 3
Le changement de variable u = tan( t/ 2) présente l’inconvénient de conduire à des fractions parfois assez compliquées. On peut faire plus simple dans certains cas.
À titre d’exemple, examinons l’effet de 4 changements de variable possibles pour cal- culer : I ( x ) =
∫ (^) x
c
tan( t ) d t = − ln | cos( x )| + C.
u = tan
t 2
−→ I ( x ) =
∫ (^) tan( x/ 2)
tan( c/ 2)
4 u 1 − u^4
d u
u = cos( t ) −→ I ( x ) =
∫ (^) cos( x )
cos( c )
u
d u
u = sin( t ) −→ I ( x ) =
∫ (^) sin( x )
sin( c )
u 1 − u^2
d u
u = tan( t ) −→ I ( x ) =
∫ (^) tan( x )
tan( c )
u 1 + u^2
d u.
Evidemment, les 4 changements de variable conduisent au même résultat final, mais certains sont plus simples...
1 m (^) : Changement de variable u = ( atct ++ db ) m^1 . Exemple :
I =
∫ (^) x
c
1 + t + 3
1 + t
d t.
Effectuons le changement de variable :
u = 6
1 + t soit t = u^6 − 1 et d t = 6 u^5 d u.
∫ √ (^6) 1+ x √ (^6) 1+ c
6 u^5 u^3 + u^2
d u =
∫ √ (^6) 1+ x √ (^6) 1+ c
6 u^3 u + 1
d u
∫ √ (^6) 1+ x √ (^6) 1+ c^ u
(^2) − u + 1 − 1 u + 1
d u
[ (^) u 3
3
u^2 2
] √^6 1+ x √ (^6) 1+ c^.
at^2 + bt + c : Changement de variable u =
√ 4 a^2 | b^2 − 4 ac | ( t^ +^
b 2 a )^. Il est déconseillé de retenir par cœur ce changement de variable. L’idée est de mettre d’abord le trinôme sous forme canonique, puis d’effectuer le changement de variable adéquat pour se ramener à l’une des trois formes
u^2 + 1,
u^2 − 1 ou
1 − u^2. Nous avons déjà vu un exemple pour chacun des 3 cas.
Une fois ce changement de variable affine effectué, il reste une fraction rationnelle en u et
u^2 + 1 ou bien
u^2 − 1 ou bien
1 − u^2. Il faut effectuer alors un nouveau changement de variable pour se ramener à une intégrale du type 1 ou 2.
u^2 + 1 : changement de variable u = sinh( v ).