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cours très détailler sur l’humanisme et renaissance
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Au XVe et XVIe siècles, l’Europe connaît une profonde transformation culturelle, intellectuelle et artistique appelée Renaissance, étroitement liée au développement de l’humanisme. La Renaissance, au sens artistique , correspond à une « renaissance des arts ». Ce terme est employé pour la première fois au XVIᵉ siècle par Giorgio Vasari, considéré comme le père fondateur de l’histoire de l’art des Temps modernes. Dans son célèbre ouvrage Vies des plus célèbres peintres, sculpteurs et architectes, il évoque le renouveau artistique apparu en Italie deux siècles plus tôt. Cette Renaissance s’étend sur près de trois siècles et se divise en trois grandes périodes successives : le Trecento (XIVᵉ siècle), le Quattrocento (XVᵉ siècle) et le Cinquecento (XVIᵉ siècle). Dans son ouvrage, Vasari distingue également trois âges. Il évoque d’abord celui des précurseurs, avec Cimabue et Giotto. Puis vient l’âge des initiateurs, représenté par Masaccio, Filippo Brunelleschi et Donatello. Enfin, il décrit l’âge des maîtres accomplis, avec Bramante, Léonard de Vinci, Raphaël et Michel-Ange, qui, selon lui, égalent voire dépassent les artistes de l’Antiquité. Il faut attendre le XIXᵉ siècle pour que des historiens comme Jules Michelet et Jacob Burckhardt étendent le concept de Renaissance à l’ensemble d’une civilisation. La Renaissance, au sens de période , désigne donc un temps qui s’étend approximativement de 1400 à 1600. Ce terme, utilisé depuis le XIXᵉ siècle, correspond à une période débutant en Italie au XIVᵉ siècle, puis s’étendant en Europe aux XVᵉ et XVIᵉ siècles, marquant le passage du Moyen Âge aux Temps modernes. La Renaissance correspond au passage du Moyen Âge aux Temps modernes. Elle se caractérise par une volonté de rupture avec le Moyen Âge et par la conscience, chez les élites, de vivre « une époque pleine de lumières », comme l’écrit Érasme. Humanisme Le terme d’humanisme est créé au XIXᵉ siècle pour désigner un mouvement qui naît en Italie au XIVᵉ siècle, se diffuse en Europe au XVᵉ siècle et atteint son apogée au début du XVIᵉ siècle. Ce mouvement repose sur un retour aux textes antiques. Il renoue avec certains idéaux de l’Antiquité en accordant une plus grande valeur à la liberté de l’homme et à ses capacités à progresser et à comprendre le
monde. L’éducation devient alors centrale, car, comme l’affirme Érasme, « on ne naît pas homme, on le devient ». L’humanisme correspond à une époque très optimiste, qui cherche à concilier la morale antique avec le christianisme. Ainsi, Érasme peut écrire : « Saint Socrate, priez pour nous ».Les grands humanistes européens sont les Italiens Leon Battista Alberti (1404-1472), Pic de la Mirandole (1463-1494), Nicolas Machiavel (1469-1527), le Néerlandais Érasme (1466-1536) et l’Anglais Thomas More (1478-1535). Ils correspondent entre eux et forment une « République des lettres » à l’échelle européenne.
Après les crises de la fin du Moyen Âge, l’économie reprend au XVe siècle. La production agricole devient excédentaire, l’artisanat textile se développe, et l’élevage ainsi que l’agriculture augmentent fortement. Cette croissance s’explique notamment par la diminution de la population après les crises (peste, guerres), ce qui entraîne une augmentation des ressources disponibles. La métallurgie se développe également, avec la fabrication de nouvelles armes. Parallèlement, le pouvoir des rois et des princes nécessite des financements de plus en plus importants, notamment pour moderniser et embellir leurs palais. On assiste alors au développement de grandes familles de marchands et de banquiers issus de la bourgeoisie, comme Jacques Cœur à Bourges. L’Europe bancaire s’organise autour de deux grandes régions : les cités italiennes et les Flandres. En Italie, les grandes familles comme les Médicis dominent. Cosme de Médicis (1389-1464) est le fondateur de cette puissance financière. Plus tard, Laurent de Médicis, dit le Magnifique, dirige la République de Florence entre 1469 et 1492. Près des Flandres, dans la ville d’Augsbourg en Bavière, se développe la famille des Fugger. Installée dès 1367, elle devient une grande puissance financière. Hans Fugger commence en tant que tisserant. Jakob Fugger fait fortune dans la banque et le commerce en Europe au XVe siècle. Les Fugger pratiquent le prêt, participent au commerce à grande échelle (Allemagne, Pays-Bas, Italie, Autriche) et s’impliquent même dans le système des indulgences. Ils financent notamment la campagne électorale de Charles Quint. La famille Fugger donne le plus d’argent et joue un rôle majeur dans l’élection de Charles Quint en 1519, face à François Ier. Ils font construire une cité pour les pauvres, la Fuggerei. Leur puissance décline au XVIIIᵉ siècle. Ce renouveau économique se traduit aussi dans la façon de penser et dans la culture. II. Humanisme et révolution culturelle A. Les origines de l’humanisme : la redécouverte de l’Antiquité L’humanisme prend son essor au XIVᵉ siècle en Italie, dans un contexte de dynamisme archéologique et culturelle. Pétrarque (1304-1374) est considéré comme le plus grand humaniste. Il est à la fois historien, poète et archéologue italien.
Il valorise la langue vulgaire, c’est-à-dire la langue parlée par le peuple (par opposition au latin). On parle aussi de langue vernaculaire et nationale au XVe siècle. Il met également en valeur la langue classique et
Pétrarque remet à l’honneur les auteurs latins, comme Cicéron, et des auteurs peu connus. Les humanistes utilisent aussi beaucoup les auteurs grecs, comme Aristote. Ce mouvement s’accélère lorsque les savants fuient Constantinople après sa prise en 1453. Des lettrés byzantins quittent alors la ville et se réfugient notamment à Venise, puis dans le reste de l’Europe, en emportant avec eux de nombreux manuscrits antiques. Ce contact avec les textes anciens provoque une véritable révolution du savoir. B. Une révolution du savoir Cette révolution favorise le goût pour une pensée claire et précise. Les humanistes veulent s’exprimer avec rigueur et respectent des règles de grammaire classiques, inspirées du latin et notamment de Cicéron. Ils s’inspirent également de l’art oratoire des Grecs et développent un goût pour l’éloquence. Le retour à l’Antiquité modifie les centres d’intérêt des intellectuels. Jusqu'alors les clercs se consacraient surtout à l'étude de Dieu, mais désormais l'attention se déplace vers l'étude de l’homme. Les humanistes valorisent la réflexion autonome de l’être humain, comme Socrate. Ils croient au progrès grâce à la connaissance. Ils exaltent la grandeur et la liberté de l’homme, tout en gardant confiance en Dieu. Ils veulent concilier les philosophies antiques, comme Platon, avec la pensée de l’Église. Cicéron est un orateur et philosophe du Ier siècle avant Jésus-Christ. À la Renaissance, ses œuvres sont réinterprétées. Au Moyen Âge, ses textes étaient partiellement connus et utilisés différemment : ils servaient surtout à l’enseignement de la rhétorique et à apprendre à écrire en bon latin.
rhétorique : il explique comment construire un discours et convaincre son auditoire. Ce texte était étudié pour préparer les sermons religieux, structurer des traités de droit ou organiser des discours.
les quatre vertus cardinales : la justice, la prudence, le courage et la tempérance. Ces vertus sont ensuite transposées en vertus chrétiennes universelles, considérées comme des repères moraux pour tous les hommes. C’est l’un des ouvrages les plus imprimés au Moyen Âge, car il mêle morale et rhétorique.
La souveraineté nationale correspond à l’indépendance d’un État. Elle est
l’État et la définit comme « la puissance absolue et perpétuelle d’une République ». Le terme « République » signifie « chose publique ». Dans un État, il existe toujours un pouvoir supérieur, et aucun pouvoir n’est au-dessus de la puissance souveraine, qui s’exerce sur les affaires publiques. La souveraineté peut être détenue soit par un roi, soit par la nation. Machiavel et Érasme : deux visions du pouvoir : Nicolas Machiavel s’interroge sur la manière de gouverner : comment doit- on régner? Deux courants de pensée s’opposent alors. Certains humanistes adoptent une vision idéaliste, représentée par Érasme (1467-1536), tandis que d’autres, comme Machiavel, proposent une vision plus pragmatique et réaliste du pouvoir. Didier Érasme est appelé le « prince des humanistes » (p. 128). Il traduit et fait publier des auteurs grecs, retraduit le Nouveau Testament et écrit de nombreux ouvrages. Il est considéré comme le prototype de l’humaniste de la Renaissance, car il échange avec de nombreux savants et se consacre à l’étude des textes antiques et religieux. Il cherche à revenir aux sources originales pour mieux comprendre et diffuser le savoir. Il est particulièrement attiré par l’humanité et traduit de nombreux textes antiques. Quentin Metsys est un grand peintre Flamand de cette époque. Érasme est représenté par des artistes connus, ce qui montre que les humanistes sont reconnus et respectés. À 47 ans, il est à l’apogée de sa gloire. Érasme écrit : « Le monde se ressaisit comme s’il se réveillait d’un long sommeil ». Cela montre bien l’idée de renouveau propre à la Renaissance. Les humanistes reviennent aux sources antiques pour traduire les textes.
jusqu’alors. Érasme retraduit l’Évangile du grec au latin. Il ne considère pas la Vulgate comme une référence absolue, mais insiste sur l’importance de retourner aux textes antiques. Il met également au point une démarche critique autour des textes, notamment avec l’utilisation de notes de bas de page, ce qui apparaît à la Renaissance.
De son côté, Martin Luther réalise la première traduction de la Bible en allemand. Cela contribue à faire de l’allemand une langue moderne, vernaculaire et nationale. Les humanistes voyagent beaucoup et échangent entre eux : c’est un mouvement principalement européen. Ils forment des réseaux intellectuels à l’échelle du continent. On observe aussi le développement du mécénat, c’est-à-dire le fait de financer des intellectuels et des artistes. Les humanistes sont reconnus par les rois et bénéficient de leur soutien. Enfin, les humanistes disposent de réseaux qui s’étendent dans toute l’Europe, notamment en France. Les humanistes et la religion : Thomas More et Thomas Linacre sont des Anglais. Paul Émile est un Français. Thomas More est chancelier. Les humanistes s’intéressent à la religion et critiquent certains membres du clergé, accusés d’oublier leur fonction et de vivre comme des princes. À la fin du XVe siècle et au début du XVIᵉ siècle, la pratique des indulgences se développe fortement. Cette pratique remonte au XIIIᵉ siècle. Les indulgences permettent d’obtenir la rémission totale ou partielle de ses fautes en échange d’un acte de piété, comme un pèlerinage, une prière ou un don. Cependant, ces indulgences donnent lieu à un véritable commerce, qui s’apparente à la simonie. Ce terme vient de Simon le Magicien, qui avait voulu acheter à saint Pierre le pouvoir de faire des miracles (« Que ton argent périsse avec toi »). À la fin du Moyen Âge, les indulgences permettent à l’Église de remplir ses caisses. L’une des plus connues est celle lancée par Jules II en 1506, renouvelée en 1517, pour financer la construction de la basilique Saint- Pierre de Rome. Jules II (1503-1513), issu de l’ordre des franciscains, organise des campagnes de collecte avec des intermédiaires qui en profitent. L’archevêque de Mayence, Albert de Brandebourg, est chargé de la collecte : il en garde une partie et rembourse ses dettes. Le dominicain Johann Tetzel, appartenant à un ordre mendiant, agit comme sous-commissaire dans la région de Magdebourg. Il est connu pour
Il naît dans un contexte marqué par les guerres d’Italie. En 1478, alors qu’il est jeune, un événement important se produit : lors d’une messe, un membre de la famille Médicis est assassiné, notamment Julien de Médicis. L’évêque impliqué dans ce complot est exécuté. En 1494, Charles VIII franchit les Alpes, ce qui marque le début des guerres d’Italie. Ces guerres se poursuivent longtemps et concernent notamment le tracé des frontières. Ces conflits contribuent à la chute des Médicis à Florence. Un Dominicain, Girolamo Savonarole, prend alors le pouvoir et instaure une dictature religieuse fondée sur la pureté morale. Il est ensuite exécuté sur ordre du pape. Nicolas Machiavel est nommé secrétaire d’État après la chute de Savonarole, vers 1500. Il effectue des missions diplomatiques, notamment auprès de Louis XII. En 1512, il est arrêté par les armées du pape et emprisonné. C’est en
Dans ce texte, Machiavel explique qu’il ne craint pas de s’entretenir avec les grands hommes du passé et qu’il souhaite conseiller Laurent de Médicis sur l’art de conquérir et de conserver le pouvoir. La pensée de Machiavel : Machiavel développe plusieurs idées importantes :
Réception et critiques de Machiavel : Certains penseurs reconnaissent le génie de Nicolas Machiavel, même s’ils critiquent son cynisme. Montesquieu le reconnaît comme un penseur important. Napoléon Bonaparte est un grand lecteur de Machiavel. Des penseurs comme Raymond Aron mettent en avant l’idée que la raison d’État prime sur la morale, notamment dans les relations internationales. Otto von Bismarck, (chancelier de fer) 1815, artisan de l’unité de l’Allemagne au XIXᵉ siècle, s’inscrit également dans une logique proche de celle de Machiavel. Henry Kissinger reprend certaines de ces idées dans sa réflexion politique. Machiavel affirme que les moyens sont justifiés lorsqu’ils sont efficaces. Les critiques de Machiavel : Cependant, Machiavel est aussi fortement critiqué et rejeté. Des auteurs comme Blaise Pascal, Jean Bodin, Victor Hugo (Les misérables, opression entre injustice social et amour) ou encore Maximilien de Robespierre s’opposent à sa pensée, jugée incompatible avec un idéal moral et religieux ainsi que Érasme. Machiavel est parfois considéré comme un démon, notamment par l’Église catholique. Son œuvre Le Prince est mise à l’Index en 1569. Pour Machiavel, le prince doit avant tout conserver le pouvoir et assurer la stabilité de l’État, ce qui s’oppose à une vision morale de la politique. Autres domaines de progrès grâce aux humanistes : Les humanistes contribuent également aux progrès scientifiques. En médecine, André Vésale un Flamand perfectionne l’anatomie et la connaissance du corps humain en pratiquant des dissections en particulier le cœur. En 1543, Nicolas Copernic publie De revolutionibus orbium coelestium (« De la révolution des globes célestes »). Il est le premier à affirmer que la Terre tourne autour du Soleil. Nicolas Copernic (1473-1543), moine (chamoix) et savant polonais, remet en cause le modèle traditionnel et propose le système héliocentrique.
L’éducation prend une place centrale dans l’humanisme. Comme l’affirme Érasme : « on ne naît pas homme, on le devient ». Des auteurs comme Michel de Montaigne et François Rabelais comptent parmi les grands humanistes. Cette éducation développe le goût de l’éloquence, en s’inspirant de Cicéron. Elle repose sur l’étude de la poésie, de l’histoire et de la philosophie, qui forment l’esprit à travers les auteurs antiques. Elle accorde également une importance au corps et à la santé. Elle christianise l’idéal antique en associant les vertus, l’amour de Dieu et les belles lettres, afin de former un homme savant. L’éducation humaniste comprend aussi l’apprentissage des savoir-vivre indispensables, ce que l’on appelle la « civilisation des mœurs » (par exemple : usage de la fourchette, règles de politesse, etc.).
qualités et les comportements du courtisan idéal. Cet ouvrage est considéré comme une véritable « bible » du savoir-vivre. Le courtisan doit être cultivé, habile dans les arts, guerrier, intellectuel et doté de bonnes manières. C. Des moyens de diffusion Dans les années 1450, l’imprimerie est mise au point par Johannes Gutenberg à Mayence. Elle repose sur l’utilisation de caractères typographiques en métal réutilisables. Les livres peuvent désormais être imprimés en grand nombre, ce qui constitue une véritable révolution culturelle. Les écrits permettent une diffusion rapide de l’humanisme dans toute l’Europe. Le coût des livres baisse, et le public s’élargit. Les livres ne sont plus réservés uniquement aux intellectuels, mais deviennent accessibles aux hommes de lettres et à la bourgeoisie. On observe également une affirmation des langues nationales, dites vernaculaires. Le traité de Villers-Cotterêts (1539) marque une étape importante. Il s’agit d’une ordonnance politique qui impose l’usage du français dans les actes administratifs. Cela s’inscrit dans un contexte politique d’affirmation de l’État royal, avec une territorialisation du pouvoir. Dans ce contexte apparaît un mouvement littéraire important : la Pléiade, qui se forme entre 1543 et 1546. Elle regroupe notamment Pierre de Ronsard et Joachim du Bellay. Ce groupe s’inspire des sept poètes
antiques d’Alexandrie au IIIᵉ siècle av. J.-C., associés à la constellation des Pléiades (sept étoiles). Les membres de la Pléiade cherchent à valoriser la langue française, dans un contexte où le latin reste encore la langue religieuse et littéraire dominante. Ils affirment que le français doit devenir une langue digne de la culture savante.
encourage l’usage de formes poétiques comme le sonnet et l’alexandrin, et rejette certaines formes plus anciennes comme les ballades. Il affirme notamment : « Tu ne dois pas avoir honte d’écrire dans ta langue ». La diffusion de l’humanisme en Europe L’imprimerie joue un rôle essentiel dans la diffusion des idées. Dès 1470, la première imprimerie en France est installée à la Sorbonne. La Renaissance se diffuse ensuite progressivement en Europe. Dans le Saint-Empire romain germanique, des villes comme Mayence, Nuremberg ou encore des régions comme la Pologne participent à la diffusion des textes imprimés. Les œuvres les plus diffusées sont notamment la Bible et les écrits de Cicéron. Le 1er^ texte le plus imprimé est la Bible puis les écrits de Cicéron. Après le Saint-Empire, ces idées se diffusent en Italie puis en France. La République des lettres Les humanistes forment ce que l’on appelle la « République des lettres », c’est-à-dire une communauté d’intellectuels, de savants humanistes à l’échelle européenne. Le latin reste une langue commune, parlée et comprise par les savants dans toute l’Europe. L’imprimerie permet de diffuser le savoir à une plus grande échelle. Les humanistes entretiennent également une correspondance très active. Ils passent beaucoup de temps à écrire des lettres, qui ne sont pas privées. Ces lettres servent à échanger des idées, à critiquer, à partager des découvertes et à faire avancer la recherche. Érasme est au centre d’un vaste réseau de correspondance, avec plus de 600 correspondants. Les valeurs de cette République des lettres reposent notamment sur le retour aux sources, le partage du savoir et la circulation des idées.
Les humanistes critiquent ces abus et proposent des solutions pour réformer l’Église. Les humanistes préconisent un retour aux textes originaux, notamment aux Évangiles. Érasme défend ce retour aux textes authentiques. Il traduit le Nouveau Testament (et travaille aussi sur les textes anciens), sans remettre en cause la foi catholique, mais en la critiquant pour mieux la rénover et la réformer. En 1523, les Évangiles sont traduits en français par Jacques Lefèvre d’Étaples. Les humanistes estiment que Dieu est bon et accessible. Ils souhaitent une religion plus simple, avec moins de faste, plus individuelle, fondée sur la lecture directe des Évangiles. Ils veulent réformer l’Église en plaçant l’Évangile au centre de la foi, sans pour autant remettre en cause l’institution elle-même. Le cercle de Meaux Ces idées sont mises en pratique dans le cercle de Meaux. Guillaume Briçonnet, proche d’Érasme et soutenu par Marguerite de Navarre, est évêque de Meaux à partir de 1515, avec l’accord de François Ier et du pape (dans le cadre du concordat de Bologne). Briçonnet cherche à réformer son diocèse. Il critique le fonctionnement du clergé : les prêtres vivent souvent loin de leur paroisse, manquent de formation théologique et utilisent les ressources de l’Église pour travailler au lieu d’enseigner et de prêcher. Il tente donc d’améliorer la situation en faisant de son diocèse une « terre de mission ». Il cherche à former les prêtres et, vers 1520, il fait venir des humanistes et des théologiens, notamment Jacques Lefèvre d’Étaples, ainsi que d’autres savants (dont certains connaissent l’hébreu). Il revoit 53 curés incapable. Ce groupe forme le cercle de Meaux. Ils diffusent leurs idées grâce à l’imprimerie, et prennent des mesures contre certains ordres religieux comme les cordeliers, en les privant de leur influence. Cependant, ces réformes suscitent des oppositions. Les cordeliers (religieux franciscain) se plaignent auprès de la Sorbonne, ce qui entraîne des procès. L’évêque est accusé de laisser se propager des idées luthériennes en France. En 1517, Martin Luther lance la Réforme, ce qui accentue les tensions religieuses.
B) L’échec des réformes humanistes et la naissance de la Réforme protestante Le cercle de Meaux finit par se dissoudre, notamment parce qu’il perd la protection de François Ier. Les humanistes ont tenté de réformer l’Église catholique comme ils l’avaient fait dans d’autres domaines, en revenant aux sources antiques et aux textes originaux (traductions, retour aux langues anciennes). Ils considèrent que l’homme est capable et fondamentalement bon. Ils cherchent à appliquer ces idées à la religion, en proposant des réformes internes à l’Église. Cependant, ces tentatives échouent, notamment face aux oppositions (comme celles des cordeliers) et face à des réformes plus radicales, comme celles de Martin Luther. Martin Luther et la rupture : Martin Luther est un moine augustinien et une figure typique de cette période. Il est profondément angoissé par la question du salut. Il traduit les textes religieux et propose une lecture personnelle des épîtres de saint Paul. Choqué par les abus de l’Église, notamment lors d’un voyage à Rome, il critique fortement ses pratiques. En Allemagne, il publie en 1517 ses 95 thèses, qui dénoncent notamment la vente des indulgences. À l’origine, il ne souhaite pas créer une nouvelle religion, mais réformer l’Église de l’intérieur. Cependant, il y a une rupture avec l’Église catholique. Luther s’oppose notamment à la notion de libre arbitre défendue par Érasme. Il développe la doctrine du salut par la foi seule (sola fide), affirmant que le salut s’obtient uniquement par la foi et non par les actes. Il publie ses 95 thèses et condamnent la vente des indulgences. Il est condamné par le pape et par Charles Quint en tant qu’empereur du Saint Empire Germanique. Diffusion du protestantisme : Malgré sa condamnation, certains princes allemands soutiennent Luther pour des raisons politiques. Il trouve refuge auprès de Frédéric de Saxe au château de la Wartburg. Les princes protestent officiellement contre sa condamnation en 1519, ce qui donne le nom de « protestants ». En 1530, la Confession d’Augsbourg fixe la doctrine luthérienne. Elle repose sur trois grands principes : sola fide (la foi seule)
Le calvinisme Jean Calvin (1509-1564), Français originaire de Picardie, reçoit une formation humaniste (latin, grec, hébreu). En 1533, il prononce un discours critique envers l’Église à Paris. Il doit fuir en 1535 et se réfugie en Suisse, notamment à Bâle. Il publie en latin Institution de la religion chrétienne (1536), qu’il dédie à François Ier. L’ouvrage est ensuite traduit en français. Par rapport à Luther, Calvin développe davantage la doctrine de la prédestination : Dieu décide du salut des hommes, et ceux-ci doivent avoir confiance en cette décision, même s’ils ne la comprennent pas. Il prône une religion plus stricte : deux sacrements (baptême et eucharistie sans transsubstantiation), rejet du culte des images et organisation d’une société très encadrée. En 1536, Calvin s’installe à Genève. Il y met en place un régime très strict, parfois qualifié de dictature morale. Après un exil à Strasbourg, il revient en 1541 avec de grands pouvoirs. La vie y est très réglementée : interdiction de certaines activités (théâtre, fêtes, etc.). Il est très sévère envers ses opposants, allant jusqu’à faire exécuter Michel Servet. Calvin meurt en 1564. Les catholiques reviennent à Genève après l’invasion de Napoléon. Cela mène aux nombreuses guerres de religion, longtemps appelé « Guerre civile ». D) Conséquences : les guerres de Religion Ces tensions religieuses mènent à de nombreuses guerres de religion, qui durent longtemps et sont parfois qualifiées de « guerres civiles ». La mort de Henri II en 1559 ouvre une période d’instabilité. Il avait été relativement tolérant, ce qui avait permis le développement du protestantisme. Une tentative de coup de force a lieu avec la conjuration d’Amboise en 1560 : des protestants tentent d’enlever le roi afin de le soustraire à l’influence catholique. Cette tentative échoue. La situation politique devient très instable. En 1560, François II meurt, et son successeur Charles IX est encore enfant. Sa mère, Catherine de Médicis, assure la régence.
Elle tente de mener une politique de conciliation entre catholiques et protestants. En janvier 1562, un édit de tolérance est signé (édit de janvier), conseillé par Michel de L’Hospital. Cependant, les tensions restent très fortes. En mars 1562, le massacre de Wassy marque le début des guerres de religion : François de Guise fait tuer environ 80 protestants. Les guerres de Religion : On compte huit guerres de religion en France. Elles s’étendent de 1562 jusqu’au 30 avril 1598, date de l’édit de Nantes. Cette période est marquée par une alternance de massacres et de périodes de trêve, conclues par des édits. Selon certaines estimations, il y aurait environ 2 millions de victimes, en incluant les famines, les maladies et les disettes (petites famines). La 3e guerre de Religion se termine en 1569 avec une paix signée en faveur des protestants. Le mariage entre Marguerite de Valois et Henri de Navarre (protestant) entraîne la réunion à Paris de toute la haute noblesse, catholique et protestante. Cependant, Catherine de Médicis fait croire à son fils que les protestants complotent contre lui. Le roi donne alors son accord au massacre des protestants. Le 24 août 1572, lors de la Saint-Barthélemy, environ 3 000 protestants sont tués dans la capitale. Le massacre est dirigé notamment par le duc de Guise. Henri de Navarre et le prince de Condé sont condamnés et doivent se convertir. On compte environ 10 000 morts en France, ce qui déclenche la 4e guerre de Religion et marque profondément le pays. À partir de cet événement, les protestants perdent confiance dans la monarchie et entrent en opposition plus forte avec le pouvoir. À la mort de Charles IX (1574), aucun des fils d’Henri II ne laisse de descendance durable, ce qui crée une crise politique. Les catholiques demandent l’aide de Henri de Guise afin d’influencer la politique royale contre les protestants. Henri III quitte la capitale et s’allie avec Henri de Navarre. Ensemble, ils tentent de reprendre le contrôle du royaume, mais Henri III est assassiné en 1589 par un moine catholique fanatique, Jacques Clément. Henri de Navarre devient Henri IV, mais il est d’abord rejeté car protestant. Une partie des catholiques préfère soutenir le roi d’Espagne. Certains