Docsity
Docsity

Prepara i tuoi esami
Prepara i tuoi esami

Studia grazie alle numerose risorse presenti su Docsity


Ottieni i punti per scaricare
Ottieni i punti per scaricare

Guadagna punti aiutando altri studenti oppure acquistali con un piano Premium


Guide e consigli
Guide e consigli


(Riassunto) - Colonisation et Décolonisation, Appunti di Cultura Francese

Riassunto redatto in occasione dell'esame di Cultura Francese I presso l'Università degli Studi Internazionali di Roma (UNINT). I capitoli cui fa riferimento il riassunto sono i seguenti: C. 1: par. 1, 2, 5 C. 2: par. 2-c, 4-a, 4-b C. 3: par. 4-b, 4-c, C. 4: par. 2-c, 3, 4-b, 5

Tipologia: Appunti

2019/2020

In vendita dal 30/11/2020

el-aqu
el-aqu 🇮🇹

4.5

(11)

9 documenti

1 / 21

Toggle sidebar

Questa pagina non è visibile nell’anteprima

Non perderti parti importanti!

bg1
C. 1: par. 1, 2, 5
C. 2: par. 2-c, 4-a, 4-b
C. 3: par. 4-b, 4-c,
C. 4: par. 2-c, 3, 4-b, 5
INTRODUCTION
La colonisation a été un phénomène important dans l’histoire de l’humanité,
particulièrement durant les cinq derniers siècles.
La colonisation européenne débuta dès le deuxième voyage de Christophe Colomb et
dure encore. En effet, la France possède toujours des territoires qui ne sont plus
qualifiés de coloniaux.
On peut distinguer deux temps forts:
Une première expansion, qui dura du XVIe au XVIIIe siècle et dont les
colonisateurs européens s’approprièrent la majeure partie du continent
américain
Une deuxième expansion, qui concerna l’Afrique et de vastes pans de l’Asie
En 1914, il n’y avait plus grand-chose à conquérir, mais le partage des colonies des
vaincus de la Grande Guerre.
La colonisation fut un acte violent, une agression: elle permit aux conquérants
européens de s’emparer de terres «inconnues», mais elles n’étaient inconnues par des
populations qui les occupaient.
Le processus colonial combine trois phénomènes principaux:
I. Une conquête territoriale
II. Des déplacements de populations
III. Une exploitation des richesses de l’espace assujetti au profit de ceux qui l’ont
soumis à leur pouvoir
D’avant le XIXe siècle, on parlait aussi de «établissement»: la colonisation consiste
donc à peupler de colons, à transformer en colonie, un territoire que l’on a acquis le
plus souvent contre la volonté de ses habitants et à force ouverte.
La colonisation ne fut pas unanimement acceptée et elle fut néanmoins condamnée et
combattue.
Dans le XIXe siècle, les termes «colonialisme» et «colonialiste» servirent à désigner
de façon péjorative la colonisation européenne et ses acteurs.
Le mot «colonialisme» renvoyait, pour les socialistes, au mal infligé au Jaune ou au
Nègre et à l’exploitation économique à laquelle ces derniers étaient soumis.
La colonisation fut une des manifestations de l’impérialisme, c’est-à-dire la volonté
et la capacité d’une puissance de placer d’autres États, plus faibles, dans une
dépendance politique et économique. Toutefois, la colonisation fut aussi un obstacle à
l’impérialisme, qui n’a pas forcément besoin d’elle pour soumettre le faible au fort.
Dès la fin du XIXe siècle, les États-Unis s’efforcèrent de promouvoir la politique de
la «porte ouverte» pour remplacer la colonisation.
Tous les territoires conquis n’étaient pas identiques: au XVIe siècle, la Nouvelle-
France était une province, sans ignorer cependant l’appellation de colonie; au XIXe
pf3
pf4
pf5
pf8
pf9
pfa
pfd
pfe
pff
pf12
pf13
pf14
pf15

Anteprima parziale del testo

Scarica (Riassunto) - Colonisation et Décolonisation e più Appunti in PDF di Cultura Francese solo su Docsity!

C. 1: par. 1, 2, 5 C. 2: par. 2-c, 4-a, 4-b C. 3: par. 4-b, 4-c, C. 4: par. 2-c, 3, 4-b, 5 INTRODUCTION La colonisation a été un phénomène important dans l’histoire de l’humanité, particulièrement durant les cinq derniers siècles. La colonisation européenne débuta dès le deuxième voyage de Christophe Colomb et dure encore. En effet, la France possède toujours des territoires qui ne sont plus qualifiés de coloniaux. On peut distinguer deux temps forts:

  • Une première expansion , qui dura du XVIe^ au XVIIIe^ siècle et dont les colonisateurs européens s’approprièrent la majeure partie du continent américain
  • Une deuxième expansion , qui concerna l’Afrique et de vastes pans de l’Asie En 1914, il n’y avait plus grand-chose à conquérir, mais le partage des colonies des vaincus de la Grande Guerre. La colonisation fut un acte violent, une agression: elle permit aux conquérants européens de s’emparer de terres «inconnues», mais elles n’étaient inconnues par des populations qui les occupaient. Le processus colonial combine trois phénomènes principaux: I. Une conquête territoriale II. Des déplacements de populations III. Une exploitation des richesses de l’espace assujetti au profit de ceux qui l’ont soumis à leur pouvoir D’avant le XIX e siècle, on parlait aussi de «établissement»: la colonisation consiste donc à peupler de colons, à transformer en colonie, un territoire que l’on a acquis le plus souvent contre la volonté de ses habitants et à force ouverte. La colonisation ne fut pas unanimement acceptée et elle fut néanmoins condamnée et combattue. Dans le XIXe^ siècle, les termes «colonialisme» et «colonialiste» servirent à désigner de façon péjorative la colonisation européenne et ses acteurs. Le mot «colonialisme» renvoyait, pour les socialistes, au mal infligé au Jaune ou au Nègre et à l’exploitation économique à laquelle ces derniers étaient soumis. La colonisation fut une des manifestations de l’impérialisme, c’est-à-dire la volonté et la capacité d’une puissance de placer d’autres États, plus faibles, dans une dépendance politique et économique. Toutefois, la colonisation fut aussi un obstacle à l’impérialisme, qui n’a pas forcément besoin d’elle pour soumettre le faible au fort. Dès la fin du XIXe^ siècle, les États-Unis s’efforcèrent de promouvoir la politique de la «porte ouverte» pour remplacer la colonisation. Tous les territoires conquis n’étaient pas identiques: au XVIe^ siècle, la Nouvelle- France était une province , sans ignorer cependant l’appellation de colonie ; au XIXe

siècle, l’expression colonie céda plus ou moins la place à l’expression empire colonial ou à Empire après 1918, et fut employé systématiquement par le régime de Vichy. La Constitution, en 1946, mentionnait l’«outre-mer», dans lequel il fallait distinguer les territoires d’outre-mer – les colonies – des départements d’outre-mer – les vieilles colonies qui étaient assimilées. LA PREMIÈRE COLONISATION (XVI e

  • DÉBUT DU XIX e SIÈCLE) Trois puissances européennes – l’Espagne, la France et l’Angleterre – furent des acteurs majeurs de la colonisation et acquirent des domaines coloniaux plus étendus que les autres. Les hommes et leurs mobiles. Autour de 1540, la reprise démographique s’affirma dans les pays européens et permit à l’Occident d’effacer les coupes claires de la Grande Peste et les effets des calamités concomitantes. Le premier facteur de la colonisation fut la puissance démographique dont disposaient les pays européens. Par ailleurs, avant que la Réforme catholique, accélérée par le Concile de Trente, le XVIe^ siècle se caractérisa par une sexualité plutôt libre, au point d’avoir été présenté comme «le siècle des bâtards»: la colonisation permit à quelques-uns de ces fils illégitimes de compenser le handicap de leur naissance en allant chercher fortune outre-mer. En Angleterre, le mouvement des enclosures , déjà bien engagé et qui s’intensifia après 1603, retirait à des nombreux paysans la possibilité de continuer à vivre de la terre; il fallait à ces hommes trouver ailleurs de quoi vivre. L’appât du gain. L’appât du gain, individuel ou collectif, est l’un des plus puissants moteurs de l’action humaine. La croissance démographique en Occident avait entraîné une reprise de l’activité économique et donc crée un besoin de métal précieux, traditionnellement apporté du Guinée par les caravanes sahariennes. Cette aspiration à s’enrichir valut également pour les souverains, qui ne restèrent pas indifférents lorsqu’ils apprirent ce que l’Amérique rapportait au roi de Castille: au Portugal, il y avait beaucoup de gens qui eurent tout simplement envie de devenir riches. Pour la plus grande gloire de Dieu. La religion fut étroitement liée à la colonisation. Quant aux Espagnols, qui venaient de terminer la Reconquista (718 – 1492), ils étaient habités par l’esprit de croisade. Tous les hommes de la Renaissance croyaient en Dieu et la découverte du Nouveau Monde leur parut être un don du ciel: l’évangélisation des naturels était la tâche principale assignée aux colonisateurs ibériques par la papauté, dans la bulle de 1493. L’Amérique fut par ailleurs un refuge pour tous ceux qui eurent à connaître la persécution en Europe. Tout à tour, puritains, anglicans et catholiques anglais se

privés. Le premier outil fut les compagnies, des associations de personnes privées. Le système se perfectionna avec la compagnie à charte: en contrepartie d’une redevance annuelle versée à la Couronne, une compagnie commerciale obtenait un monopole commercial avec un territoire. Quelques-unes de ces compagnies ont atteint une grande notoriété et laissé une trace, mais beaucoup furent des échecs et disparurent sans laisser de traces. Pour le peuplement du Canada français, de nombreuses compagnies se succédèrent, avec parfois les mêmes actionnaires. La plantation. Le deuxième outil de colonisation fut la grande exploitation vouée à la monoculture d’exportation: le sucre au Brésil puis dans les îles, le tabac en Virginie, mais aussi le coton ou l’indigo. En arrivant en Amérique, les Espagnols s’approprièrent des terres, puis, progressivement, le gouvernement mit en route un processus de légalisation de ces grandes propriétés. Dans les îles, les superficies des plantations représentaient de belles surfaces. Dans les îles à sucre, l’habitation, qu’on finit par appeler plantation, était organisée autour de la «grande case», la maison du planteur. Les esclaves. Le troisième outil de la première colonisation fut la traite négrière. Pour fournir aux plantation la main-d’œuvre dont elles avaient besoin, les États européens autorisèrent le transport d’esclaves africains. Ce fut en grande partie pour se procurer ce «bois d’ébène» que des pays européens décidèrent de s’assurer des points d’appui en Afrique, qui se révélèrent précieux lors de la conquête de ce continent au XIXe^ siècle. La traite en direction du Nouveau Monde commença dès le XVIe^ siècle, mais explosa littéralement au XVIIIe^ siècle. On estime que ce furent entre 7,5 et 8,8 millions d’Africains qui furent déporté en Amérique pour tenter de satisfaire la demande croissante des Européens en sucre, café, cacao et coton. À Cuba, en 1792, les esclaves représentaient la moitié de la population de l’île. L’Espagne avait fait de la traite un monopole de la Couronne qui, à défaut d’assurer elle-même les opérations, délivrait des licences à des particuliers de diverses nationalités. L’utilisation de troupes indigènes. Dès la première colonisation, les Européens eurent recours à des troupes indigènes pour compléter leurs maigres effectifs. De telles troupes armées préexistantes rapportaient en Afrique les esclaves ensuite vendus aux négriers qui les avaient armées et équipées. L’ East India Company , la Compagnie hollandaise et Dupleix utilisèrent des troupes indigènes pour réaliser leurs implantations coloniales. Mais ils en laissèrent le plus souvent le recrutement et la direction aux chefs locaux. LA COLONISATION ET LES RELATIONS INTERNATIONALES Les premiers explorateurs étaient partis le long des côtes africaines en profitant des

courants. Mais l’hostilité physique du littoral africaine, la présence de négociants arabes et indiens aux activités bien implantées, ainsi que l’insuffisance des capacités de leurs bateaux dissuadèrent les Européens de chercher à créer des colonies en Afrique et en Asie. La colonisation de l’Afrique et de l’Asie serait pour une époque ultérieure, quand les pays européens auraient accru leur supériorité technique dans les plus fortes proportions. L’arbitrage pontifical. Pour fixer les droits de l’Espagne et du Portugal sur le Nouveau Monde on demanda l’arbitrage du pape. En mai 1493, Alexandre VI publia la bulle Inter cætera qui organisait le partage des territoires conquis de part de d’autre avec une ligne conventionnelle. Le pape donnait à l’Espagne les terres situées à l’ouest de cette ligne et au Portugal celles situées à l’est. Ces dispositions furent modifiées en juin 1494 par le traité de Tordesillas passé entre l’Espagne et le Portugal. Au moment où s’imposait l’État moderne, aucun souverain, en particulier ceux d’Angleterre et de France, ne pouvait accepter une telle exclusion. En 1533, à la demande du roi de France, le pape décida que le partage du Tordesillas ne saurait s’appliquer aux terres encore non découvertes. Les attaques contre les convois et l’interlope. Les complications territoriales dues aux rivalités entre puissances colonisatrices commencèrent avec les nombreuses attaques dont furent victimes les galions espagnols chargés des trésors américains de la part des vaisseaux des autres puissances, en particulier de l’Angleterre. Au cours du XVIe^ siècle, Français et Anglais ne s’attaquèrent pas vraiment aux colonies ibériques; les luttes religieuses, dans leurs royaumes, étaient un souci important pour les souveraines de France et d’Angleterre. Au XVIIe^ siècle, la guerre maritime consistait le plus souvent à tender de s’emparer des convois de navires marchands. En temps de guerre, les îles devenaient des centres actifs pour le cours et les convois des cibles pour les corsaires ou des navires de guerre. Les Français et les Anglais au Canada. Une fois les colonies créées, les colons installés pouvaient pousser leur métropole à attaquer les colonies étrangères voisines pour tenter de s’en emparer. Après la fondation de la Louisiane, en 1699, les treize colonies anglaises d’Amérique se sentirent menacées d’encerclement et privées d’une possibilité du fructueuse expansion. En 1713, à Utrecht, au terme de la guerre de Succession d’Espagne, la France céda à l’Angleterre la baie d’Hudson, Terre-Neuve – où la France ne conserva que des droits de pêche – et l’Acadie. Ce traité rendit le domaine colonial français au Canada très vulnérable. En 1744, durant la Guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), la France, isolée, se trouva également dans une situation délicate de l’Acadie perdue en 1713. Durant la Guerre de Sept Ans, les colonies eurent un rôle plus central. L’Angleterre

Pour permettre un croît naturel, il fallait aussi aider ces hommes à contracter un légitime mariage et l’on envoya ainsi au Nouvelle-France les «filles du roi», des orphelines, des paysannes et des prostituées parisiennes. En 1715, les trois villes principales étaient Québec, Montréal et Trois-Rivières. En 1763, le Canada comptait une population de 85.000 Français, dont 65.000 firent le choix de rester. Les Antilles. Richelieu créa la Compagnie des Isles d’Amérique qui, entre 1635 et 1642, installa des colons en Guadeloupe et en Martinique ainsi que dans 14 autres îles. En 1697, la France acquit la partie occidentale de Saint-Domingue. Sous Colbert, on abandonna pour les Antilles le projet d’y implanter un peuplement blanc au profit de la grande plantation esclavagiste qui s’imposa comme mode d’exploitation en 1670. En 1683, le gouvernement expulsa les Juifs des Antilles et, deux ans plus tard, les protestants. En 1763-1764, la France tenta une opération de colonisation en Guyane, qui fut un échet meurtrier. En 1788, on comptait dans l’ensemble des Antilles françaises plus de 54.000 Blancs, plus de 31.000 Noirs libres et près de 600.000 esclaves. L’Océan Indien. Au XVIIIe^ siècle, la Compagnie des Indes, créée par Law sous la Régence, montra la volonté de la France de chercher à s’implanter davantage en Asie, grâce à l’évolution des conditions de navigation, à celle du marché européen des textiles, etc. D’ambitieux projets furent échafaudés pour créer une complémentarité entre l’île de France et l’île Bourbon. La conquête de Madagascar était en outre une idée récurrente. L’organisation du domaine colonial. L’administration de la Nouvelle-France se partageait entre:

  • L’intendant, responsable de l’administration générale et des finances
  • Le gouverneur, responsable de la défense et des relations avec l’étranger En l’absence de Parlement, un Conseil supérieur assurait l’enregistrement et siégeait comme tribunal d’appel en appliquant la coutume de Paris. Les relations entre les deux responsables principaux n’étaient pas toujours harmonieuses: ces hommes avaient à administrer une société qui se caractérisait par une forte fécondité et un degré d’instruction plutôt élevé, tout au moins au niveau élémentaire. Son organisation sociale était assez proche de celle de la métropole. La distance entre nobles et roturiers était toutefois moins importante, l’absence de taille enlevant au privilège fiscal nobiliaire son rôle de marquer social. Cette société parla plus rapidement le français que la population métropolitaine, mais avec des inclusions des parlers régionaux originels.

La Nouvelle-France acquit rapidement un sentiment d’identité propre. Le terme de «Canadien» fut utilisé par Jacques Cartier pour nommer les naturels. Dès 1680, il était d’un usage général et pour désigner les Français nés en terre américaines. Les rapports de ces hommes avec la métropole n’étaient pas des plus paisibles. Les Canadiens reprochaient aux commerçants métropolitains de leur faire une concurrence déloyale dans le commerce avec les Indiens, à qui ils offraient les produits en provenance de France à meilleur prix. Les Conseils supérieurs devinrent rapidement les porte-parole des colons, qui y étaient majoritaires. En 1759-1763, le gouvernement décida de faire quelques réformes:

  • Des chambres d’agriculture furent créées, qui permirent aux colons de pouvoir s’exprimer de façon institutionnelle
  • On redéfinit les périmètres de compétences entre gouverneur et intendant au profit de ce derniers En 1787, la Martinique et la Guadeloupe furent dotées d’assemblées coloniales, chargées de délibérer sur la fiscalité. Les responsables de l’administration des Antilles avaient en charge une société inégalitaire, qui n’entrait pas pour autant dans le système des ordres juridiques de la métropole. Au sommet de la pyramide sociale, les riches planteurs constituaient le groupe des «grand Blancs»; au milieu du XVIIIe^ siècle, les Noirs libres, regroupés en associations et sociétés commerciales, représentaient une puissance financière et économique indiscutable. Les esclaves eux, étaient régis par le Code noir. Cet édit de 1685 comptait 60 articles: l’esclave y était présenté, en matière commerciale et successorale, comme un bien meuble qui pouvait être vendu, saisi et affecté à un héritier; l’esclave devait être baptisé, instruit de la religion, marié religieusement et enterré dans un cimetière. Au cours du XVIII e siècle, le Code fut complété et durci, au fur et à mesure de son extension à divers territoires américains. On introduisit l’interdiction du mariage entre Blanc et Noir; les affranchissements furent rendus plus difficiles, en relevant l’âge du maître à 25 as et en exigeant une autorisation écrite des administrateurs royaux et le paiement d’une lourde taxe au profit du Trésor. D’UNE COLONISATION À L’AUTRE (1815 – 1850) Dans l’esprit de la quasi-totalité des colons, l’installation sur les terres conquises et colonisées était un acte définitif. La décolonisation fut donc un choc pour les colons, surtout pour ceux dont l’installation dans la colonie était néanmoins ancienne. Pour ceux dont la famille était installée de longue date, l’argument n’est pas totalement inexact; mais les deux décolonisations ne furent pas identiques. Le cas de la France. Le premier empire colonial français n’eut pas à affronter de

difficile, de 1825 à 1830, pour mater un soulèvement javanais. Une fois leur autorité rétablie, les Néerlandais organisèrent l’exploration des Indes néerlandaises de façon très efficace au profit de la métropole, au point que le gouverneur général Van Den Bosch finit par passer pour un théoricien, dont d’autres colonisateurs se seraient inspirés. La prudente expansion coloniale française. Après 1815, la France veilla soigneusement à éviter une nouvelle confrontation avec l’Angleterre, sans renoncer pour autant à mener une politique extérieure. Il fallut dans un premier temps réorganiser les colonies restituées. La France concevant le libéralisme économique surtout comme sujet de discussion, on conserva le principe de l’exclusif, mais avec une application souple. Jusqu’au Second Empire, la politique coloniale française ne fut pas très active, même si l’installation en Algérie donne une impression contraire. La colonisation de l’Algérie. Sous le Directoire, la France avait acheté des grains en Algérie via deux des plus puissantes maisons de commerce de Juifs livournais, bailleurs de fonds du dey et exploitants de monopoles d’État. La transaction avait lassé un contentieux compliqué. Lors d’un entretien entre le dey Hussein et le consul général de France, Pierre Delval, le 29 avril 1827, intervint le célèbre coup d’éventail. C’était un geste d’agacement envers le diplomate corrompu. Sans aller au-delà, de peur d’indisposer l’Angleterre, Paris envoya une escadre faire le blocus d’Algérie, blocus au demeurant inefficace. Les pressions des milieux d’affaires marseillais renforcèrent l’idée qu’un facile victoire militaire ferait tomber l’hostilité intérieure contre le gouvernement de Charles X; elle permettrait également de forger une armée disciplinée, capable de maintenir l’ordre en France. Charles X eut l’habilité de présenter l’expédition comme permettant d’abolir l’esclavage des chrétiens et de lutter contre la piraterie. L’Autriche, la Prusse et la Russie approuvèrent; seulement l’Angleterre y était violemment hostile mais, isolée, laissa faire. Partie de Toulon le 25 mai 1830, l’expédition n’entra en rade de Sidi Ferruch que le 14 juin sous ordre du maréchal de Bourmont, menèrent de durs combats contre les forts qui protégeaient Alger, qui se redit le 5 juillet. Une convention permit au dey de gagner Naples et garantissait le libre exercice de la «religion mahométane» à la population. À Paris, la victoire n’épargna pas à Charles X l’abdication. En 1830, Louis-Philippe ne s’intéressait pas à l’Algérie, même si, le 9 mars 1831, une ordonnance créa la Légion étrangère et établit son quartier général à Sidi-Bel-Abbès. En 1834, la présence française se limitait à des points d’appui sur la côte et des chefs encadrant la population dans son combat contre l’occupation française avait émergé. L’un d’entre eux était Abd el-Kader: il fut proclamé, le 22 novembre 1832, par les tribus de sa région natale Mascara, «sultan des Arabes». Il prit contrôle d’une grande partie de l’Oranais et conduisit avec beaucoup d’habilité sa guerre sainte contre les

Français. En février 1834, le général Desmichels reconnut son titre de calife et lui accorda une véritable souveraineté, dans l’espoir de s’en faire un allié. Cela permit à l’émir de se renforcer et d’infliger à Desmichels une cuisante défaite dans les marais de la Macta, en juin 1835. Progressivement, Louis-Philippe évolua et décida de faire de la conquête de l’Algérie «l’épopée» du règne. La conquête fut difficile; la guerre prit immédiatement un caractère d’une grande violence des deux côtes: les indigènes n’entendaient pas se soumettre et les Français exercèrent de sévères représailles, enclenchant le cycle infernal de la violence. À la fin de l’année 1839, l’émir reprit les hostilités en entrant dans la Mitidja, où s’étaient installés des colons dont beaucoup furent massacrés, tandis que leurs domaines étaient dévastés. La guerre changea de nature et ajouta les destructions aux violences. Une fois le pays «pacifié», Bugeaud croyait à la possibilité d’associer les chefs arabes à l’administration des tribus «pour gouverner les Arabes en notre nom», sous l’étroite tutelle des bureaux arabes, avant de procéder à une colonisation agricole. Cette guerre, très mobile et très violente, soumit l’émir à une pression constante. Le Maroc fut dissuadé par la force d’aider l’émir qui, finalement, après la prise de sa smalah, décida de se rendre au duc d’Aumale, qui avait remplacé Bugeaud. En 1848, le gouverneur général Randon dut encore combattre jusqu’en 1857, date à laquelle l’opération qu’il mena en Grande Kabylie fut considérée comme la fin de la conquête. Les pertes françaises avaient dépassé les 100.000 morts, pour 75% du fait de maladies et d’épuisement; les pertes indigènes sont très difficiles à évaluer, mais furent beaucoup plus lourdes. Ce «désastre démographique» a été inégal selon les régions et a fragilisé une société qui subit quasiment dans le même temps un choc microbien lui aussi d’une grande brutalité. Enfin, la tentative de l’émir de construire un État indépendant et moderne ont marqué les esprits: l’émir est considéré comme le fondateur de la nation algérienne. Les hésitations sur l’organisation de l’Algérie. Après la conquête, l’organisation de la colonie, qui ne fut officiellement désignée sous le nom d’Algérie qu’en 1839, suivit les soubresauts de l’histoire institutionnelle de la France. Ce furent les militaires qui administrèrent le pays: les officiers devaient parler l’arabe et protégèrent les indigènes des colons. Une ordonnance du 15 avril 1845 avait institué un territoire civil assimilé au territoire de la métropole. L’article 109 de la Constitution de 1848 stipula que «le territoire de l’Algérie et des colonies est déclaré territoire français». On créa donc, sur la zone littorale, trois départements subdivisés en arrondissements. Peu étendue à l’origine, la superficie de ces départements s’accrut au fur et à mesure de l’augmentation du nombre de communes. Mais la République ne dura guère et le 2 décembre 1852 le Second Empire la remplaça. Jusqu’en 1858, Napoléon III ne choisit pas clairement d’orientation, ce qui laissa aux

1911 - 1912, en liaison avec l’expédition italienne en Tripolitaine, éclatèrent des troubles graves. Cette installation française suscita la fureur des Italiens; une convention fixa, en 1896, les droits de la communauté italienne, beaucoup plus importante que la communauté française. En Égypte, Londres avait refusé de s’associer à l’opération de creusement du canal de Suez. Les Britanniques bombardèrent Alexandrie en juillet et occupèrent le pays: l’Égypte se trouva sous un statut original qui était un protectorat de fait; ce n’est que le 18 décembre que le protectorat fut effectivement proclamé. Londres traité l’Égypte comme une colonie de 1882 à 1914. Le pays devint un gros fournisseur de coton des entreprises britanniques – un coton de qualité supérieure, dont la France avait introduit et développé la culture. Cette présence britannique entraîna de multiples troubles, parfois violents. Le sort du Marco fut arrêté au début du XXe^ siècle, au terme d’un large marchandage. Londres avait imposé en 1856 à un Maroc déjà fragile de commerce favorable aux intérêts européens. Il est vrai que pour la Grande-Bretagne le Maroc était un marché important. Bismarck, pour en faire une pièce dans le jeu diplomatique contre la France, encouragea les Allemands à s’implanter au Maroc. En 1890, la pénétration économique allemande n’était pas négligeable: un traité de commerce et une ligne de navigation régulière. Ce succès économique permit à Berlin de parler fort au moment de fixer le sort du Maroc. La France réussit a s’ouvrir une possibilité d’action en réglant bilatéralement les difficultés avec les puissances susceptibles de s’opposer à elle au Maroc. Les Italiens obtinrent un statut privilégié en Tunisie; la France accepta en 1902 par un accord secret les revendications italiennes sur la Tripolitaine, en échange d’un appui italien à son installation au Maroc. L’Espagne pouvait faire valoir le poids de ses ressortissants au Maroc; mais, après la défaite de 1898, l’Espagne ne pouvait pas être trop exigeante et ne pouvait rien tenter sans l’appui anglais. La première crise fut celle de 1905: le coup de Tanger. Paris accepta une conférence internationale pour faire tomber l’agitation nationaliste qui s’était déclenchée; réunis à Algésiras, les diplomates ne purent que constater l’isolement de l’Allemagne et finalement on confia à la France, et à un moindre degré à l’Espagne, le pouvoir de police dans huit grandes villes du littoral. L’aggravation des troubles au Maroc ne tarda pas à fournir à la France l’occasion d’intervenir, en outrepassant le mandat qu’elle avait reçu à Algésiras. L’entrée de troupes françaises à Fès et espagnoles à Larache, en 1911, en violation des accordes, permit à l’Allemagne de rouvrir la question marocaine. Le 4 novembre 1911, le Reich accepta le protectorat français sur le Maroc en échange de compensations en Afrique noire et sans que les intérêts économiques allemands au Maroc eussent à en souffrir. L’annonce du protectorat entraîna un soulèvement général du pays. La situation était grave, et les chefs religieux qui voulaient chasser les infidèles se multipliaient. Enfermé dans sa nouvelle capitale, Rabat, le sultan n’eut plus qu’un rôle d’apparat: à côté de l’administration traditionnelle, on organisa des ministères à l’européenne.

La dernière installation européenne en Afrique blanche fut tardive. La guerre italo- turque de 1911-1912 permit à l’Italie de se faire céder par le traité de Lausanne la pleine souveraineté sur la Cyrénaïque et la Tripolitaine. Dans le mois qui suivirent, la France et l’Italie se reconnurent leurs situations respectives en Afrique blanche. Dans l’entre-deux-guerres, l’Italie se trouva en décalage par rapport à l’esprit du temps; puis, pour constituer une vaste Empire dans la corne de l’Afrique, Rome décida de conquérir l’Éthiopie. Cette fois, elle eut condamnée pas les démocraties, même si, dans une premier temps, la France et la Grande-Bretagne étaient disposées à s’accommoder de l’agression, avant de se rétracter du fait de mouvements d’opinion. La colonisation de l’Afrique noire. Les relations de l’Europe avec l’Afrique noire sont anciennes, mais elles étaient moins fortes qu’avec l’Afrique blanche et les implantations européens y étaient très faibles. Ces relations s’intensifièrent à partir de 1830: cela explique l’importance donnée, en France, à des projets de liaisons ferroviaires transsahariennes. De multiples explorations avaient permis d’améliorer la connaissance du continent. Ce fut par le biais de ces explorations que la Belgique devint une puissance coloniale. En 1876, un congrès de géographes et d’explorateurs, convoqué à Bruxelles par Léopold II, fonda l’Association internationale africaine. La Conférence de Berlin vit les puissances reconnaître l’état indépendant du Congo propriété de Léopold II de Belgique; en 1890, Léopold finit par léguer le Congo au royaume de Belgique. En 1880 encore, l’implantation des Européens en Afrique noire était insignifiante. En 1883, pour effacer l’humiliation égyptienne, Paris décida de ratifier le traité conclu entre Savorgnan de Brazza et le roi Makoko. De son côté, Jauréguiberry élaborait un programme d’acquisition en Afrique de l’Ouest. Bismarck proposa la rencontre de Berlin qui réunit, de novembre 1884 à février 1885, quatorze participants. Les principales décisions de la conférence portaient sur la reconnaissance de l’Association internationale du Congo comme état et la liberté commerciale dans le bassin du Congo; on renouvela l’interdiction de la traite négrière; on réaffirma la résolution d’assurer la protection des missions; enfin, on se mit d’accord sur quelques principes de validation des nouvelles occupations. La conférence accéléra le partage, la conquête pure et simple prit le pas sur la démarche de découverte géographique et d’implantation économique, dans une compétition où tous les pays entrèrent. Les occupations ne s’effectuèrent pas sans rivalités, ni sans crises, mais celles-ci furent toujours résolues par des négociations et nombreux accords bilatéraux furent signés. On peut prendre à titre d’exemple celui de 1886, conclu entre la Grande- Bretagne et le IIe^ Reich: les territoires correspondant aux actuels Kenya, Ouganda et Tanzanie furent divisés en deux zones d’influence. La France, garante des traités de 1886, n’avais pas été consultée sur les modifications ultérieures. Elle protesta et obtint des sessions d’Afrique occidentale avec celles situées à l’est du lac Tchad par le nord dudit lac; on fixa définitivement la frontière entre le Dahomey «français» et le Nigeria britannique et Londres reconnut le protectorat sur le Madagascar.

majorité dans les territoires coloniaux. Mais il ne fut pas adopté: la Constitution de 1946 comportait des dispositions dont la combinaison rendait impossible toute évolution des colonies, sauf à réviser le titre VIII de la Constitution. En effet, le texte constitutionnel déclarait la République «une et indivisible» et définissait le territoire de la République comme englobant celui de la France métropolitaine plus ceux tous les territoires d’outre-mer. La guerre d’Indochine. Depuis 1940, le Japon occupait l’Indochine, que l’administration française, restée aux ordres du régime de Vichy, continuait à administrer, en essayant de préserver les intérêts français. Le 9 mars 1945, les forces japonaises rompirent ce fragile équilibre, désarmèrent les troupes françaises, éliminèrent l’administration et offrirent l’indépendance aux trois états composant l’Indochine française en échange du maintien d’une collaboration économique dans le cadre de la Grande Asie. Le 11 mars on décréta l’indépendance du Vietnam. Le lendemain, Ho Chi Minh, lança un appel à la résistance contre les Japonais, suivi du mot d’ordre d’insurrection générale le 10 août 1945. Ayant réussi à pénétrer à Hanoï, il y proclama l’indépendance de la République démocratique du Vietnam le 2 septembre. Pendant que se déroulaient ces événements, les alliés avaient décidé que les Japonais seraient désarmés par les forces chinoises, et Roosevelt avait pensé, excluant tout retour des Français en Indochine, que celle-ci serait dans la zone d’influence chinoise. Ho Chi Minh acceptait le retour des troupes françaises et la France reconnaissait la République du Vietnam comme un état «libre» ayant son gouvernement, son Parlement, ses finances et son armée, et membre de la Fédération indochinoise et de l’Union française. L’accord lassait deux points en suspens:

  • La question de la traduction du mot « doc-lap » que les Français traduisent par « libre » et les vietnamiens par « indépendant »
  • L’organisation d’un référendum en Cochinchine pour savoir si la population souhaitait faire partie de la République du Vietnam De Gaulle avait nommé D’Argenlieu comme haut-commissaire en Indochine. L’amiral désapprouvait l’accord du 6 mars et voulait empêcher toute concession supplémentaire de la France en septembre; il considérait que le Viet-Minh n’était fort que de la faiblesse de la France et il fit proclamer la Cochinchine République autonomie. En quelques semaines, dans un climat qui s’était inversé, la situation ne cessa de se dégrader et, après quelques incidents, le 19 décembre 1946 le Viet-Minh tenta un coup de main dur Hanoï, qui marque le début de la guerre. Le gouvernement français se trouva en charge d’une guerre qu’il n’avait ni voulu, ni été capable d’empêcher et qu’il ne sut pas davantage conduire. N’ayant pas compris que l’on ne s’appuie que sur ce qui résiste, au lieu de négocier avec Ho Chi Minh, Paris chercha à lui opposer un adversaire plus complaisant pour les intérêts français: elle choisit Bao Daï et elle lui accorda sous la pression des États-

Unis. La guerre d’Indochine était devenue la lutte du Vietnam de Bao Daï, allié à la France, contre la rébellion communiste du Viet-Minh. Le Viet-Minh bénéficia d’une aide chinoise dès 1949, qui s’accrut après l’armistice en Corée en 1953. La France arriva à la Conférence de Genève avec une vraie volonté de mettre un terme à la guerre. Les accords de Genève furent conclus les 20 et 21 juillet et ratifiés à trois États de l’ex-Indochine français. Les puissances reconnaissaient l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale des trois nouveaux États indépendants. Dans un délai de deux ans, des élections libres devaient être organisées au Vietnam sous contrôle international et le pouvoir ainsi installé opérait la réunification. Ces élections ne furent bien évidemment jamais organisées. Cette violation des accords permit aux États-Unis de justifier leur appui au Vietnam du Sud pour tenter de réaliser l’unité du pays. La décolonisation de l’Afrique blanche et du Proche-Orient. La volonté de recouvrer leur indépendance était aussi forte dans cet espace colonial qu’en Asie. Mais la décolonisation y prit davantage de temps, du fait du refus de la France d’accepter de se retirer de ses possessions. La décolonisation italienne. Elle découla de la défaite de l’Italie mussolinienne. Le traité de paix de 1947 mit un terme à la colonisation italienne; mais l’Italie chercha à obtenir, sous contrôle de l’ONU, la tutelle de ses anciennes possessions. Ce fut un échec, sauf pour la Somalie qu’elle administra jusqu’en 1960. La décolonisation anglaise. La Grande-Bretagne espérait conserver au Proche- Orient un rôle important. En 1941, elle avait lancé l’idée d’une fédération d’États arabes. Le 22 mars 1945, la Ligue arabe fut officiellement constituée et décida de s’installer en Égypte. En Irak, l’indépendance fut confirmée et devint pleine et entière. L’Égypte devint réellement indépendante, mais autorisait des troupes britanniques à stationner dans la zone de Suez. La décolonisation française. En 1945, dans le Maghreb, tout poussait les populations à penser que l’heure de l’indépendance était proche. Sacrifices consentis, Charte de l’Atlantique, création de la Ligue Arabe constituaient autant de raisons d’espérer que des aspirations anciennes seraient, enfin, prises en considération. La Tunisie. L’agitation fut à peu près permanente en Tunisie après 1945. Sous la pression du colonat, le résident général qui venait d’être nommé avait pour mission de préparer l’indépendance tunisienne. Aussi, à partir de 1952, des groupes de fellagha se constituèrent et se mirent à attaquer les fermes françaises dans la région du Cap Bon. C’est dans ce climat de tension croissante que le 31 juillet 1954 Pierre Mendès France prononça un discours à Carthage: le mécanisme de la décolonisation était en

nationalistes algériens. Le 9 avril 1954, fut créé le Comité révolutionnaire d’unité et d’action (CRUA). La France combattait depuis dix-huit mois l’agitation nationaliste en Tunisie; le Maroc était sporadiquement agité par des violences plutôt urbaines. En juillet, les accords de Genève accordèrent l’indépendance aux possessions d’Indochine et France s’engageait à faire évoluer le statut de la Tunisie. Les militants algériens ne voulurent pas que les Algériens fussent les oubliés de la décolonisation. Le 1 er novembre 1954, le CRUA, qui était devenu la FLN, décida d’organiser une série d’attentats qui, en principe, ne devaient viser que des musulmans au service de l’autorité française. La réaction du gouvernement fut on ne peut plus claire: l’Algérie était française. Le principe fondamental en question était l’unité de la France. Alors qu’elle venait tristement de mettre un terme à huit années d’une guerre coûteuse, meurtrière et inutile, la France plongeait à nouveau dans une lutte qu’elle refusa de qualifier de guerre. Ce n’était pas davantage une guerre civile, le FLN n’aspirant nullement à gouverner la France. Elle prétendit simplement rétablir un ordre public troublé par des groupes qui s’étaient mis hors-la-loi. [???] La décolonisation de l’Afrique noire française. Cet espace africain se caractérisait par une population peu abondante et extrêmement dispersée. En Afrique Occidentale Français (AOF), il y avait de 16 millions d’habitants, selon les données établies par l’administration coloniale. Cette population était majoritairement rurale, et ces caractères rendaient difficile l’organisation de formations de masses, politiques ou syndicales. La première Assemblée constituante, avant de se séparer, adopta, le 7 mai 1946, la loi Lamine Gueye, attribuant la citoyenneté française à tous les sujets d’outre-mer. Houphouët-Boigny avait créé, en 1945, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, puis le Rassemblement Démocratique Africain. Mais il voulait mobiliser les masses africaines et il disait clairement souhaiter l’appui des «forces démocratiques et progressistes du monde entier et en premier lieu de celles du peuple français». Ce parti n’était pas marxiste, mais entretenait des liens assez étroits de collaboration avec le PCF; mais, après mai 1947 et le départ des ministres communistes, ces avantages devinrent un énorme handicap: accusé de crypto-communisme, le crime majeur, les militants et responsables du RDA furent en butte aux pires difficultés avec l’administration et la police. Fin 1949, on lui imputa la responsabilité de l’agitation qui frappait la Côte d’Ivoire: on lança un mandat d’arrêt contre Houphouët-Boigny. C’est alors que Mitterrand fit la démonstration de son habilité politique: ministre de la FOM, il réussit à convaincre les leaders du RDA de rompre avec le PCF, mais Mitterrand laissa l’administration soutenir les Africains modérés encore quelques temps et le RDA ne bénéficia d’aucune faveur pour les élections de 1951. En 1948, quelques élus d’Afrique subsaharienne organisèrent un nouveau mouvement politique, le Mouvement des Indépendants d’outre-mer. Dès sa création, mais plus

encore après son succès électoral de 1951, ce nouveau mouvement milita pour une révision du titre VIII et la création d’une république fédérale à la place de l’Union Française. Puisque le domaine colonial se mettait à coûter plus qu’il ne rapportait, il convenait de décoloniser. On revenait aux thèses des libéraux et l’exemple des Pays-Bas attestait de la possibilité d’un haut niveau de vie, même après la perte du domaine colonial. En effet, du fait des pressions du Conseil de tutelle de l’ONU sur le gouvernement français, le Togo avait obtenu en 1955 la mise en place d’une Assemblée législative, élue au collège unique, dotée d’une large compétence et d’un Conseil de gouvernement que le haut-commissaire devait obligatoirement consulter dans l’exercice de son pouvoir réglementaire. Dans ce contexte, le Parlement français se vit proposer la loi-cadre Defferre. La loi fut adoptée le 23 juin 1956: elle établit définitivement le suffrage universel et le collège unique, sauf en Algérie où elle ne s’appliquait pas. Elle dotait les assemblées élues des pouvoirs délibérants et leurs décisions dans les matières locales étaient exécutoires sans aucune restriction. Les assemblées territoriales élisaient un Conseil de gouvernement, dirigé par son vice-président, le gouverneur étant président de droit. Elle établissait l’accès égal à tous les emplois publics ce qui permit d’amorcer une indigénisation des cadres. Mais les leaders africains eurent beaucoup de mal à proposer un prolongement à la politique de Defferre: en septembre 1957, le RDA demanda la création d’une fédération regroupant toute l’Afrique noire française, y compris Madagascar. Le référendum visant l’adoption de la Constitution de 1958 permettait aux territoires d’outre-mer de choisir entre diverses possibilités. Ils pouvaient voter en faveur de «oui» et ce choix leur ouvrait trois voies:

  1. Ils avaient la possibilité de rester des territoires d’outre-mer
  2. Ils pouvaient demander à devenir des départements d’outre-mer
  3. Ils pouvaient décider de devenir des États membres de la Communauté Choisir de voter en faveur de «non» revenait à rompe immédiatement les liens avec la France et rendait, ipso facto , le territoire qui faisait un tel choix indépendant. Le texte de la nouvelle Constitution permettait une évolution, un État membre de la Communauté, comme la République française, pouvait prendre l’initiative d’une démarche en vue d’un changement de statut. Seule la Guinée vota en faveur de «non»: dès la fin de l’année 1960, ils étaient tous devenus indépendants. La Polynésie et la Nouvelle-Calédonie ne cherchèrent pas à s’émanciper; la France réussit même à renforcer son emprise sur elles. Au milieu des années 1960, la majeure partie des colonies s’était émancipée de ses métropoles.