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Dans cette analyse, nous examinons la scène trois de la deuxième partie de Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, où Antoine tente de s'affranchir de la culpabilité en accusant son frère Louis. Nous explorons comment le thème de la famille, la culpabilité et la révolte sont mis en évidence par le personnage d'Antoine et comment la parole est utilisée pour affirmer son autorité et imposer des rôles. Nous soulignons également comment cette scène illustre la distribution des rôles dans la famille et comment elle peut être interprétée comme un théâtre permanent.
Typology: High school final essays
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Lecture analytique de la tirade du frère deuxième partie, scène 3 (« Tu me persuadais … à t'attendre. ») Introduction : le thème de la famille est un lieu de prédilection de la tragédie antique et classique, parce qu'elle est un creuset inépuisable d'histoires puisées dans la mythologie notamment. Mais ce thème est également investi par le théâtre contemporain. Son caractère tragique est beaucoup moins visible, puisque la parole est dépourvue de tout caractère fatidique – le drame même semble souvent s'être absenté, amenuisé. Cette scène de Juste la fin du monde est proche de la fin de la pièce : Louis n'a rien dit, mais sa présence cristallise les tensions, fait ressurgir les failles de cette famille. La tirade d'Antoine est celle d'un règlement de compte. On peut s'interroger ici sur l'impact de sa tentative. La parole peut-elle encore avoir un pouvoir quelconque dans une telle situation? I- Un règlement de comptes.
adresse directe : importance de la deuxième personne. Cette adresse s'apparente, au fil du discours, à une accusation , ce que montre le passage assez brusque au présent d'énonciation l. 73 « tu le sais comme moi je le sais et celles-là le savent aussi, et tout le monde aujourd'hui voit ce jeu clairement ». Antoine accuse explicitement son frère de « supercherie » avec une assurance affirmée « je suis certain de ne pas me tromper » l.78 : « tout ton soi-disant malheur n'est qu'une façon que tu as, que tu as toujours eue et que tu auras toujours (…) de tricher » : condamnation sans appel et caractère définitif marqué par l'emploi et la répétition de l'adverbe, appuyé par la déclinaison des temps. On peut noter aussi l'emploi réitéré de la locution restrictive « ne ...que » qui a pour effet de minimiser, de réduire à néant le malheur assigné à Louis l.80 : « tout ton malheur ne fut jamais qu'un malheur soi-disant » cf aussi l. 92. « Tu n'as pas mal » accusation dénonçant le mensonge de son frère. Ironie cinglante de certaines expressions : « tu suais le malheur » : la connotation péjorative tend à jeter le discrédit sur son frère. « jouir du spectacle apaisant enfin de ta survie légèrement prolongée » : l'hyperbole dénonce avec une certaine dérision le chantage qu'exerce Louis sur le cercle familial.