Barbusse, Le feu : Une vision des soldats et de leur langage, Study notes of French Literature

Dans ce document, nous découvrons une analyse détaillée du premier chapitre de Barbusse, Le feu. Nous examinons comment les personnages sont décrits et comment la langue est utilisée pour dépeindre leur expérience de la guerre. Nous abordons les concepts de « la vision» et «les grands mots» et comment ils contribuent à la signification du texte.

Typology: Study notes

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Littérature Française
Cour 10 oct. 18
Barbusse, Le feu - journal d’une escouade
« La vision »
Le premier chapitre est écrit en italique :
Il y a une série de personnages qui n’ont pas de nom. Ces personnages sont décrits de manière non
réaliste, car :
Ils ne sont jamais décrits
On ne connaisse pas leur apparence physique
Ils sont seulement décrits comme des fantômes : blancs, pales, désincarnées
Ces personnages se trouvent dans un sanatorium lorsque la guerre est déclarée. Dans l’hôpital ils
peuvent voir la vallée en bas. C’est un lieu hors de la vie, hors de la réalité qui offre un point de vue
privilégié de voir de loin et de haut la réalité. Ceci est l’inverse de ce qui va se passer dans le
roman. Les personnages sont des pacifiés absolus car ils ne supportent pas forcement leurs pays et
de haut ils voient ce qui se passe en bas. « La vision » car c’est une vision des espèces de plantes,
des espèces d’hommes.
« Dans la terre »
Les soldats se trouvent dans les tranchés, sous le sol et dans la terre. On commence par une
description qui rappelle la dernière description par laquelle se terminait la description du chapitre
précédent « vision ».
On est dans un lieu de désert, rempli d’eau et boue. On décrit cette plaine remplie de boue et les
soldats par leurs habits. Cette description ne passe pas seulement par les yeux mais aussi par l’odeur
« qui sent mauvais autour de chaque abri, à cause de l’urine de la nuit ». Donc on passe d’une
description visuelle à une description de l’odeur forte dans les tranchés.
Ensuite, on passe aussi à la forme de « je » et qui prend la charge de la narration. Mais puis le « je »
se transforme en « nous ». Ceci veut dire qu’il y a un intellectuel qui sait écrire et il donne la parole
aux membres des escouades. Ces membres sont décrits comme des espèces d’hommes animaliers
comme des ours et pingouins. Ils ne sont pas du tout élégants et sont caractérisés par une manière
maladroite.
On commence à entendre la guerre : « Tac ! Tac ! Pan ! » Les soldats ont oublié où ils sont et ils
sont habitué aux bombes comme aux horloges dans les appartements « tic-tac ». Un discours direct,
dialogue entre dans le récit.
On entend la voix des soldats qui s’expriment par un discours direct « encore une nuit de passé,
mon pauv’vieux » dans une langue parlée, populaire avec des élisions et des expressions.
Les soldats parlent dans ce chapitre de :
L’attaque qu’il y a eu dans la nuit
Ils insistent sur l’odeur « des pieds des gens qui passaient » et des poux/la saleté pendant la
guerre
Ils parlent aussi de l’attente. D’une part l’attente des permissions et de l’autre part l’attente
des situations de la nourriture et des courriers. La vie au quotidien des soldats n’est pas faite
des combats vécus directement, mais plutôt l’attente. Ils sont réduits à un état d’animaux,
car ils sont contents quand la nourriture arrive, ils sont sales.
Le « nous » serait pris comme « nous » ou « on », celle de l’escouade. Le « je » présent l’équipe par
le « nous » comme des hommes de toutes âges qui se ressemblent parce qu’ils sont des animaux.
L’animalité les mets sur le même plan. Et ensuite la langue va être mise en avant dans le roman qui
va raconter cette expérience.
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Littérature Française

Cour 10 oct. 18

Barbusse, Le feu - journal d’une escouade « La vision »

Le premier chapitre est écrit en italique : Il y a une série de personnages qui n’ont pas de nom. Ces personnages sont décrits de manière non réaliste, car :

  • Ils ne sont jamais décrits
  • On ne connaisse pas leur apparence physique
  • Ils sont seulement décrits comme des fantômes : blancs, pales, désincarnées

Ces personnages se trouvent dans un sanatorium lorsque la guerre est déclarée. Dans l’hôpital ils peuvent voir la vallée en bas. C’est un lieu hors de la vie, hors de la réalité qui offre un point de vue privilégié de voir de loin et de haut la réalité. Ceci est l’inverse de ce qui va se passer dans le roman. Les personnages sont des pacifiés absolus car ils ne supportent pas forcement leurs pays et de haut ils voient ce qui se passe en bas. « La vision » car c’est une vision des espèces de plantes, des espèces d’hommes.

« Dans la terre » Les soldats se trouvent dans les tranchés, sous le sol et dans la terre. On commence par une description qui rappelle la dernière description par laquelle se terminait la description du chapitre précédent « vision ». On est dans un lieu de désert, rempli d’eau et boue. On décrit cette plaine remplie de boue et les soldats par leurs habits. Cette description ne passe pas seulement par les yeux mais aussi par l’odeur « qui sent mauvais autour de chaque abri, à cause de l’urine de la nuit ». Donc on passe d’une description visuelle à une description de l’odeur forte dans les tranchés. Ensuite, on passe aussi à la forme de « je » et qui prend la charge de la narration. Mais puis le « je » se transforme en « nous ». Ceci veut dire qu’il y a un intellectuel qui sait écrire et il donne la parole aux membres des escouades. Ces membres sont décrits comme des espèces d’hommes animaliers comme des ours et pingouins. Ils ne sont pas du tout élégants et sont caractérisés par une manière maladroite.

On commence à entendre la guerre : « Tac! Tac! Pan! » Les soldats ont oublié où ils sont et ils sont habitué aux bombes comme aux horloges dans les appartements « tic-tac ». Un discours direct, dialogue entre dans le récit. On entend la voix des soldats qui s’expriment par un discours direct « encore une nuit de passé, mon pauv’vieux » dans une langue parlée, populaire avec des élisions et des expressions. Les soldats parlent dans ce chapitre de :

  • L’attaque qu’il y a eu dans la nuit
  • Ils insistent sur l’odeur « des pieds des gens qui passaient » et des poux/la saleté pendant la guerre
  • Ils parlent aussi de l’attente. D’une part l’attente des permissions et de l’autre part l’attente des situations de la nourriture et des courriers. La vie au quotidien des soldats n’est pas faite des combats vécus directement, mais plutôt l’attente. Ils sont réduits à un état d’animaux, car ils sont contents quand la nourriture arrive, ils sont sales. Le « nous » serait pris comme « nous » ou « on », celle de l’escouade. Le « je » présent l’équipe par

le « nous » comme des hommes de toutes âges qui se ressemblent parce qu’ils sont des animaux. L’animalité les mets sur le même plan. Et ensuite la langue va être mise en avant dans le roman qui va raconter cette expérience.

« Les gros mots » Barbusse a déjà compris que la langue est un enjeu très important. Le fait que l’œuvre ne reproduise pas exactement ces textes, donne déjà l’écrit des états de choses. Il a choisi son espoir à travers son expression, sa langue. C’est pourquoi il consacre un chapitre dans ce livre à la question linguistique et du réalisme. Ce chapitre est un dialogue entre deux personnes : Barque et le narrateur. Barque est quelqu’un de moins poli, tandis que le narrateur est l’opposé, un écrivain très poli et élégant. Le narrateur s’exprime de manière exacte, tandis que Barque s’exprime d’une manière très colorée avec une langue qui relie les soldats entre eux, la langue créée par le groupe. « Il vient vers mois à quatre pattes » est le soldat animalisé, réduit de manière primitif quand le narrateur était en train d’écrire. Barque parle d’une manière savoureuse, il est en train de manger et savourer le chocolat et bafouille la bouche pleine. Le narrateur est décrit comme quelqu’un qui écrit et tient dans sa main le crayon. Pour l’un le lieu de l’expression est la bouche et pour l’autre c’est l’écriture.

Le narrateur observe le personnage, il a la tâche d’observer et d’écouter. Le narrateur demande d’utiliser un langage. Puisqu’il connaît les différences dans les usages linguistiques des soldats et du narrateur, et qu’il sait que le narrateur va écrire à propos de la guerre, il se demande s’il donnera la parole finalement au soldat. S’il s’exprimera de la même manière dont il s’exprime en vrai.

« En lousdoc, lousdé » vient de « en douce ». Le verlan est l’inversion de syllabes phonétiques des mots. Le « louchébem » vient de « boucher » est un argot né du verlan, mais compliqué : « lou » + « dé/doc ».

Barque demande si le narrateur aura le courage « c’est courageux ça, parce que ça s’fait pas ». Au moment où le narrateur dit « oui » il met les grands-mots où il faut, parce qu’il dit « je mettrai les grand-mots à leur place, parce que c’est la vérité ». Donc une déclaration d’intention réaliste du langage grossier, argotique. Au milieu du livre, le narrateur (qui n’est pas l’auteur) s’engage sur la partie réaliste qui est un geste.

La question de la langue dans le récit de la guerre est débattue. Jusqu’aux années vingt, on sous- entendait en littérature le cloisonnement énonciatif : qui veut dire que le langage argotique est entré en littérature dans des discours en dialogue. Mais les discours du narrateur restent dans une langue standard du français. Donc il y a des espaces pour le français standard et des espaces pour les dialogues. Barbusse accepte ce cloisonnement et on reste dans une modalité comme chez Zola. Ceci changera chez Céline, car à ce moment-là le narrateur va s’exprimer de même manière comme les personnages. Mais pourquoi? Philip Baudorre met en discussion le chapitre « les grands mots » et dit que le cloisonnement est respecté, mais que la présence des dialogues en langue argotique est tellement massive dans le roman. Chez Barbusse les dialogues assument des dialogues qui sont des habitudes réservées aux discours du narrateur et parmi celle-ci, la description , la narration et le discours idéologique. Dans ce roman il arrive que les descriptions soient prises en charge par les personnages et qui se traduisent dans une langue (argotique). Donc la description était réservée au narrateur.

« La permission » Est la narration de la permission d’un personnage. On parle d’un récit dans un récit, car un narrateur second prend en charge une partie de la narration. Cette narration sera aussi dans la langue des personnages. Le fait que la narration soit de temps en temps attribué aux personnages, permet de remplir une autre fonction typique des récits authentiques et réalistes de cette période : c’est-à-dire de rester fidèle à l’expérience du narrateur mais aussi l’exigence de varier la narration.

Pourquoi? Si le narrateur prie ses lecteurs de croire que ce qu’il raconte relève entièrement d’une expérience vécue, il ne peut raconter ce qui l’a vu, les réalités auxquelles il a assisté. Du coup sa narration sera