le langage du journal, Study notes of French Language

cours de linguistique francaise

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2020/2021

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Linguistica francese
Lezione 1 – 1/03/2021
DISCOURS
- Organisation au-delà de la phrase: il mobilise des structures d’un autre ordre que celles de la
phrase.
- Orienté : le discours se construit en fonction d’une fin, il est censé aller quelque part
- Forme d’action : toute énonciation constitue un acte de langage (voir pragmatique)
- Interactif : toute énonciation, même produite sans la présence d’un destinataire est un échange,
explicite ou implicite, avec d’autres locuteurs
- Contextualisé : il n’y a de discours que contextualisé, on peut assigner un sens à un énoncé hors
contexte.
- Pris en charge par un sujet : rapporté à une instance qui à la fois se pose comme source du dire et
indique quelle attitude il adopte à l’égard de ce qu’il dit et de son interlocuteur
- Régi par des normes : soumis à des normes sociales et à des lois du discours. Chaque acte de
langage implique des normes particulières.
- Pris dans l’interdiscours : les énoncés sont en relation entre eux. Il faut le mettre en relation avec
les autres pour comprendre.
Enonciation : mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation.
Analyse de discours : définition plus large, comme des traces de l’énonciateur, situation de communication,
scène d’énonciation, interdiscours…
Enoncé : par ex. ‘paul !’ ‘quelle fille !’. Ce n’est donc pas une phrase : une phrase devient un énoncé si par
exemple la phrase ‘ne pas fumer’ quand il y a un contexte.
Types de discours : attachés à un certain secteur d’activité de la société : discours administratif, publicitaire,
touristique, journalistique, avec toutes les subdivisions dont on peut avoir besoin
Genres de discours : les types de discours englobent un certain nombre de genres de discours, entendus
comme des dispositifs de communication socio-historiquement variables.
Genres de discours
- Des dispositifs de communication qui ne peuvent apparaitre que si certaines conditions socio-
historiques sont réunies (éditorial, talk-show, guide touristique…)
- Dans chaque société ou type de société on ne trouve pas les mêmes genres de discours ni les
mêmes manières de participer aux ‘mêmes’ genres.
Type de discours médiatique : ensemble plus vaste où figurent aussi le type de discours radiophonique et
celui de la presse écrite et de la presse en ligne.
- Type de discours journalistique : genres de discours : la chronique, l’éditorial, le fait divers, …
- Type de discours radiophonique : genres de discours : l’interview, le phone in, …
Compétence générique :
Même si nous ne maitrisons pas certains genres, nous sommes le plus souvent capables de les identifier et
de nous comporter de façon convenable à leur égard. C’est à partir du moment où nous identifions un
énoncé comme une affiche publicitaire, un sermon, un cours de langue vivante, que nous pouvons adopter
à son égard l’attitude qui convient. On se sent par exemple en droit de ne pas lire et de jeter à la poubelle
un papier identifié comme tract publicitaire et de garder, en revanche, une lettre recommandée.
La compétence strictement linguistique ne suffit pas pour interpréter un énoncé ; la compétence générique
et la compétence encyclopédique jouent un rôle essentiel.
Normes et routines du ‘genre’
Le genre de discours est un ‘contrat de communication’ réglé par des normes.
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Linguistica francese Lezione 1 – 1/03/ DISCOURS

  • Organisation au-delà de la phrase: il mobilise des structures d’un autre ordre que celles de la phrase.
  • Orienté : le discours se construit en fonction d’une fin, il est censé aller quelque part
  • Forme d’action : toute énonciation constitue un acte de langage (voir pragmatique)
  • Interactif : toute énonciation, même produite sans la présence d’un destinataire est un échange, explicite ou implicite, avec d’autres locuteurs
  • Contextualisé : il n’y a de discours que contextualisé, on peut assigner un sens à un énoncé hors contexte.
  • Pris en charge par un sujet : rapporté à une instance qui à la fois se pose comme source du dire et indique quelle attitude il adopte à l’égard de ce qu’il dit et de son interlocuteur
  • Régi par des normes : soumis à des normes sociales et à des lois du discours. Chaque acte de langage implique des normes particulières.
  • Pris dans l’interdiscours : les énoncés sont en relation entre eux. Il faut le mettre en relation avec les autres pour comprendre. Enonciation : mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation. Analyse de discours : définition plus large, comme des traces de l’énonciateur, situation de communication, scène d’énonciation, interdiscours… Enoncé : par ex. ‘paul !’ ‘quelle fille !’. Ce n’est donc pas une phrase : une phrase devient un énoncé si par exemple la phrase ‘ne pas fumer’ quand il y a un contexte. Types de discours : attachés à un certain secteur d’activité de la société : discours administratif, publicitaire, touristique, journalistique, avec toutes les subdivisions dont on peut avoir besoin Genres de discours : les types de discours englobent un certain nombre de genres de discours, entendus comme des dispositifs de communication socio-historiquement variables. Genres de discours
  • Des dispositifs de communication qui ne peuvent apparaitre que si certaines conditions socio- historiques sont réunies (éditorial, talk-show, guide touristique…)
  • Dans chaque société ou type de société on ne trouve pas les mêmes genres de discours ni les mêmes manières de participer aux ‘mêmes’ genres. Type de discours médiatique : ensemble plus vaste où figurent aussi le type de discours radiophonique et celui de la presse écrite et de la presse en ligne.
  • Type de discours journalistique : genres de discours : la chronique, l’éditorial, le fait divers, …
  • Type de discours radiophonique : genres de discours : l’interview, le phone in, … Compétence générique : Même si nous ne maitrisons pas certains genres, nous sommes le plus souvent capables de les identifier et de nous comporter de façon convenable à leur égard. C’est à partir du moment où nous identifions un énoncé comme une affiche publicitaire, un sermon, un cours de langue vivante, que nous pouvons adopter à son égard l’attitude qui convient. On se sent par exemple en droit de ne pas lire et de jeter à la poubelle un papier identifié comme tract publicitaire et de garder, en revanche, une lettre recommandée. La compétence strictement linguistique ne suffit pas pour interpréter un énoncé ; la compétence générique et la compétence encyclopédique jouent un rôle essentiel. Normes et routines du ‘genre’ Le genre de discours est un ‘contrat de communication’ réglé par des normes.

Tout genre de discours exige de ceux qui y participent qu’ils acceptent un certain nombre de règles connues et partagées. Un journaliste assume le contrat qu’implique le genre de discours auquel il participe. Pour un fait divers, par exemple, il est censé :

  • Dire la vérité
  • Choisir un thème qui relève du fait divers, donner toutes les informations nécessaires à la compréhension
  • Ne pas faire référence à des savoirs qui ne soient pas ceux de son lecteur-modèle. Le lecteur d’un fait divers, quant à lui, est en droit de voir respectées ces normes, qui sont pour lui autant d’attentes liées au genre. Ainsi, le rédacteur d’un fait divers suit une routine, qu’il adapte en fonction des circonstances. Scène générique et éthos Si toute énonciation implique une scène (le respect des routines, des normes du genre), il est aussi vrai que toute parole vient d’un énonciateur incarné. Même écrit, un texte est porté par une voix, celle d’un sujet au-delà du texte. L’ethos est l’image de l’énonciateur construite à travers le discours. Lezione 2 – 03/03/ L’ethos
  • L’ethos proprement rhétorique (voir Aristote) est lié à l’énonciation même, et non à un savoir extradiscursif sur le locuteur
  • C’est la stratégie de parole d’un locuteur (d’un énonciateur lorsqu’il s’agit d’un texte écrit) qui oriente le discours de façon à se façonner à travers lui une certaine identité.
  • Si l’on prend l’exemple de l’oral, c’est l’image de l’orateur à destination de l’auditoire. Ton de voix, débit de la parole, choix de mots et arguments, gestes, mimiques, regard, posture, parure, etc., sont autant de signes oratoires, vestimentaires et symboliques, par lesquels l’orateur donne de lui- même une image.
  • Quand il s’agit d’un texte écrit, on rapporte l’éthos au matériau proprement verbal, linguistique (le registre de langue, par exemple). Scène générique (exemple du critique de cinéma)
  • Toutes les critiques contiennent à la fois des informations sur le film et l’expression d’un jugement sur celui-ci.
  • La critique doit en effet d’une part présenter un nouveau film, et d’autre part en évaluer la valeur pour convaincre le lecteur d’aller le voir ou non.
  • De ce point de vue, le contrat générique est ici scrupuleusement respecté : d’abord un résumé du film, puis une évaluation prise en charge par le journaliste. Ethos
  • La longue introduction est par contre inattendue. Elle est essentiellement destinée à mettre en avant l’éthos du garant (à savoir le journaliste).
  • Mélange de mots relevant d’un registre élevé ou spécialisé (le premier long métrage ; cruel arbitrage ; …) et d’un registre familier (bambin ; assez sympa ; …)
  • Constructions parataxiques typiques de l’oral
  • On passe d’une énonciation assumée par l’énonciateur à la restitution de la voix des enfants (c’est promis) Autres exemples :
  • Marques de l’ancrage dans la situation d’énonciation : un ‘je’ implicite s’adresse à un vous qu’il prend en témoin (‘vous allez voir’) ; présence de déictiques temporels (‘l’an passé ; aujourd’hui…)

Lezione 4 – 15/03/ Polyphonie, discours direct

  • Polyphonie, notion introduite pour l’étude de la littérature romanesque par le linguiste russe Bakhtine
  • Elle a ensuite été utilisée en linguistique pour analyser les énoncés où plusieurs voix se font entendre simultanément
  • C’est ce qui se passe dans l’exemple cité plus haut : on entend à la fois la voix des journalistes (énoncé journalistique) et celle de certaines manifestantes (discours cité) Discours direct
  • Deux situations d’énonciation :
  • le discours direct (DD) ne se contente pas de dégager la responsabilité de l’énonciateur, il prétend restituer les paroles citées. On assiste à une dissociation nette entre la situation d’énonciation du discours citant et celle du discours cité.
  • le discours direct rapporte des paroles qui sont censées avoir été dites. Il est supposé indiquer les mots mêmes de l’énonciateur cité
  • toutefois, la situation d’énonciation du discours cité est toujours reconstruite par l’énonciateur du discours citant, qui peut lui donner un point de vue personnel
  • c’est lui qui met en scène le discours cité. Dans l’exemple ci-dessous, on constate deux mises en scènes différentes des même propos : dans le titre sans formule introductrice pour accrocher l’attention du lecteur ; dans le corps du texte avec formule et infos sur l’énonciateur cité.
  • Pourquoi le discours direct?
  • le choix du discours direct comme mode de discours rapporté est lié au genre de discours concerné.
  • on peut chercher à : faire authentique, en montrant qu’on rapporte les paroles mêmes ; mettre à distance ce qui est dit ; se montrer objectif, sérieux L’énonciateur générique
  • L’énonciateur générique
  • la source du propos cité n’est pas un individu mais une classe de locuteurs. L’énonciateur est ici le représentant d’un ensemble Le discours direct libre
  • Un discours rapporté qui a les propriétés linguistiques du discours direct, mais sans aucune signalisation. Indices de citation : le tour très oral et familier de l’énoncé ‘touche pas..pote’ ; Prise en charge de l’énoncé : on peut l’attribuer à un énonciateur générique qui serait le jeune type interrogé dans le sondage Le discours direct dans la presse italienne et française : approche contrastive
  • Il premier Conte : “All’Italia farebbe bene” Lezione 5 – 17/03/ Le discours direct dans la presse italienne et française : approche contrastive Exemple italien
  • Il premier Conte : “All’Italia farebbe bene”
  • “Per i miracoli non sono competente”, dice con tono ironico Philippe Menasché
  • “Una straordinaria partecipazione dei nostri giovani – ha commentato Conte – mio figlio di 12 anni ha fatto il primo sciopero della sua vita”. La position du discours peut varier. Position initiale, médiane, finale. Autres caractéristiques : Les deux points, les guillemets, la lettre capitale au début de la phrase, tirés. Exemple français
  • Mikhaïl Souslov, l’idéologue du parti, aurait alors déclaré : « On ne pourra pas le publier avant deux cent ans »
  • « Nous avons là un aperçu global de l’état du rugby », se félicite Corris
  • « Une carrière , disait Marie Dumas , retirée de la scène pour cause de maladie, c’est avant tout la santé » Pas de tirés, mais des virgules. Italique. Pas de deux points. Si Serianni (1988) mentionne l’emploi de l’italique en association avec les guillemets dans les citations brèves, Mortara Garavelli (2003) souligne, pour sa part, que l’italique peut remplir la même fonction que les guillemets et devenir ainsi un indice de polyphonie. Dans la presse italienne récente analysée, les guillemets ne figurent jamais avec l’italique et ce bien que cette possibilité soit prévue par les grammaires, les encyclopédiques et les traités de ponctuation, et soit également attestée dans les études. Position du discours citant : initiale, médiane ou finale? Souvent on trouve la position finale : Pour donner plus d’importance aux mots qui sont cités
  • Dans la presse française, les formes de discours direct avec discours citant en position finale et médiane sont beaucoup plus fréquentes et représentent près de 80%
  • Cette configuration est la plus courante aussi dans la presse quotidienne italienne surtout pour les effets communicatifs d’attente et de surprise qu’elle produit chez le lecteur.
  • Prédilection pour le discours citant en position finale en lien avec l’émergence dans la presse italienne d’un langage plus proche de l’oralité et de son expressivité.
  • Antonelli (2007) explique cela en termes de simulations d’interactions avec le lecteur, en particulier dans les nouvelles d’actualité. Discours direct dans les titres, exemples :
  • Bush : « La partie est terminée » (Le Monde)
  • Berlusconi: “Lega e fascisti sono finiti senza di me” (Repubblica)
  • Della vedova: «+ Europa sopravviverà senza Tabacci» (Corriere della Sera) Guillemets hauts/guillemets anglais Guillemets bas/guillemets français Il n’y a pas de verbe introducteur, il est sous-entendu. Les titres doivent être brefs En français, les occurrences du discours direct dans les titres contiennent un segment citant de forme considérablement réduite, qui se résume le plus souvent à un simple nom propre ou à un syntagme nominal peu développé. Ce type de titres, fort pénétrés par les citations directes, est emblématique de la presse écrite française. La reprise directe des dires est très fréquente dans les quotidiens français. Reppubblica emploi les guillemets hauts, le Corriere adopte en revanche les guillemets bas, ceux-ci étant du reste indiqués dans tous les écrits théoriques comme les guillemets qui introduisent le DD en italien. Effacement des signes typographiques dans les titres
  • Pour George Bus, « il est clair que l’Irak ne désarme pas » (Le Monde)
  • « Avec notre sang, nous te protégerons, Saddam! » (Le Monde)
  • Di Maio : consulteremo la base (Corriere della Sera)
  • Berlusconi : i fascisti e la Lega senza di noi non sanno vincere (Corriere della Sera)

Discours direct vs discours indirect

  • En général, la presse populaire préfère le discours direct au discours indirect
  • Pour un lectorat populaire le journaliste privilégie un rapport immédiat au vécu, les mots mêmes des gens, comme si le lecteur était présent dans la situation
  • Pour un lectorat cultivé, le journaliste se cache toujours derrière ce qui est dit. De là un usage plus fréquent du discours indirect et des formes d’hybridation (comme l’îlot textuel, par exemple)
  • Dans la presse italienne, on remarque une présence plus importante du discours indirect, qui revèle la construction d’une opinion, dans les journaux ouvertement connotés d’un point de vue politique (par exemple Il Manifesto) La modalisation
  • Le discours rapporté constitue une énonciation sur une autre énonciation. Mais il existe un moyen plus simple pour un énonciateur d’indiquer qu’il n’est pas le responsable d’un énoncé : il lui suffit d’indiquer qu’il s’appuie sur un autre discours. On parle alors de modalisation :
  • Selon X , la France prépare une riposte
  • La France, d’après des sources bien informées , prépare une riposte
  • La France, paraît-il , prépare une riposte
  • La France préparerait une riposte (conditionnel journalistique)
  • La Cour des comptes vient d’achever un enquête sur le conseil général des Mines qui, dit-on , serait plutôt critique
  • On a vu débarquer un nouveau style de clients, au style disons … plus m’as-tu vu. A travers des modalisateurs (exemple : peut-être, manifestement, semble-t-il, probablement, heureusement ) l’énonciateur peut commenter sa parole. Le ‘disons’ constitue un commentaire de l’énonciateur sur son propre discours. D’autres exemples de ce type de modalisation portant sur les mots ou expressions utilisés, que Jacqueline Authier-Revuz appelle ‘ modalisation autonymique ’, sont fournis par des énoncés comme Pour ainsi dire, si l’on peut dire, se vous me passez l’expression, etc. : Quand la langue parle de la langue. Lezione 7 – 24/03/ La modalisation autonymique consiste en une « configuration énonciative particulière dans laquelle le segment modalisé est à la fois en usage et en mention » (Authier-Revuz 1995) Modalisation autonymique Les guillemets aussi deviennent un signe de « modalisation autonymique » dans des cas où l’énonciateur souhaite ajouter un commentaire sur ce qu’il est en train de dire. Exemple : Ces hommes ont quitté des jobs très bien rémunérés pour venir à l’Elysée « travailler plus pour gagner moins » , par admiration pour Sarkozy (Le Point) (faisant référence à ‘Travailler moins pour travailler tous’ et ‘Travailler plus pour gagner plus’) Dans le genre journalistique, en s’ajoutant à un mot, les guillemets indiquent un certain jeu de mise à distance du journaliste par rapport à ce que ce dernier avance. La mise à distance, visible grâce à ce type de guillemets peut donner différentes interprétations en discours. Exemple : Tout ce beau monde embarque dans le « vieil » Airbus A319 de la flotte élyséenne, qui en compte deux (Le Monde) On peut détecter l’attitude critique envers les hauts fonctionnaires au pouvoir à travers des mots tout à fait courants, qui sont ici marqués comme suspects par l’emploi des guillemets. Il semble que plus le terme mis entre guillemets est banal, plus l’effet de distinction ironique est fort. Exemple : A force de recevoir des coups, la mère a fini par quitter le domicile conjugal. Paniqué le fils a signalé la disparition de la « vieille nouille » aux policiers. Une fois retrouvée, elle déballe tout aux forces de l’ordre : son fils l’injurie régulièrement (L’Alsace) Nouille : pâtes alimentaires. Mais au sens figuré et familier : personne molle et niaise

Interprétations des guillemets en discours :

  • Le journaliste entoure l’expression « vieille nouille » de guillemets sans doute parce qu’elle est inadaptée pour parler de cette façon d’une mère
  • Ou parce que la responsabilité d’employer cette expression est attribuée au fils désigné par le journaliste comme « un tyran domestique » qui n’avait aucun respect pour sa mère.
  • Les deux interprétations sont parfaitement envisageables. Le paratexte La titraille Pour retenir l’attention du lecteur toujours trop pressé, la presse multiplie les titres, cette titraille offre un large éventail de possibilité :
  • Un surtitre , au-dessus du titre, en caractères plus petits que ceux du titre. Il donne un petit élément supplémentaire
  • Un sous-titre (casquette) peut se placer entre le titre et le chapitre dans les mêmes caractères que le surtitre. Il précise le titre.
  • Un chapeau « coiffe » l’article, généralement présenté en plus gros, et en caractères gras. A mi- chemin du résumé et de l’accroche, il concentre en quelques lignes l’essentiel de l’information.
  • Des intertitres structurent et relancent l’intérêt lorsque le texte est long.
  • L’encadré , qui est une forme d’article destiné à apporter un éclairage sur un des aspects dont traite l’article principal. Un article consacré à un sportif peut, par exemple, être accompagné d’un encadré sur la carrière de ce sportif. ‘A la une’ ( au premier page) : les titres de presse Fonctions communicatives de l’énoncé-titre :
  • Les titres sont fabriqués dans le but de fournir un condensé de l’information, mais aussi dans celui d’attiser la curiosité du lecteur et de le guider vers les autres unités textuelles du journal : les sous- titres, le chapeau et l’article lui-même. Les discours rapporté dans le titre
  • Parmi les procédés discursifs utilisés dans les titres pour attirer l’attention du lecteur il y a le discours rapporté (DR)
  • Selon Caraudeau, le contrat de communication passé par les médias avec leur public se base sur deux stratégies communicatives : la stratégie de crédibilité et celle de captation
  • Le discours rapporté dans le titre relève à la fois de la stratégie de crédibilité (le fait de faire s’exprimer les acteurs de l’information renforce la crédibilité de la presse) et de celle de captation (sélectionner et mettre entre guillemets tel ou tel mot parmi d’autres attire l’attention du lecteur) Lezione 8 – 29/03/ Le discours rapporté dans le titre
  • Le titre peut mentionner le locuteur cité, mais parfois les paroles sont guillemetées sans indication de la source. « I miei studenti sono stati cacciati »
  • La source énonciative des propos rapportés est effacée dans le titre, récupérable dans le corps de l’article. « A Aulnay-sous-Bois, « les contrôles violents, c’est notre quotidien ». Le discours rapporté dans le titre
  • La source énonciative des propos rapportés est effacée dans le titre mais elle est récupérable également dans le contexte immédiat de l’actualité : « Moubarak, dégage! » « X, dégage! » Interdiscours et ‘moment discursif’

Dans un discours prononcé en 2019, Macron évoque la ‘nécessité de travailler davantage’. Cette idée était déjà présente en 2017 lors de sa candidature. Le Canard enchaîné rapporte des propos censés avoir été énoncés par Macron (comme le laissent supposer les signes typographiques : deux points et guillemets), mais le verbe « grogner » laisse entendre qu’il s’agit en réalité des mots du journal, donc d’une fausse attribution.

  • Ce procédé permet au journal de mettre son point de vue en avant. On parle à ce propos de ‘pseudo-discours rapporté’. Les effets de sens sont soit la connivence soit la déconsidération du discours d’autrui. ‘Johnny à son réveil : ‘Ah que j’ai eu peur! J’ai cru que c’était une hernie fiscale’ (en place de discale) ‘Après Anelka, escalade de grossièrete chez les Bleus ; Ribery : ‘Si c’est comme ça je retourne jouer au foutre’ ‘Le refrain du ministre du Travail devant les flics et l’Assemblée ; Woerth : ‘Non, rien de rien, non je ne retraite rien !’
  • Dans les exemples cités supra, le surtitre constitue un texte introducteur des propos entre guillemets. Sa fonction principale est de contextualiser la nouvelle. On peut y trouver, par exemple, la source des paroles entre guillemets.
  • D’un point de vue linguistique, on remarque un jeu sur le signifiant, un détournement d’expressions figées basé sur la paronymie, qui consiste en une approximation phonétique : discale>fiscale , fout >foutre, regrette>retraite (mobilise la compétence encyclopédique du lecteur) Les titres de Libération
  • Le 1er^ Mai, tous contre Le Pen ; Marchons! Ce titre renvoie aussi bien à la voix des Français qu’à celle du journal rejetant l’arrivee du Front National à la tête de la République. Il s’agit d’un discours militant et d’un appel à la mobilisation ; clin d’œil aussi au refrein de la Marseillaise : Aux armes, citoyens, formez vos bataillons, marchons, marchons!
  • We have a dream Allusion à des énoncés antérieurs : les paroles célèbres de Martin Luther King à travers celles d’Obama lors de son élection
  • Moi, mon papa, il est Président Ce titre réfère à Sarkozy et à son fils et renvoie peut-être au titre de la chanson ‘Mon papa à moi est un gangster’ du rappeur Stomy Bugsy Le Canard enchaîné vs. Libération
  • Le journal satirique Le Canard enchaîné impose son commentaire critique et ironique sur l’actualité à travers ses titres. Il fait parler les personnalités politiques en leur attribuant des paroles ‘détournées’ (on a remarqué la présence de ‘pseudo-citations’). L’attention du lecteur est attirée par le défigement d’expressions figées de la langue.
  • Les titres de Libération font appel plutôt à l’interdiscours (c’est-à-dire à des discours antérieurement produits) et aux allusions culturelles. Lezione 10 L’ « événement » dans la presse
  • Un fait du monde réel devient par et dans les médias un ‘ événement ’ à travers une série de productions discursives qui surgissent à un moment donné. Par exemple : La coupe du monde de football de 1998 et 2018 Les têmpetes de 1999 en France Le début de la guerre en Irak en mars 2003 L’attentat à la gare de Madrid le 11 mars 2004 Les attentats contre Charlie Hebdo, 2015
  • « Instant discursif » : lorsqu’un événement surgit dans l’actualité médiatique et il disparaît des discours médiatiques aussi vite qu’il est apparu
  • « Moment discursif » : un fait, un événement ne constitue un moment discursif que s’il donne lieu à une abondante production médiatique et qu’il en reste également quelques traces à plus ou moins long terme dans les discours produits ultérieurement à propos d’autres événements. On parle par exemple encore de mai 68 à propos des problèmes d’école en 2004 ; on rappelle la question du sang contaminé à propos des problèmes de la vache folle, ou de la question des OGM. Ces traces discursives entrent dans la ‘ronde’ des discours (circulation). Les événements scientifiques ou techniques à caractère politique
  • Dans la presse ordinaire, le lecteur ‘tombe’ sur l’information scientifique sans l’avoir forcément cherchée.
  • Le traitement de ces événements par les médias transforme les notions diffusées en les banalisant. Ces notions continuent à circuler avec des colorations sémantiques nouvelles. Exemple : lorsque l’événement qui sera ensuit désigné en France comme ‘la crise de la vache folle’ éclate dans les médias, les Français ignorent, pour la plupart, l’existence d’une maladie appelée encéphalopathie spongiforme et le nom de l’argent responsable de sa transmission : le prion.
  • Le discours construit des représentations de l’objet (dans ce cas le prion)
  • L’objet va également donner lieu à des reformulations métaphoriques (en italique dans le texte ci- dessus, par exemple : un héros intrigant, une mauvaise copie, etc.) qui tout à la fois cherchent à expliquer et contribuent à inquiéter.
  • Le discours médiatique tisse des liens entre des termes scientifiques (bactéries, virus) et des images qui ne présentent pas de trace de scientificité : héros, moule, doublure, mauvaise copie. Relations entre événements
  • Le discours des médias construit des relations entre un événement et un autre surgi auparavant : « L’arrivée en Europe du premier légume génétiquement modifié provoque la polémique ALERTE AU SOJA FOU Des cargos en provenance des Etats-Unis vont débarquer plusieurs milliers de tonnes de soja génétiquement modifié pour le rendre résistant aux pesticides. » Rappel de la crise de la vache folle, qui devient un ‘rappel mémoriel’ pour ce genre de crise et d’affaire (le saumon fou, par exemple). Lien entre ‘termes spécialisés’ (soja génétiquement modifié) et formulations médiatisées (soja fou) : évocation de quelque chose d’imminent et d’inquiétant à travers l’allusion à la série télévisée ‘Alerte à Malibu’. Les reformulations
  • A travers les dénomiations et leurs reformulations, on repère : d’une part, la nécessité de décrire les objets des mondes scientifiques ou techiques mal identifiés (le prion, par exemple) ou nouveaux (les OGM, par exemple) d’autre part, la nécessité d’intéresser des destinataires potentiels que l’on pense davantage attirés par l’incidence de ces objets sur la vie sociale et la polémique scientifico-politique qu’ils suscitent que par les connaissances scientifiques ou techniques. Exemples de titres : ‘Aliments transgéniques : les Français boycottent’ ; ‘OGM : laisser faire ?’ Stratégies de médiatisation
  • La médiatisation imprime à ces faits scientifiques et techniques du sens social dans leur rapport à la société.
  • C’est pourquoi on constate la place relativement modeste occupée par les termes scientifiques et techniques dans le traitement médiatique de ces événements.
  • Dans les médias français, par exemple, la désignation ‘vache folle’ l’emporte largement sur le nom savant de la maladie (encéphalopathie spongiforme).
  • Dans le cadre de son travail, l’éditeur de « Une » peut également s’appuyer sur un tableau de bord numérique (Chart Beat, Google Analytics, etc.) avec les statistiques de fréquentations en temps réel des différents pages du site.
  • Cela permet d’avoir un retour immédiat sur les choix effectués.
  • L’écriture doit dans ce cas intégrer les logiques du Web orientées vers la recherche de visibilité. L’audiovisuel dans la presse en ligne
  • De la même manière que l’introduction de la photographie dans la presse a en partie permis aux journalistes d’intégrer les images « objectives », l’introduction de la vidéo ou de l’audio obéit à un souci identique : montrer l’événement.
  • Les potentialités offertes par l’audiovisuel sont toutefois plus grandes, permettant un accès plus direct encore à l’événement en question.
  • Fonction dénotative et illustrative : disposés au cœur du texte, l’audio, la vidéo ou le diaporama sonore font accéder plus directement et plus fortement à un événement, mais c’est le texte qui présente, cadre et interprète l’événement.
  • (exemple) Ici, une vidéo d’une vingtaine de secondes est placée au-dessous du texte. On y voit un skieur qui est déséquilibré dans sa descente, dont la tête heurte une porte de slalom, et qui glisse ensuite, inconscient, sur la neige.
  • Fonction de témoignage : le contenu sonore ou vidéo est encore disposé au cœur de l’article dans lequel il découpe souvent plusieurs paragraphes, mais il est investi d’un rôle que pour donner la parole à un lecteur.
  • Le contenu audiovisuel remplace les citations extraites d’entretiens. Cela s’apparente à la pratique de la citation.
  • Le recours aux contenus audiovisuels permet d’accéder au témoignage d’une façon plus incarnée, mais sans remettre fondamentalement en cause le récit et le pacte de lecture.
  • Le recours au son et à la vidéo permet alors de faire ressentir plus fortement à l’internaute la personnalité de l’acteur qui témoigne. Exemple – l’audiovisuel dans la presse en ligne : fonction de témoignage. L’article porte sur une jeune femme, qui publie la correspondance qu’elle a entretenue avec Martin Hirsch, membre du gouvernement. On y trouve deux vidéos cadrées en gros plan fixe, et qui durent chacune deux minutes environ. Ce sont les vidéos qui jouent ici le rôle le plus important dans la narration : elles donnent à voir et à entendre une personne, qui explique sa situation (première vidéo) avant d’expliquer sa rencontre avec M. Hirsch, sa peur de la récupération politique (deuxième vidéo). Lezione 12 – 14/04/ Caractéristiques du feuilleton par e-mail
  • Les feuilletons par mails simulent, à travers le support papier, des interactions électroniques authentiques entre les femmes
  • Genre de l’écrit qui s’inscrit dans la filiation des formes brèves épistolaires où on observe la présence de deux voix
  • Les feuilletons représentent des narrations polyphoniques écrites dominées par le ton de la conversation intime.
  • Ecritures journalières partiels à la première personne appartenant au genre ‘lettres privées’
  • La scène d’énonciation correspond à celle d’une suite de courtes lettres que les femmes s’adressent mutuellement sur un support électronique
  • La ‘scénographie’ correspond à la correspondance privée mettant en relation deux amies.
  • Le mail dans feuilleton constitue un espace assignable à un seul locuteur mais s’affiche comme un dialogue, et comme tous les mails, est orchestré par le péritexte.
  • Traits visant à reproduire la néographie et les graphies phonétisantes, l’assimilation consonantique, ex : « chuis »
  • La troncation de la voyelle inaccentuée [y] du pronom sujet de deuxième peronne « tu » devant voyelle (Tas fumé du camel, ou quoi’, ‘t’es con’, ‘t’es vraiment démembrée’)
  • La troncation de [e - omgekeerd] avec la réduction et la compression de deux éléments qui, normalement, sont séparés.
  • Structure syntaxique et textuelle très simplifiée
  • Des points de suspension
  • Langage plutôt familier (ne m’engueule pas)
  • Des hésitations ( Euh…)
  • La terminaison des phrases par la particule ‘quoi’
  • L’omission du ‘il’ impersonnel (faut pas déconner)
  • Constructions emphatiques renforcement du référent (il fout un pied)
  • Topicalisation, la reprise du nom per le démonstratif (la bouffe, j’aime trop ça)
  • Ça comme présentatif ( ça changerait riens du fait que ça reste Johnny)
  • Présentatif ‘c’est’ (c’est quand même plus frais, avoue)
  • Les deux (ça, c’est un coup de foudre)
  • La réduction systématique de la corrélation ‘ne pas’ à un seul élément (tu peux pas faire ça)
  • Lexique : langage familier (ouais) troncation (t’as) emprunts (meybe) créations lexicales (coinced) sigle et acronymes (OK) les réduplications syllabiques ludiques (culcul)
  • Morpho-syntaxiques changement de classe grammaticale (il risque zéro sa carrière) Entre objectivité et ultrasubjectivité journalistique Gonzo : une forme novatrice du journalisme inspirée d’une méthode d’investigation. Le livre de Thompson, où il raconte son temps passé au sein d’un groupe de motards, amorce le genre Gonzo, une forme de journalisme que l’on qualifierait de ‘hors la loi’, car il bouscule alternativement les règles dites ‘classiques’ du journalisme. Une écriture ultra subjective le journaliste affliche sa personnalité en mêlant parfois la fiction et la réalité volontairement provocateur exprime largement ses opinions personnelles. Gonzo dans la presse féminine : utilisation du genre narratif subtil mélange de la fiction et de la réalité expérience fondée sur une période courte expression du ‘je’ assumé Le ‘je’ confronté à un jugement : j’entendis les murmures dans ma famille : ‘elle pourrait être belle si elle n’était pas si plate !’ Vlan, encore un petit coup qui m’anéantissait pour les dix années suivantes. en comparaissant avec l’autre : Ne suis-je pas, comme Marie-France, Chantal ou Corinne? Caractéristiques linguistiques
  • Structures syntaxiques fortement marquées par l’oral :
  • Les phrases courtes ( j’éclate de rire. Il se marre. )
  • Averbales apportant le dynamisme à la lecture ( une cible, vite !)
  • Les hésitations permettant de ralentir le débit ( un coup d’œil dans le mirour : hum.. sexy)
  • Cete ressemblance des sources est due, comme le critique le sociologue français Pierre Bourdieu, à la recherche du scoop : Pour être le premier à voir et à faire quelque chose, on est prêt à peu près à n’importe quoi et comme on se copie mutuellement en vue de devancer les autres, de faire avant les autres ou de faire autrement que les autres, on finit tous par faire la même chose, la recherche de l’exclusivité aboutit ici à l’uniformisation et à la banalisation. L’effet de réel
  • Les journalistes de l’AFP et du Monde semblent écrire depuis Rome.
  • Mais le discours direct (sans évoquer qu’il s’agit en réalité d’un discours déjà rapporté par un autre média) crée un « effet de réel ». cet effet est renforcé par une « théatralisation » de l’information dont le but est de mettre en image l’événement. (‘a-t-elle ajouté, au bord des larmes/origine : très affectée, repris comme ‘effondrée’)
  • Cette mise en scène émane d’un cadrage télévisé et non pas de la réalité. Une adaptation culturelle?
  • Y aurait-il des différences entre les textes francophones rapportant le même discours?
  • Il suffit d’observer les titres des articles, qui sont sujets à la reformulation lors de l’édition de l’article, malgré la reprise des dépêches
  • Le titre, comme on va voir, semble s’adapter au média. Lezione 14 - Cohérence et cohésion textuelle : les réseaux co-référentiels et la thématisation Le sujet parlant produit des énoncés textuels cohérents : il est capable de distinguer, parmi la suite de phrases, celles qui constituent un texte de celles qui n’en constituent pas un. Le même raisonnement peut être appliqué à l’activité de production et de compréhension textuelle (=suite d’énoncés = texte). « Puisque le sujet parlant peut produire/interpréter un nombre infini de discours différents, sa compétence est nécessairement une compétence textuelle. Il est très peu probable, et même impensable, que la perception et la production d’énoncés textuels s’opèrent par la concaténation non-réglée de phrases isolées. La notion même de cohérence serait inexplicable dans une telle conception » (Van Dijk, 1973). L’on revient à dire qu’il existe des règles internet qui nous permettent de mesurer la justesse et la bonne formation d’un texte (donc également son acceptabilité) Cohésion (interne le texte) et cohérence (jugement extérieur, par ex. ce texte sportif, ça correspond avec l’idée que nous avons d’un texte sportif? acceptabilité) Deux règles peuvent assurer la cohérence textuelle :
  1. Règle de répétition Pour qu’un texte soit cohérent, il faut qu’il comporte dans son développement linéaire des éléments de récurrence stricte ; Substituts anaphoriques
  2. Règle de progression Pour qu’un texte soit cohérent, il faut que son développement s’accompagne d’un apport sémantique constamment renouvelé ; le thème et le rhème (nouvelle information), c’est-à-dire que le texte (l’information) doit avancer, ne peut se limiter à répéter les mêmes éléments thématiques Les réseaux co-référentiels Article Brigitte : dans ce texte, différents mots renvoient à un même élément, à savoir les deux chanteuses appelées Brigitte : Brigitte, Sylvie Hoarau et Aurélie Maggiori, Brigitte, Elles, les Brigitte, leurs chansons, leur grand sens de l’image, ces deux égéries, qui. On dit alors que tous ces termes sont en relation de coréférence ; ils constituent ainsi un réseau coréférentiel. La coréférence dénomme traditionnellement la propriété qu’ont deux mots ou suites de mots ou suites de mots de renvoyer au même référent.

Ce termes sont-ils des synonymes? Différence entre LANGUE et DISCOURS : Dans la coréférence, ces éléments peuvent également jouer le rôle d’anaphoriques, c’est-à-dire : la reprise d’un même élément par un autre dans la chaîne textuelle : cohésion textuelle. Il y a donc des synonymes qui ne sont pas synonymes dans la langues, mais qui le deviennent dans un discours. Trois procédés majeurs de reprise anaphorique

  1. La répétition pure et simple du même groupe nominal (ils… ils… ; le jeune homme…le jeune homme)
  2. La pronominalisation dans laquelle on distingue l’emploi : des pronoms personnels : ils…ils ; démonstratifs : une duchesse…cette duchesse…celle-ci ; (avec des transformations) des adjectifs/pronoms possessifs : les chanteurs…leur musique (=la musique d’eux) ; Julie…sa maison (=la maison d’elle)
  3. La substitution lexicale dans laquelle la reprise du terme n’est pas directe, mais se fait, par
    • hyperonyme : le chat, le félin, le mammifère, etc. ;
    • nominalisation : les ouvriers de Moulinex vont manifester lundi prochain. Cette manifestation… ;
    • association accidentelle , souvent reposant sur un savoir encyclopédique, c’est-à-dire d’une connaissance générale et partagée : Thomas Dutronc, le chanteur, le jeune homme, le fils de, l’auteur de, etc. La substitution lexicale repose souvent sur des implicites culturels ou sur des connaissances supposées partagées.
  • Compétence communicative,
  • Compétence linguistique
  • Compétence encyclopédique Selon certain auteurs (notamment Sophie Moirand), il existe aussi une compétence stratégique qui permettrait de pallier les difficultés si les autres compétences mentionnées font défaut. Lorsqu’on parle/écrit on est supposé suivre un ensemble de normes, elles aussi partagées par les membres appartenant à la même communauté=compétence socio-culturelle (ou pragmatique). Comment l’information est mise en texte? L’information suit-elle une hiérarchisation? Thématisation : Comment relate-t-on cet événement? Qu’est-ce qu’on thématise? L’information, les témoignages, les commentaires, les hypotheses? L’information, subit-elle des modifications dans le passage d’un journal à l’autre? Et si oui, lesquelles? Titraille La titraille constitue ce qu’on appelle le paratexte, c’est-à-dire ce qui entoure directement le texte. Deux types principaux de titres :
  • Les titres informatifs
  • Les titres incitatifs (souvent jeux de mots, doivent piquer la curiosité du lecteur) Les sous-titres : donnent des informations complémentaires Les intertitres : doivent reposer l’œil ; d’une manière générale, les intertitres reprennent des mots extraits de l’article Le chapeau (placé entre titre et début article) : est un texte court qui permet au journaliste de faire connaître l’essentiel de l’article et annoncer ce dont il va parler ; le chapeau peut avoir recours à un

On voit une adaptation par rapport au lecteur cible. Le Sénégal a beaucoup d’immigration, donc on ne va pas utiliser les mots ‘clandestins’, ‘immigrés’, … On va plutôt utiliser des termes neutres. Adaptation culturelle des titres

  • Neutralité émotive du journal canadien Le Devoir face à un événement considéré comme lointain.
  • Au contraire, Le Quotidien semble être le plus sensible à l’émotion suscitée par cet événement (drame, tragédie…)
  • Le Quotidien du Sénégal, pays à forte émigration, est le seul média à ne pas inscrire les naufragés dans le champ lexical de l’immigration (100% d’occurrences neutres)
  • Le Devoir aussi se caractérise par une distanciation concernant le thème de l’immigration (70%)
  • En plein débat national entre partis politiques français, le thème de l’immigration semble prépondérant dans les articles du Monde. Structure des cinq articles de presse publiés le 4 octobre sur les sites internet des journaux Le Devoir La Libre Belgique Le Monde Le Quotidien La Tribune de Génève 1 ère^ partie Récit chronologiques des faits Récit chronologiques des faits Récit chronologiques des faits – peu de source indiquées Récit chronologiques des faits – toutes les sources sont indiquées Récit chronologiques des faits 2 ème^ partie Explication législation européennes migrants – Commission européenne Discours officiels Pape Président République Ministres italiens Discours détaillé du Pape Discours officiels Pape Organisations internationales Conclusion
  • Source unique (^)  homogénéisation du discours
  • Le journaliste devient spectateur de la vision de l’événement donnée par les médias satellitaires du pays où l’événement s’est déroulé ou de la dépêche de l’agence de presse.
  • Le discours d’information tend à s’aligner sur les attentes de l’opinion publique, sur « l’intentionnalité collective » (en pensant de l’opinion publique dans le pays en question)
  • Depuis 2015 le terme « migrants » a été banni au profit de celui de réfugiés
  • Plutôt qu’une perte de précision due à l’éloignement géograpique on constate des choix sémantiques relevant de champs lexicaux que l’on peut considérer moins émotifs face à un événement plus lointain. Lampedusa : un « nom propre d’événement » : un « instant discursif » en train de devenir un « moment discursif »? (moment discursif : on l’évoque aussi quand on parle d’autre chose, d’un autre événement) « Aquarius » : le sort des 58 migrants à bord divise les politiques français. Le navire affrété par les associations SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières a demandé à pouvoir faire route vers Marseille. ‘aucun port français ne doit devenir Lampedusa’