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La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle Œuvre intégrale : Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire, 1861 Parcours associé : Alchimie poétique : la boue et l’or Textes de l’œuvre intégrale Textes du parcours associé Texte 1 : L’Albatros, Les Fleurs du mal , Baudelaire, 1861. Texte 2: Le Serpent qui danse, Les Fleurs du mal , Baudelaire, 1861. Texte 3 : A une passante, Les Fleurs du mal , Baudelaire, 1861. Texte 4 : « Le Pélican », dans la Nuit de Mai , de Musset, 1835. Texte 5 : La Pluie , de Ponge, 1869. Lecture(s) cursive(s) Le Parti pris des Choses de Francis Ponge, 1942. Grammaire: la négation Groupement de textes complémentaires et/ou prolongement artistique et culturel (Éventuellement) Projet d’écriture poétique : lipogrammes et réécritures de Baudelaire et de Ponge. Lectures enregistrées, expressives et musicales. Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Œuvre intégrale : : Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, 1731. Parcours associé : Personnages en marge, plaisir du Romanesque. Textes de l’œuvre intégrale Textes du parcours associé Texte 6 : « La rencontre », Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, 1731. Texte 7 : « L’évasion de Saint-Lazare », Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, 1731. Lecture(s) cursive(s) L’Etranger , de Camus, 1942. Grammaire : l’interrogation.
Groupement de textes complémentaires et/ou prolongement artistique et culturel (Éventuellement)
Pour un ciel lointain. Tes yeux où rien ne se révèle De doux ni d'amer, Sont deux bijoux froids où se mêlent L’or avec le fer. A te voir marcher en cadence, Belle d'abandon, On dirait un serpent qui danse Au bout d'un bâton. Sous le fardeau de ta paresse Ta tête d'enfant Se balance avec la mollesse D’un jeune éléphant, Et ton corps se penche et s'allonge Comme un fin vaisseau Qui roule bord sur bord et plonge Ses vergues dans l'eau. Comme un flot grossi par la fonte Des glaciers grondants, Quand l'eau de ta bouche remonte Au bord de tes dents, Je crois boire un vin de bohême, Amer et vainqueur, Un ciel liquide qui parsème D’étoiles mon cœur!
La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d'une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ; Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Un éclair... puis la nuit! - Fugitive beauté Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité? Ailleurs, bien loin d'ici! trop tard! jamais peut-être! Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais!
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots. Lorsque le pélican, lassé d’un long voyage, Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, Ses petits affamés courent sur le rivage En le voyant au loin s’abattre sur les eaux. Déjà, croyant saisir et partager leur proie, Ils courent à leur père avec des cris de joie En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux. Lui, gagnant à pas lents une roche élevée, De son aile pendante abritant sa couvée, Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux. Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte ; En vain il a des mers fouillé la profondeur ; L’Océan était vide et la plage déserte ;
La sonnerie au sol des filets verticaux, le glou-glou des gouttières, les minuscules coups de gong se multiplient et résonnent à la fois en un concert sans monotonie, non sans délicatesse. Lorsque le ressort s’est détendu, certains rouages quelque temps continuent à fonctionner, de plus en plus ralentis, puis toute la machinerie s’arrête. Alors si le soleil reparaît tout s’efface bientôt, le brillant appareil s’évapore : il a plu.
J’avais marqué le temps de mon départ d’Amiens. Hélas! que ne le marquais-je un jour plus tôt! j’aurais porté chez mon père toute mon innocence. La veille même de celui que je devais quitter cette ville, étant à me promener avec mon ami, qui s’appelait Tiberge, nous vîmes arriver le coche d’Arras, et nous le suivîmes jusqu’à l’hôtellerie où ces voitures descendent. Nous n’avions pas d’autre motif que la curiosité. Il en sortit quelques femmes, qui se retirèrent aussitôt. Mais il en resta une, fort jeune, qui s’arrêta seule dans la cour pendant qu’un homme d’un âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur s’empressait pour faire tirer son équipage des paniers. Elle me parut si charmante que moi, qui n’avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d’attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d’un coup jusqu’au transport. J’avais le défaut d’être excessivement timide et facile à déconcerter ; mais loin d’être arrêté alors par cette faiblesse, je m’avançai vers la maîtresse de mon
cœur. Quoiqu’elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée. Je lui demandai ce qui l’amenait à Amiens et si elle y avait quelques personnes de connaissance. Elle me répondit ingénument qu’elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse. L’amour me rendait déjà si éclairé, depuis un moment qu’il était dans mon cœur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs. Je lui parlai d’une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus expérimentée que moi. C’était malgré elle qu’on l’envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir qui s’était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens. Texte 7 : « L’évasion de Saint-Lazare »