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Ce document présente une étude quantitative sur les pratiques de contrôle de gestion dans les entreprises de trois pays d'Afrique, dont Djibouti. L'objectif est de mettre en évidence si le contrôle de gestion repose sur une démarche formelle cohérente avec les outils et les pratiques managériales, ou s'il forme un assemblage plus ou moins cohérent avec d'autres pratiques formelles ou informelles et des valeurs différentes. L'étude a notamment révélé que le contrôle de gestion à Djibouti est exercé par des acteurs ayant une longue expérience à l'étranger et une formation en comptabilité, contrôle de gestion et audit. Ils cumulent souvent les fonctions de comptabilité et de contrôle de gestion. L'article présente également des perspectives de recherche future sur le sujet.
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ECOLE DOCTORALE N° 597 Sciences Economiques et sciences De Gestion Spécialité : Sciences de gestion
Thèse présentée et soutenue à Nantes, le 28 Mai 2020 Unité de recherche : LEMNA Par
Composition du Jury : Boniface BAMPOKY Examinateur, Professeur à l’Ecole Supérieur Polytechnique de Dakar Philippe CHAPELLIER Rapporteur, Professeur à l’Université de Montpellier François MEYSSONNIER Directeur de thèse, Professeur à l’Université de Nantes Thierry NOBRE Rapporteur, Professeur à l’Université de Strasbourg Frédéric POURTIER Président, Professeur à l’Université de Bordeaux
Au terme de ce travail de recherche, je tiens à témoigner toute ma gratitude et ma reconnaissance à l’égard des personnes et des entreprises qui m’ont encouragé et accueilli. J’aimerais d’abord remercier Monsieur François MEYSSONNIER, qui a dirigé mes travaux de recherche. Je le remercie d’avoir cru en moi, d’avoir su me guider dans mes choix, et de m’avoir encouragé dans les moments difficiles. Ses remarques, ses conseils et sa disponibilité ont largement contribué à l’aboutissement de ce travail. J’adresse également mes remerciements à Monsieur Frederic POURTIER, professeur à l’université de Bordeaux, qui a accepté de présider le jury de cette thèse. Monsieur Philipe CHAPELLIER, professeur à l’université de Montpellier, m’a fait l’honneur d’être rapporteur de ce travail. Je tiens à lui exprimer toute ma reconnaissance. Monsieur Thierry NOBRE, Professeur à l’université de Strasbourg, a également accepté d’être rapporteur de ce travail. Je tiens aussi à lui témoigner toute ma gratitude. J’aimerais aussi remercier très sincèrement Monsieur Boniface BAMPOKY, professeur à l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar (Sénégal), de bien vouloir accepter d’être examinateur de cette thèse. J’exprime ma gratitude et tout mon respect à ma famille et spécialement à ma mère pour sa générosité et sa bonté, mon père pour sa présence et ses nombreux conseils ainsi que mes frères, et mes sœurs. Je tiens finalement à exprimer ma reconnaissance à tous les responsables (directeurs financiers, agents comptables, contrôleurs de gestion, directeurs généraux, directeurs/responsables des ressources humaines) qui ont accepté de répondre à toutes mes questions, malgré les contraintes temporelles et les priorités qu’ils ont à gérer.
INTRODUCTION GENERALE
L’Afrique est un continent géant (trente millions de kilomètre carré) et diversifié, du point de vue géographique, historique, économique, culturel et géopolitique (Hugon 2017). Elle compte cinquante-quatre Etats dont quarante-neuf se trouvent dans le Sud de Sahara (désigné sous le terme des « pays subsahariens »). Certains d’entre – eux sont insulaires ou non, enclavés ou côtiers. Chaque pays regroupe plusieurs ethnies qui transforment ce dernier en une société divisée et multiculturelle. L’histoire de l’Afrique est très marquée par une domination coloniale très contrastée, qui est venue de l’Europe. Après leur passage, les colons ont laissé derrière-eux des frontières mais aussi leur culture et leur propre méthode d’organisation et de gestion (Hernandez 1997). Ils ont appris aux autochtones leurs langues, ont initié leurs modes de vie ainsi que leur religion et ont mis en place des administrations et des entreprises qui sont restées sous leur tutelle pendant la période de colonisation. On parle aujourd’hui en Afrique plusieurs langues étrangères qui sont devenues après l’indépendance leur langue officielle (anglais, portugais, français, arabe). Mais, cette culture étrangère n’a eu qu’un impact modéré sur celle qui est propre aux autochtones. Les symboles, les valeurs, la religion et les langues de chaque ethnie sont restés intactes dans le temps et ces autochtones aux cultures différentes se retrouvent jusqu’à l’heure actuelle dans le même lieu de travail ou de commerce. Les administrations publiques et les entreprises africaines sont devenues un lieu de croisement entre personne de culture hétérogène. Si la richesse de l’Afrique a toujours été avant tout son patrimoine culturel, il en est de moins sur le plan économique et politique. Plusieurs puissances régionales apparaissent en Afrique subsaharienne : l’Afrique du Sud au sein de l’Afrique australe, le Nigeria en Afrique de l’Ouest, l’Éthiopie dans la Corne de l’Afrique (Hugon 2017). Quant à l’Afrique du Nord, le Maroc et l’Egypte font partie de ce groupe qui contribue majoritairement au PIB du continent. Ces disparités régionales ont redessiné la carte géoéconomique de l’Afrique à tel point que ces pays industrialisés sont analysés séparément aujourd’hui du reste des autres pays qui vivent principalement des activités du secteur primaire et du secteur tertiaire. Le continent est riche en ressources naturelles et beaucoup de pays tirent leur profit grâce aux rentes minières (pétrole, diamant, phosphate, etc.) qui sont vulnérables et dépendants des cours mondiaux des matières premières (Magrin et al. 2018). On oppose ainsi les économies basées principalement sur les rentes (le Gabon par exemple) aux économies industrialisés (l’Afrique du Sud). Il existe à côté de ces deux catégories les économies des pays en faillite comme la Somalie ou encore ceux auquel le secteur de service (télécommunication, transport et logistique, commerce, hôtellerie, etc.) domine dans les activités économiques (Djibouti).
Qu’ils soient industrialisés, pauvres ou rentiers, tous les pays d’Afrique ont un point commun, celui de penser aujourd’hui à leur avenir car la mondialisation s’est imposée comme un phénomène inévitable et n’a épargné aucun continent. Dans le passé, le continent africain a longtemps été tenu à l’écart des affaires du monde en subissant la domination des anciens et des nouveaux maîtres du jeu économique planétaire (N’Goran 2013) et il a été même caractérisé par les termes de « retard » ou de « marginalisation » (Hugon 2013). C’est à partir de 2000^1 que l’Afrique a connu une croissance économique beaucoup plus tardive que l’Asie et la vieille Europe, à cause de la sécheresse, des guerres et des famines (Magrin et al. 2018). Certains pays, comme l’Afrique du Sud, le Nigéria et le Maroc, l’ont connu beaucoup plus rapidement que d’autres. Cet essor économique, très contrasté dans le continent, est dû à ces six facteurs principaux : amélioration de la qualité de la gouvernance et des institutions, renforcement des politiques et des performances macroéconomiques, conditions plus favorables aux activités agricoles, émergence d’une classe moyenne, situation politique plus stable et entrées d’investissements directs étrangers^2. Cette croissance économique est restée soutenue même pendant et après la crise financière de 2008 pour deux raisons : un contexte fiscal favorable et une faible interconnexion économique avec le reste du monde (Zamfir 2016). Après la période sans espoir de 1980 à 1999, l’Afrique est enfin redéfinie comme un continent émergent voire « une nouvelle frontière » pour l’économie mondiale (Boillot et Dembinski 2013). Hugon (2012) a énuméré les différentes opportunités que l’Afrique continuera à offrir aux autochtones et aux partenaires extérieurs à cette ère du 21ème siècle comme suit : des ressources naturelles immenses, un capital humain abondant et des marchés émergents (banques, transport et logistique, télécommunication, électricité et eau). Des institutions, comme les Nations-Unies ou la Banque Africaine de Développement, et des chercheurs économistes (Hugon 2012, N’Goran 2013, Mezouaghi et El Aynaoui 2018) ont toutes confirmé les perspectives optimistes du continent sur son plan économique dans les prochaines années à venir. Le rapport qu’a établi par la Banque Africaine de Développement sur les perspectives économiques en Afrique en 2019 a montré que la croissance économique africaine devrait s’accélérer dans les années à venir pour atteindre 4 % en 2019, et 4,1 % en 2020. Il n’y a pas que la croissance économique qui va connaitre une progression assez nette dans le temps. Selon les Nations-Unies, il y a aussi (^1) Le taux annuel moyen de croissance de la production réelle est passé de 1,8 % entre 1980 et 1989 à 2,6 % entre 1990 et 2000 et 5,3 % entre 2000 et 2010. Ces chiffres sont obtenus dans le Rapport sur le développement économique en Afrique, élaboré en 2014 par l’équipe de recherche composée de Patrick Osakwe, Rashmi Banga et Bineswaree Bolaky. (^2) Rapport sur le développement en Afrique 2015 « Croissance, pauvreté et inégalités : lever les obstacles au développement durable » réalisé par la Banque de Développement Africain. Chapitre 1 (page 2)
catégories comme des entreprises modernes (c’est-à-dire, disposant un statut juridique officiel) et, quant à la dernière, elle associe à toutes les entreprises qui opèrent dans le secteur informel. El Alami (1987) rejoigne également la typologie de Causse, avec une catégorie de plus. Il a proposé quatre types d’entreprises africaines : les entreprises nationales stratégiques (appelées ici publiques), les entreprises locales organisées (Petites et Moyennes Organisations), les entreprises locales informelles (secteur informel) et les entreprises à capitaux étrangers (multinationales et franco-africaines). Il s’est basé sur trois critères pour élaborer sa typologie : la nature de l’activité, la localisation du centre de décision et la taille. Nous retiendrons dans notre thèse les classifications proposées par El Alami (1987) et Causse (2018) et nous examinerons ci-dessous les caractéristiques respectives de trois types d’entreprises formelles (entreprises publiques, filiales des grands groupes internationaux, entreprises privées locales) et celles du secteur informel. Nous avons tout d’abord les filiales ou les entreprises contrôlées majoritairement (ou à 100%) par une société étrangère. En référence à Goldman (1975), « la filiale d’une société étrangère est une société distincte de celle-ci, constituée selon la loi du pays où elle fixe son siège social, et dont la société étrangère (qui est la « société mère ») s’assure le contrôle, par la propriété d’une partie substantielle de son capital, voire de la totalité (là où il est permis de constituer une société composée d’un seul associé) ou par d’autres moyens, généralement combinés avec celui-ci ». Comme leur nom l’indique, les filiales sont implantées partout dans le monde. Elles sont présentes dans tous les secteurs d’activité en Afrique (industrie, banque, transport et logistique, agroalimentaire, télécommunication, hôtellerie, etc.) et appartiennent en majorité à des grandes multinationales situées dans les pays occidentaux (Nestlé, Orange télécom, IBM, Renault, Bolloré Logistic, etc.). Elles accèdent les ressources de l’environnement local comme les moyens humains (embaucher du personnel), financiers (emprunter ou placer de l’argent dans les banques et recevoir le soutien financier des autorités locales) et techniques (l’acquisition des véhicules, de machines, etc.). Pour Hernandez (1997), si les multinationales ont des filiales en Afrique, c’est souvent plus par souci géopolitique, qu’en raison de la part que représente ce continent dans leur chiffre d’affaires global. En plus, elles sont intéressées également aux entreprises publiques que les Etats africains ont décidé de les privatiser. L’administration française dénommée la « Direction des Relations Economiques Extérieures^4 » a réalisé en 2002 une enquête^5 sur la présence des entreprises françaises en Afrique et cette dernière a montré (^4) https://www.economie.gouv.fr/caef/relations-economiques-exterieures-historique (^5) Source : Enquête filiales DREE
que, rien qu’au début du 21ème^ siècle, les filiales des firmes françaises étaient au nombre de 2 637 dans toute l’Afrique dont 1 260 filiales en Afrique subsaharienne (soit 48% des implantations en Afrique). La plupart est présente dans les pays d’Afrique francophone, certainement à cause de l’histoire en commun entre ces pays et la France. Sauf, l’Afrique du Sud fait exception à cette observation générale. Le journal quotidien « Le Monde » a précisé dans ses lignes que « trois cent soixante-dix sociétés hexagonales sont implantées dans le pays, dont la quasi-totalité de celles du CAC 40 6 et l’Afrique du Sud représente l’un des partenaires privilégies de la France ». Les filiales sont alors des véritables entités représentatives de leur société mère à l’étranger et poursuivent des objectifs plus ou moins similaires que ces dernières. Leur champ d’action se focalise sur les tâches suivantes : atteindre les objectifs stratégiques définis pour les filiales (croissance, rentabilité, autonomie, …) et validés au niveau du groupe ; collaborer avec la maison-mère au niveau stratégique notamment au niveau des investissements et de la définition de la politique commerciale dont elles doivent se conformer aux objectifs ; structurer et coordonner les activités des hommes ; assurer un rôle motivationnel et communicationnel d’une part avec leurs employés et d’autre part avec leur maison-mère ; piloter la performance avec les outils du contrôle de gestion. Ensuite, il y a en Afrique les entreprises publiques et parapubliques qui sont des véritables instruments d’exécution des politiques nationales des Etats qui les contrôlent (Anastassopulos et Blanc 1983). L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a défini l’expression « entreprise publique » comme « les entreprises sur lesquelles l’Etat exerce un contrôle significatif, qu’il soit l’actionnaire unique, qu’il détienne une participation majoritaire ou une participation minoritaire mais significative 7 ». Elles revêtent plusieurs statuts juridiques assez divers en Afrique comme partout ailleurs : établissements publics, sociétés d’Etat à proprement parler, sociétés d’économie mixte où la part de l’Etat est plus ou moins importante … (Hernandez 1997). D’après ce dernier auteur, elles sont le résultat de l’héritage colonial repris, au moment des indépendances par le seul opérateur à peu près organisé : l’Etat. Elles sont présentes dans les secteurs des grands services publics (eau, électricité, télécommunication, poste, chemin de fer, …) et exercent une situation de monopole dans certains pays d’Afrique. A Djibouti, le secteur public est le principal employeur 8 de la (^6) https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/10/29/en-afrique-du-sud-les-entreprises-francaises-ne- connaissent-pas-la-crise_5376032_3234.html (^7) « Lignes directrices de l’OCDE sur le gouvernement d’entreprise des entreprises publiques ». http://www.oecd.org/fr/gouvernementdentreprise/ae/gouvernancedesentreprisespubliques/34803478.pdf (^8) Le secteur public reste le plus gros employeur de Djibouti en regroupant plus de 70% des emplois officiels (d’après le rapport de la CNUCED sur l’examen de la politique d’investissement à Djibouti, 2013, p.16).
entre les filiales des groupes internationaux et les entreprises publiques africaines au niveau de leur performance et de leurs méthodes d’organisation et de gestion. En dépit de tout leur problème, elles restent quand – même une part non négligeable en Afrique et les Etats du continent comptent sur elles pour atteindre leur future croissance économique (à condition que leur actionnaire majoritaire les transforme en des entreprises plus rationnelles). Puis, nous retrouvons les entreprises privées locales dans la dernière catégorie des entreprises formelles. Elles sont en majorité des PME beaucoup plus familiales que des sociétés de personnes avec associés et elles constituent l’épine dorsale de l’économie africaine. Par « famille », il faut entendre la famille élargie regroupant les descendants d’un ancêtre commun et soudés entre eux par les liens du sang et du sol (Dia 1991). Elles représentent pour les Etats Africains la principale source d’emploi et de revenu, après l’agriculture de subsistance (Tadesse 2009). Elles opèrent dans différents secteurs d’activité comme dans les services, le commerce, l’industrie manufacturière et dans les agro-industries (Lefilleur 2008). Contrairement aux entreprises publiques, elles sont jeunes, ont été créées depuis l’indépendance du pays ou rachetées par un entrepreneur africain après cette indépendance (El Alami 1987). Elles n’ont pas toute la même taille et certaines d’entre – elles terminent leur processus de développement pour devenir plus tard des grandes entreprises. Dia (1991) a élaboré une typologie d’entreprises africaines, en se référant sur ses enquêtes qu’il a réalisé auprès de quatre pays d’Afrique (Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun et Centrafrique), et il a distingué plusieurs profils d’entreprises qui présentent de degré croissant de complexité : entreprise indépendante (moins de dix salariés et présente dans le commerce de détail et de service), entreprise artisanale (moins d’une vingtaine de salariés et présente dans le commerce de gros et aussi dans l’import-export), petite entreprise (moins d’une trentaine de salariés), moyenne entreprise (jusqu’à 100 salariés et opérant dans le commerce et surtout dans l’industrie d’import-export) et grande entreprise (nombre important de salarié dépassant parfois le millier et présente dans la grande distribution, l’industrie et les services). A côté de ces entreprises privées locales, il précise aussi l’existence des sociétés étrangères ou multinationales auquel leur nombre de salariés dépend en fonction de leurs activités et des sociétés paraétatiques ou sociétés d’économie mixte qui sont sous la tutelle d’un ministère. Nous pouvons constater que cet auteur a scindé les PME Africaines en deux sous-ensemble (voir troisième et quatrième profil) et qu’elles connaissent les mêmes phases de croissance et de degré de complexité que les entreprises européennes. Tel est ce que
Gingembre (1960), industriel français et « défenseur des PME^11 », a aussi distingué implicitement pour les entreprises françaises. Elles sont tout d’abord des entreprises artisanales, puis elles deviennent des PME et enfin elles atteignent le stade des grandes entreprises et de très grandes entreprises. Mais, les PME africaines connaissent plusieurs obstacles qui leur empêchent se développer et à croitre contrairement aux PME européennes. Mambula (2002) a réalisé une étude sur 32 PME Nigérianes qui a contribué à la connaissance des différents facteurs qui constituent un frein au développement et à la croissance des PME Africaines. Il a fait ressortir de son étude ces différents obstacles suivants : le problème d’accès au financement, la mauvaise qualité des infrastructures (mauvaises routes, fourniture irrégulière et insuffisante de l’eau et de l’électricité, mauvaise qualité du système de télécommunications), le manque de personnel qualifié et l’accès difficile aux équipements, pièces de rechange et à la matière première. Il rajoute également que les différences au niveau de la langue, de la culture et de la religion seraient très importantes parmi les entrepreneurs et rendent la tâche encore plus difficile pour les agents publics. Il est évident que ces différents freins peuvent être observées également dans les autres pays d’Afrique et nous pouvons dire qu’ils perdurent encore jusqu’à aujourd’hui dans le continent. Ils sont les principales causes d’échecs des PME et ralentissent la croissance économique des Etats Africains (hors pays à fort taux d’industrialisation). A côte de l’économie formelle qui regroupe les trois catégories ci-dessus, il existe un autre secteur non structuré qui procure à beaucoup d’africains un travail de subsistance. Il s’agit du secteur informel qui joue un rôle prépondérant aujourd’hui dans les économies africaines. Le Fonds Monétaire International (FMI) a montré dans un rapport^12 que le secteur informel est une composante essentielle de la plupart des économies subsahariennes, où sa contribution au PIB s’échelonne entre 25% et 65% et où il représente entre 30% et 90% de l’emploi non agricole. Le terme « secteur informel » a été employé pour la première fois par Keith Harth^13 (Charmes 1987). Mais, il s’est popularisé à la suite de la sortie du rapport Kenya de 1972 établi par le Bureau International du Travail (BIT). Ce fameux rapport a donné sept caractéristiques qui sont spécifiques au secteur informel : le capital nécessaire au départ est peu important ; il s’agit d’exploitations familiales où considérations familiales et économiques se mélangent ; on utilise les matières premières locales et l’outillage fabriqué sur place ; les qualifications nécessaires (^11) Guillaume, S. (1987). Léon Gingembre défenseur des PME. Vingtième Siècle. Revue d'histoire, No. 15, pp. 69- 80 (^12) Rapport sur « l’économie informelle en Afrique subsaharienne » établit par le FMI en 2017. (^13) Hart K. (1973). Informal income opportunities and urban employment in Ghana. Journal of Modern African Studies, vol. II.