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C'est par la suite, dans l'arrêt du CE, 1911, Anguet, qu'on expose la possibilité d'une faute de service additionnée à une faute personnelle. Puis, ce cumul.
Typologie: Lectures
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« La responsabilité de l’Etat dans la déportation » La Shoah est un crime inédit ayant causé la mort de près de 6 millions de juifs à travers toute l’Europe, soit 40% de la population totale de l’époque. Ce crime contre l’humanité perpétré pendant la seconde guerre mondiale a suivit diverses étapes et confronté différents acteurs. Parmi ces éléments, la déportation apparait comme un mécanisme majeur de regroupement et de centralisation d’une population qu’il sera par la suite plus simple d’exterminer à travers des mécanismes d’une atrocité sans nom ainsi que grâce à des individus dont la fonction reste la plupart du temps régie par l’Etat, et cela même en temps d’occupation sous un régime comme celui de Vichy (1940-1944). La déportation est effectivement le phénomène par lequel un pouvoir politique contraint une catégorie ou un groupe de personnes, à quitter son habitat afin de l'obliger à s'installer ailleurs ou de le retenir dans des camps. Ce processus a constitué l’une des premières étapes (après la différenciation notamment) dans le phénomène de génocide perpétré contre les populations juives et tziganes pendant la seconde guerre mondiale (1939-1945). Organisé au nom du pouvoir étatique et par des agents publics, ce phénomène de déportation s’est notamment déroulé sous l’occupation allemande de la France. Ainsi, bien que sous le contrôle d’une administration étrangère, les agents de l’Etat français exerçant une activité de service public ont participé à l’organisation de la déportation de ces populations. L’exemple le plus marquant est certainement celui de la rafle du Vel d’Hiv de Paris du 16 juillet 1942 ayant mobilisé près de 7 000 policiers et gendarmes, et dont seulement 100 des 13 152 personnes raflées survécurent à la déportation qui suivit. Cet évènement de déportation et ses effets inédits ont néanmoins permis de faire évoluer le concept de responsabilité de l’Etat, notamment de par leur lien étroit avec le pouvoir et l’autorité politiques. La responsabilité de l’Etat est une notion intrinsèquement liée à la naissance du droit administratif^1 qui ne cesse d’évoluer. En effet, celle-ci est admise à partir de l’arrêt fondateur Blanco du Tribunal des Conflits^2 de 1873. Par la suite, notamment à travers la jurisprudence administrative, la responsabilité de l’Etat et ses conditions d’engagements se sont précisées. L’arrêt TC, 1873, Pelletier distingue par exemple la responsabilité de l’Etat pour faute de service et celle pour faute personnelle. La responsabilité de l’Etat dans ce phénomène unique ayant causé la mort de plusieurs centaines de milliers d’individus s’est posée tout au long du XXème siècle en France, mais aussi dans les différents pays d’Europe confrontés au même questionnement face à la déportation lors de la seconde guerre mondiale. Il s’agit par conséquent d’un thème faisant appel à un matériau juridique pluriel et complexe dont l’intérêt pour le cas français nous pousse à nous demander en quoi il est possible de reconnaitre à l’Etat français une responsabilité dans le rôle qu’il a joué lors de la déportation des juifs sous le régime de Vichy pendant la seconde guerre mondiale. Il semble par conséquent pertinent d’étudier l’existence d’une responsabilité de l’Etat français dans le phénomène de déportation (I) puis sa reconnaissance officielle (II). I) L’existence de la responsabilité de l’Etat dans la déportation (^1) DA (^2) TC
Il convient d’étudier la responsabilité des acteurs de l’Etat (1) avant de se pencher plus précisément sur l’engagement de celle de l’Etat (2).
de la mise en œuvre de prérogatives de puissance publique. La Cour semble juger que les convois réalisés ne relèvent pas d’une mission de SPA, d’une part, et que d’autre part la SNCF n’a pas mis en œuvre de prérogatives de puissance publique, dans la mesure où elle s’est bornée à exécuter les exigences résultant des autorités d’occupation. Ainsi, il semble que chaque affaire concernant la déportation sous le régime de Vichy doit être traitée de manière individuelle et personnalisée afin que la juridiction administrative, lorsque celle-ci est compétente, puisse dédommager au mieux le préjudice reconnu face à la responsabilité de l’Etat.