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La « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». Ce nom me parle puisque mon frère, aujourd’hui en classe de terminale, a éga-lement eu à le lire l’an passé pour son bac de français. Sur la première de couverture, j’aperçois le portrait d’une femme, celui de l’auteure, Olympe de Gouges.
Quatrième de couverture de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne , édition hachette 2021
J’entame donc la lecture de l’œuvre par l’épître dédicatoire intitulé « À la reine » qui débute à la page 11. D’entrée, je remarque qu’il y a beaucoup de définitions au bas de la page ; cela facilite la compré-hension de certains termes peu communs, mais oblige une relecture de chaque phrase afin d’en comprendre le sens. Je n’affectionne pas vraiment ces « aller-retours » entre le texte et les notes. Néanmoins, je comprends que dans ce passage, Olympe de Gouges encourage la reine à user de son statut royal pour influencer la société et ainsi se joindre à la lutte pour la reconnaissance des femmes. Pour se faire, l’auteure encense la reine, lui dit que malgré les accusations de l’Empire elle prendra sa défense, mais la met également en garde, en lui avertissant de ne pas avoir de mauvaises intentions à l’égard des Français. De plus, elle lui rappelle « le vrai devoir d’une reine » et la fait paraître comme l’élue qui jouera un rôle majeur dans la promulgation des Droits de la Femme. Elle cherche à s’attirer la faveur de la reine (« captatio benevolentiae ») en présentant le soutien du sexe féminin non comme un crime mais comme un exploit qui accroîtrait sa gloire et la réconcilierait avec son peuple. À la suite, je lis le texte liminaire intitulé « Homme, es-tu capable d’être juste? » de la page 15 à 16. Ce passage m’a assez marqué car Olympe de Gouges envoie un message fort aux hommes en remontant aux racines de la nature. Elle montre que parmi chaque être vivant, animaux, végétaux et autres, règne une harmonie. « L’homme seul » fait exception. Il exerce une domination sur un sexe qui est pourtant son égal. Ici, l’auteure m’a fait prendre conscience que la société de l’époque n’est pas juste et ne s’appuie
premières phrases que c’est une reprise de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui s’applique cette fois aux femmes. Olympe de Gouges réalise donc des paraphrases en ajoutant « La femme » dans presque tous les articles et même parfois en la mettant à la place de « L’homme ». Tout au long de son texte, l’auteure aborde les thèmes de l’égalité, de la liberté et de la justice qui s’opposent à l’asservissement, les inégalités et les injustices que subissent les femmes malgré les avancées révolutionnaires.
Je termine mon livre par le postambule. Du début jusqu’à « vous n’avez qu’à le vouloir », Olympe de Gouges incite les femmes à lutter pour faire reconnaître leurs droits. Ces apostrophes et ses questions rhétoriques pour faire appel aux émotions des femmes et insuffler leur colère me font penser à un général qui mobilise ses soldats à partir au combat. L’auteure me paraît être une révolutionnaire engagée. À la suite, elle fait un portait de la société avant la Révolution, une société dans laquelle les femmes étaient respectées. Elle dénonce le peu d’opportunités qu’a une femme pour réussir lorsqu’elle se fait acheter par l’homme, en faisant allusion à l’esclavage des Noirs, l’une des causes qu’elle défend. Elle dénonce à la fois le caractère mauvais
de l’homme, son ingratitude, son infidélité et notamment le fait que les lois le favori-sent. Le manque d’opportunités s’observe également chez la femme née d’une famille pauvre. Enfin, Olympe de Gouges compare le mariage (autre cause défendue par l’auteure) au « tombeau de la confiance et de l’amour », sans doute la raison pour laquelle elle ne se remariera point au cours de sa vie. Une fois le livre terminée, nous avons étudié, paragraphe par paragraphe, la « forme du contrat social de l’homme et de la femme » qui ne faisait pas partie de mon édition de la DDFC. Ce contrat social se présente comme un essai. Le premier paragraphe correspond à un acte conjugal, un contrat de mariage laïc qui est un texte juridique et donc universel. Dans le deuxième paragraphe, Olympe de Gouges montre la nécessité de ce texte de loi pour garantir la protection des deux individus du couple et des enfants. Ensuite, elle propose des lois pour protéger les femmes les plus fragiles (femmes trompées, veuves et prostituées), permet l’égalité entre hommes et femmes, et envisage des « aménagements sociaux » tel le mariage des prêtres. Puis, dans le cinquième paragraphe, l’auteure fait une disgression sur l’esclavage, dans laquelle elle dénonce la supériorité des colons sur « l’homme de couleur ». Elle défend l’idée d’une égalité entre tous les hommes dans la société, mais aussi entre époux (mari et femme) au sein du foyer familial. Pour finir, après un transit qui annonce une conclusion, Olympe de Gouges nous fait part d’un long texte narratif « autobiographique », mais anecdotique, dans lequel elle se querelle avec un cocher
penser par soi-même » en faisant usage de la raison, de l’intelligence, de l’esprit critique afin de se forger une idée personnelle et non se laisser dicté par celle des autres. Ils reven-diquent les libertés de pensée, d’expression, d’opinion et luttent pour la tolérance religieuse. Parmi les plus grandes figures des Lumières, on retrouve Montesquieu, Voltaire, Diderot et enfin Rousseau. La rédaction de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a surtout été marquée par la Révolution française. Je veux parler ici en particulier de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, et la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui a suivi le mois d’après. En effet, la Révolution bouleverse l’ordre social et politique de la monarchie. Mais les femmes, qui ont pourtant joué un rôle dans les Le salon littéraire de madame Geoffrin qui recevait écrivains et philosophes des Lumières, peinture de Lemonnier, 1812
évènements révolutionnaires, sont les oubliées de la Déclaration de 1789. Malgré la fuite du roi et l’échec de la monarchie constitutionnelle, Olympe de Gouges défend cette idée et publie donc la DDFC le 14 septembre 1791, dédiée à la reine. L’auteure réclame l’égalité politique et économique des sexes au nom de la justice et de l’intérêt de tous.
La liberté guidant le peuple , symbole de la République française, de la démocratie et de la liberté, tableau d’Eugène Delacroix, 1830
La jeune femme devint l’auteure de multiples romans et pièces de théâtre. Elle s’engagea dans des combats politiques en faveur des Noirs et de l’égalité des sexes. Qualifiée aujourd’hui comme autrice des Lumières, Olympe fut autrefois injustement critiquée pour ses nombreux écrits politiques (on en compte plus d’une cinquantaine) défendant l’abolition de l’esclavage ( Zamore et Mirza , 1784), le droit au divorce ( La Nécessité du divorce , 1790) et l’égalité des droits des femmes ( Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne , 1791). Après avoir publié son écrit politique le plus célèbre (la DDFC ), Olympe de Gouges placarda dans tout Paris son texte intitulé « Les trois urnes » dans lequel elle dénonce les massacres de septembre et s’en prend à Marat et Robespierre, artisans de la Terreur. Et c’est le 3 novembre 1793 qu’elle fut guillotinée devant une foule rassemblée sur l’actuelle place de la Concorde.
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est composée de plusieurs « chapitres ». J’en compte six : « À la reine », « Homme es-tu capable d’être juste? », Préambule, 17 articles, Postambule et Forme du contrat social de l’homme et de la femme. Ce dernier chapitre, à première vue, paraît peu organisé car Olympe de Gouges passe d’un sujet à un autre. Mais en classe avec la prof, nous avons remarqué qu’elle débute par un texte juridique (et donc universel), pour s’inté-resser aux femmes et à l’esclavage et finir par une anecdote person-nelle. Nous avons alors fait le schéma suivant pour montrer que la structure de ce contrat est en réalité sous forme d’entonnoir, débutant du plus global (tout le monde), passant par le Portrait d’Olympe de Gouges (1748-1793), via Wikipédia
La première lecture linéaire que nous avons étudiée était située au début de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne , et donc composée du préambule ainsi que des articles 1 à 3. Dans le passage proposé, Olympe de Gouges justifie sa démarche et propose des solu-tions pour obtenir l’égalité entre hommes et femmes. Nous nous som- mes demandé en quoi ce texte présente-t-il une constitution égalitaire entre hommes et femmes. Nous l’avons donc séparé en deux mouve-ments, le premier étant le préambule et le second les trois premiers articles. La deuxième lecture linéaire que nous avons étudiée était intitulée « La loi pour tous, la loi pour toutes » et composée des articles 6 à 11. Dans le passage proposé, Olympe de Gouges fait référence au droit pénal et propose une égalité de condition très moderne. Nous nous sommes demandé comment ces articles énoncent-ils une loi pour tous et toutes. Nous l’avons donc séparé en deux mouvements, le premier étant les articles 7 à 9 et le second les articles 10 et 11. Enfin, la troisième lecture linéaire nous avons étudiée était située à la fin de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne , et donc composée du début du postambule. Dans ce passage proposé, Olym-pe de Gouges invite les femmes à se défendre contre la tyrannie
des hommes. Nous nous sommes demandé en quoi ce postambule pro-meut l’émancipation des femmes au nom de l’égalité.
dans le préambule, afin d’exprimer la conséquence et apporter des détails au lecteur : « ont résolu d’expo-ser dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme » « afin que les actes du pouvoir des femmes […] en soient plus respectés, afin que les réclamations des Citoyennes […] au maintien de la Constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de tous. ». Ces variations de ponctuation rendent le texte juridique plus intéressant et plus captivant et facilitent la compréhension des propos permettant de renforcer la portée du message. Ce que je n’ai pas aimé de cette œuvre, c’est parfois le langage employé par Olympe de Gouges qui est très soutenu. En effet, l’auteure emploie par moment des termes et expressions qui sont peu courantes de nos jours en particulier dans l’épître dédicatoire « À la reine » : « Si l’étranger porte le fer en France » ; « employez tout votre crédit » ; « la cabale ». Ce vocabulaire est défini en bas de page, ce qui m’oblige à faire des allers-retours entre le texte et les notes et interrompt le cours de la lecture. D’autre part, je reproche à Olympe de Gouges de faire par mo-ment une généralité sur le comportement des hommes, bien que je comprenne que son texte ait une valeur universelle. Par exemple, dans l’article 4 de la déclaration, elle mentionne « la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose » ; je trouve un peu exagéré de dire que TOUS les hommes sont des tyrans, et qu’ils le soient perpétuellement. Malgré mon avis plutôt mitigé, je trouve que c'est un texte brillant et courageux, que nous propose ici Olympe
de Gouges. Peu de femmes et d'êtres humains en général auraient eu la volonté et le courage de remettre en cause, soudain, tous les points fondamentaux admis et tout l'ordre social. C’est un grand texte, par une grande figure qui a défendu ses convictions personnelles jusqu’au bout, que je recommande fortement.
Je voudrais appuyer sur le début du Postambule jusqu’à « vous n’avez qu’à le vouloir », qui est aussi la troisième lecture linéaire que nous avons étudié en classe. Ce texte m’a marqué et c’est peut-être celui que je maîtrise le mieux de la déclaration, car nous avons eu à le lire à l’oral en vue de s’entraîner pour l’oral de français. Pour cela, j’ai utilisé la vidéo YouTube intitulée « Olympe de Gouges, Postambule - TOUT COMPRENDRE EN 5 MINUTES !!! » de la chaîne « J’peux pas j’ai français ». La voix-off féminine commence par la lecture du passage proposé, puis en ressort ce qui nous intéresse, les idées principales. Premièrement, le Postambule reflète un bilan contrasté de la Révolu-tion française. D’un côté, on constate un bilan positif du combat mené par les hommes et les femmes avec les termes « vérité » (l.4) ; « briser ses fers » (l.5) ; « libre » (l.5). Cependant, ce bilan est à la fois négatif pour les femmes. En effet, elles ne tirent aucun profit de la Révolution. L’homme est « injuste » (l.6), il n’a pour elles