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Typology: Schemes and Mind Maps
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PolynĂ©sie française, juin 2022 âą Dissertation 4 heures âš 20 points INTĂRĂT DU SUJET âą Lâa rmation des droits des femmes est au cĆur de la DĂ©claration dâOlympe de Gouges. Au-delĂ , quels en sont les multiples enjeux? â¶ Dans la DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges ne lutte-t- elle que pour les droits des femmes? Vous rĂ©pondrez Ă cette question dans un dĂ©veloppement organisĂ© en vous appuyant sur la DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne, sur les textes que vous avez Ă©tudiĂ©s dans le cadre du parcours associĂ© et sur votre culture personnelle.
Quelles causes Olympe de Gouges sâattache-t-elle Ă dĂ©fendre Ă travers la DĂ©claration?
Les titres en couleur ou entre crochets ne doivent pas figurer sur la copie. Introduction [Accroche] Lâuniversitaire Martine Reid explique que la DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne dâOlympe de Gouges sâinscrit dans la longue histoire « de lâaccession des femmes Ă lâĂ©galitĂ©. » [Explication du sujet] Comme son titre lâindique, cette dĂ©claration, rĂ©digĂ©e en 1791, a rme que les femmes et citoyennes disposent de droits, Ă Ă©galitĂ© de ceux revendiquĂ©s dans la DĂ©claration de lâHomme et du Citoyen de 1789. Cependant, le texte ouvre sur dâautres luttes, annexes ou plus vastes. [ProblĂ©matique] Quelles causes Olympe de Gouges sâattache-t-elle Ă dĂ©fendre Ă travers la DĂ©claration? [Annonce du plan] LâĆuvre participe bel et bien au combat pour octroyer de nouveaux droits aux femmes [I] ; mais elle contient Ă©galement une critique fĂ©ministe virulente de la domination masculine [II] ; elle a enfin lâambition plus large dâamĂ©liorer la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre [III]. I. Une lutte pour les droits des femmes
â La DĂ©claration des droits de lâHomme et du Citoyen est votĂ©e en aoĂ»t 1789 par les dĂ©putĂ©s rĂ©unis en AssemblĂ©e constituante. Deux ans plus tard, Olympe de Gouges imite la forme de cette DĂ©claration tout en la fĂ©minisant : elle proclame ainsi en dix-sept articles « les droits naturels, inaliĂ©nables et sacrĂ©s de la femme » (prĂ©ambule). Aux « reprĂ©sentants du peuple français », tous masculins, lâauteure substitue « les mĂšres, les filles, les sĆurs, reprĂ©sentantes de la nation ».
en les privant notamment du droit de vote.
MalgrĂ© les revendications dâOlympe de Gouges ou de Nicolas de Condorcet ( Sur lâadmission des femmes au droit de citĂ©, 1790), il faut attendre 1944 pour que les femmes françaises obtiennent le droit de vote. â Les hommes sont rudement pris Ă partie dans le pamphlet qui prĂ©cĂšde la DĂ©claration : leur « force » et leurs « talents » apparaissent comme de bien piĂštres excuses pour opprimer la moitiĂ© de lâhumanitĂ©. Leur violence est semblable Ă celle dâArnolphe dans LâĂcole des femmes de MoliĂšre, rappelant Ă la jeune AgnĂšs son devoir dâobĂ©issance devant sa « toute-puissance ». â Lâ« empire tyrannique » des hommes sur les femmes apparaĂźt comme une exception injuste et cruelle au sein de la nature animale ou vĂ©gĂ©tale, oĂč pourtant les sexes « coopĂšrent avec un ensemble harmonieux ».
â Cependant, la lutte pour ces droits ne peut aboutir que si les femmes prennent conscience de leur « dĂ©plorable sort » et sâemparent de ces revendications afin de sâĂ©manciper de la tutelle masculine. â Pour cela, Olympe de Gouges nâhĂ©site pas à « parler franchement » Ă la reine Marie-Antoinette, afin de la convaincre « de donner du poids Ă lâessor des droits de la femme, et dâen accĂ©lĂ©rer les succĂšs ». Cette adresse dâune femme Ă une autre, au-delĂ de son statut royal, crĂ©e une sorte de sororitĂ© apte Ă transcender les conventions sociales. â Le postambule Ă©largit la destination du texte Ă lâensemble des femmes. Il sâagit dâun appel direct Ă lâĂ©veil des consciences fĂ©minines : « Femme, rĂ©veille-toi! » Le dĂ©sir dâĂ©mancipation ne peut venir que des femmes elles-mĂȘmes, qui doivent abolir ce qui sâapparente Ă leur propre esclavage vis-Ă -vis des hommes. [Transition] Olympe de Gouges cherche donc Ă lutter contre une domination masculine qui lui paraĂźt injuste. Mais ce combat est mis en dĂ©finitive au service dâun dĂ©sir dâamĂ©lioration de la sociĂ©tĂ© dans son ensemble. III. Lâambition dâamĂ©liorer la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre
â Dans sa dĂ©fense acharnĂ©e de lâĂ©galitĂ© entre les hommes et les femmes et dans son dĂ©sir de proposer une nouvelle forme, plus juste, de « contrat social », Olympe de Gouges se situe dans la droite ligne des philosophes des LumiĂšres comme Diderot, Rousseau ou Montesquieu. â Lâauteure fait appel Ă la raison de ses lecteurs et lectrices, afin de les Ă©clairer sur la rĂ©alitĂ© du monde et de la sociĂ©tĂ©. La question de lâĂ©ducation des femmes sâa rme comme un enjeu central, de mĂȘme que la lutte contre lâintolĂ©rance. Il sâagit de lutter implacablement contre « les tartufes, les bĂ©gueules, le clergĂ© et toute la sĂ©quelle infernale » aux pensĂ©es obscurantistes. â Dans De lâĂ©ducation des femmes (1783), Pierre Choderlos de Laclos exhortait dĂ©jĂ les femmes Ă sâĂ©manciper en sortant de lâignorance dans laquelle elles sont maintenues par les hommes, car « comment pourraient-ils vouloir former des femmes devant lesquelles ils seraient forcĂ©s de rougir? »
â Lâobjectif Ă©tant de parvenir Ă une sociĂ©tĂ© apaisĂ©e, il ne sâagit pas pour les femmes et les hommes de se faire une guerre Ă©ternelle ; au contraire, lâarticle III rappelle que la nation consiste en « la rĂ©union de la femme et de lâhomme ». â La finalitĂ© de la DĂ©claration, au-delĂ de lâĂ©mancipation dâune tutelle injuste, est bien de retrouver une juste place pour chacun, afin que lâensemble des citoyennes et des citoyens puissent se constituer en tant que peuple souverain, dans le respect dâune stricte sĂ©paration des pouvoirs. Chez Olympe de Gouges, ce dĂ©sir dâĂ©galitĂ© et de libertĂ© sâĂ©tend jusquâaux Noirs africains, traitĂ©s en esclaves aux AmĂ©riques. â Lâunion libre et honnĂȘte de lâhomme et de la femme, « Ă©gaux en force et en vertu », est aussi la condition sine qua non dâune harmonie politique bien fragile, dans cette pĂ©riode bouillonnante quâest la RĂ©volution française. Conclusion [SynthĂšse] Dans cette Ćuvre, Olympe de Gouges ne lutte donc pas seulement pour les droits des femmes : elle les appelle aussi Ă sâĂ©manciper du sort dans lequel elles sont maintenues, afin dâen arriver Ă une nouvelle sociĂ©tĂ© plus juste, inspirĂ©e de la philosophie des LumiĂšres. [Ouverture] Cette lutte multiforme est poursuivie et amplifiĂ©e par les fĂ©ministes françaises du XIX siĂšcle, telles Flora Tristan ou George Sand, puis par le mouvement des suffragettes britanniques au dĂ©but du XX siĂšcle. e e