La théorie des humeurs, Study Guides, Projects, Research of Latin

Portfolio - la théorie des humeurs : Traduction et analyse de la Lettre à Pentadius, Vindicien Relation avec une œuvre : Molière, Le Malade Imaginaire Ouverture sur le discours de Jacques Jouanna, L'homme et les quatre éléments, 2006

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PORTOFOLIO LATIN
Introduction:
Origine de la Théorie des humeurs :
La théorie des quatre humeurs prend ses origines dans un des traités de la Collection hippocratique, plus
précisément, le traité de la Nature de l'homme, une œuvre de Polybe, disciple d’Hippocrate.
A la base, la théorie des quatre humeurs n'était en son temps qu'une théorie humorale parmi d'autres. Mais elle
connut une destinée exceptionnelle, lorsqu’on attribua au maître Hippocrate l'œuvre de son disciple. Mais la théorie
ne connut sa forme définitive qu'à une époque tardive où elle eut un essor considérable non seulement en Orient,
mais aussi en Occident, puis au Moyen Âge.
Hippocrate était l’un des plus éminents médecins de l’Antiquité. Il proposa une médecine reposant sur sa théorie des
4 humeurs : sang, bile jaune, bile noire et flegme. Il met ces 4 humeurs en relation avec les 4 éléments, les 4 organes
principaux, les 4 saisons et les 4 âges de la vie. A partir de son raisonnement, on obtient ce schéma :
Ce schéma, enrichi par Galien au 2e siècle de notre ère, forma le fondement de la médecine pendant deux
millénaires.
Ainsi les épisodes de maladie ne sont pas causés par les dieux, comme on le croyait alors, mais par des phénomènes
naturels tels qu’un excédent d’une des humeurs ou la présence dans le corps de résidus d’aliments indigestes.
Problématique
En quoi la théorie des humeurs répond-elle à la définition des différents tempéraments humains ?
Lettre à Pentadius,Vindicien:
L’auteur et la relation du texte avec la théorie des humeurs
Vindicien est un auteur très peu connu de l’antiquité. Mais nous savons qu’il était médecin et proconsul en Afrique à
l’époque où il écrivit sa lettre.
Le développement le plus systématique sur la théorie des quatre humeurs et des quatre tempéraments se trouve
dans la tradition latine. Le texte le plus connu est la lettre dite de Vindicien à son neveu Pentadius. Si la lettre est
authentique, elle daterait entre le 4ème et le 5ème siècle après J.-C.
Présentation du texte
Traduction :
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PORTOFOLIO LATIN

Introduction :

Origine de la Théorie des humeurs : La théorie des quatre humeurs prend ses origines dans un des traités de la Collection hippocratique , plus précisément, le traité de la Nature de l'homme , une œuvre de Polybe, disciple d’Hippocrate. A la base, la théorie des quatre humeurs n'était en son temps qu'une théorie humorale parmi d'autres. Mais elle connut une destinée exceptionnelle, lorsqu’on attribua au maître Hippocrate l'œuvre de son disciple. Mais la théorie ne connut sa forme définitive qu'à une époque tardive où elle eut un essor considérable non seulement en Orient, mais aussi en Occident, puis au Moyen Âge. Hippocrate était l’un des plus éminents médecins de l’Antiquité. Il proposa une médecine reposant sur sa théorie des 4 humeurs : sang, bile jaune, bile noire et flegme. Il met ces 4 humeurs en relation avec les 4 éléments, les 4 organes principaux, les 4 saisons et les 4 âges de la vie. A partir de son raisonnement, on obtient ce schéma : Ce schéma, enrichi par Galien au 2e siècle de notre ère, forma le fondement de la médecine pendant deux millénaires. Ainsi les épisodes de maladie ne sont pas causés par les dieux, comme on le croyait alors, mais par des phénomènes naturels tels qu’un excédent d’une des humeurs ou la présence dans le corps de résidus d’aliments indigestes. Problématique En quoi la théorie des humeurs répond-elle à la définition des différents tempéraments humains?

Lettre à Pentadius , Vindicien :

L’auteur et la relation du texte avec la théorie des humeurs Vindicien est un auteur très peu connu de l’antiquité. Mais nous savons qu’il était médecin et proconsul en Afrique à l’époque où il écrivit sa lettre. Le développement le plus systématique sur la théorie des quatre humeurs et des quatre tempéraments se trouve dans la tradition latine. Le texte le plus connu est la lettre dite de Vindicien à son neveu Pentadius. Si la lettre est authentique, elle daterait entre le 4ème et le 5ème siècle après J.-C. Présentation du texte  Traduction :

“Ces quatre humeurs se divisent aussi entre les quatre âges, c’est-à-dire que le flegme domine chez les enfants avec le sang du commencement de la vie jusqu’à 13 ans, puis la bile jaune domine en partie avec le sang chez les jeunes gens jusqu’à 25 ans. Puis jusqu’à 42 ans, le sang domine en grande partie avec la bile noire. Puis jusqu’au terme de la vie comme chez les enfants c’est le phlegme qui domine. Quand l’homme meurt, toutes ces humeurs regagnent leurs places.” “En outre, ces quatre humeurs produisent chez les hommes les tempéraments suivants. Le sang rend les hommes bien intentionnés, simples, modérés, séduisants, agréables ou pleins de saveurs. La bile jaune rend les hommes irritables, intelligents, vifs, légers d’esprit, maigres, mangeant beaucoup et digérant vite. La bile noire rend les hommes fourbes avec de la colère, avares, craintifs, sombres, endormis, jaloux, ayant fréquemment des cicatrices noires aux pieds. Le flegme rend les hommes bien conformés de corps, éveillés, réfléchissant en eux-mêmes, portant rapidement des cheveux blancs, moins audacieux.”  Analyse Nous pouvons ainsi percevoir dans le texte de Vindicien la mention des quatres humeurs : “sanguis”, “cholera rubea”, “cholera nigra”, “flegma”. Ces mots font référence aux 4 humeurs : le sang, la bile jaune, la bile noire et le flegme. Dans le langage courant, nous pouvons retrouver des adjectifs et des expressions dérivés de ces mots. L’adjectif SANGUINEUS Par exemple, l’adjectif latin “ sanguineus ” a donné l’adjectif “ sanguin ” en Français, qui signifie d’abord “relatif au sang”, ou “qui rappelle la couleur du sang”, puis qui donnera par la suite “où le sang domine” en référence à la théorie des humeurs. On parle alors de tempérament sanguin, visible entre autres éléments par la coloration rouge du visage. A cette manifestation physique, ont été associées des caractéristiques psychologiques et émotionnelles, dont nous retenons aujourd’hui l’aspect emporté. Un homme sanguin est un homme qui se met facilement en colère, cède facilement à la violence. L’adjectif CHOLERA Ou bien, par exemple, l’adjectif latin “ cholera ”, donna en Français des mots qui appartiennent au vocabulaire médical. On trouvera notamment les adjectifs renvoyant à la maladie épidémique du choléra : par exemple “ cholérétique ”, qui signifie “qui stimule la sécrétion de la bile”. Sinon, les adjectifs les plus courants appartiennent à la famille du mot colère, lui-même issu du mot choléra, avec colérique et coléreux. L’adjectif PHLEGMATICUS L’adjectif latin “ phlegmaticus ” a donné l’adjectif Français “ flegmatique ” qui a d’abord signifié “qui a du phlegme, de la lymphe en abondance”. L’adjectif a ensuite désigné le tempérament d’une personne “qui contrôle facilement les émotions”, autrement dit “calme”. Il est synonyme aujourd’hui d’“imperturbable, garde son sang-froid” Ainsi, dans son texte, Vindicien développe la théorie des humeurs. Il nous parle en plus d’états en fonction de l’âges :

  • Le flegme domine chez les enfants avec le sang du commencement de la vie jusqu’à 13 ans
  • la bile jaune domine en partie avec le sang chez les jeunes gens jusqu’à 25 ans
  • Puis jusqu’à 42 ans, le sang domine en grande partie avec la bile noire.
  • Puis jusqu’au terme de la vie comme chez les enfants c’est le phlegme qui domine On a ici quatre âges mentionnés : l’enfance du la naissance jusqu’à l’âge de 13 ans ; la jeunesse entre 14 ans et 25 ans ; l'âge adulte entre 26 et 42 ans. Chaque âge apporte différentes humeurs et états :

L’extrait : Toinette : Cet homme-là n’est point écrit sur mes tablettes entre les grands médecins. De quoi dit-il que vous êtes malade? Argan : Il dit que c’est du foie, et d’autres disent que c’est de la rate. Toinette : Ce sont tous des ignorants. C’est du poumon que vous êtes malade. Argan : Du poumon? Toinette : Oui. Que sentez-vous? Argan : Je sens de temps en temps des douleurs de tête. Toinette : Justement, le poumon. Argan : Il me semble parfois que j’ai un voile devant les yeux. Toinette : Le poumon. Argan : J’ai quelquefois des maux de cœur. Toinette : Le poumon. Argan : Je sens parfois des lassitudes par tous les membres. Toinette : Le poumon. Argan : Et quelquefois il me prend des douleurs dans le ventre, comme si c’étoient des coliques. Toinette : Le poumon. Vous avez appétit à ce que vous mangez? Argan : Oui, monsieur. Toinette : Le poumon. Vous aimez à boire un peu de vin? Argan : Oui, monsieur. Toinette : Le poumon. Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir? Argan : Oui, monsieur. Analyse : Toinette est déguisée comme pour une auscultation et se présente comme un médecin de passage. Toinette interroge alors Argan sur le diagnostic de M. Purgon. Or la réponse d’Argan souligne les errances de la médecine avec le parallélisme « Il dit que c’est du foie ; et d’autres disent que c’est de la rate ». La répétition du verbe « dire » montre que la médecine est fondée sur l’opinion, la doxa plutôt que sur la science. Toinette balaie ces errances par l’hyperbole « Ce sont tous des ignorants ». La tournure emphatique « C’est du poumon que » met en valeur le diagnostic et mime la certitude d’un médecin compétent. Or il s’agit d’un comique de situation car le spectateur, lui, sait que Toinette n’est pas médecin. Le comique est renforcé par le fait qu’anatomiquement, le poumon  n’a rien à voir avec le foie ni la rate. Molière déploie sa satire de la médecine à travers le diagnostic proposé par Toinette. Argan décrit ses symptômes par le champ lexical de la maladie et du corps : « douleurs de tête » , « voile devant les yeux » , « maux de cœur » , « tous les membres » , « douleurs dans le ventre ». Mais ces symptômes ne correspondent en rien au diagnostic posé par le médecin : « Le poumon ». Ce décalage crée un effet comique. Par ailleurs, l’anaphore « Le poumon » contribue au registre satirique dans la mesure où le médecin formule de manière mécanique son diagnostic. Ce qui devrait être le fruit d’une déduction n’est qu’une répétition mécanique et comique qui relève du genre de la farce. Toinette va passer à une séance de questions qui font référence aux habitudes et au quotidien d’Argan : « boire un

peu de vin », « un petit sommeil » : « un peu de » et « petit » donnent l’impression d’un travail d’investigation précis et reposant sur une expertise. Conclusion du MI : Dans cet extrait Molière se moque des médecins et de leur prétention, des grands airs quʼils se donnent. Le personnage du médecin ridicule (il Dottore) provient de la commedia dell’arte et prête à rire avec sa grande robe noire, sa fraise et son chapeau pointu. Le registre consistant à se moquer de quelquʼun ou de quelque chose, en rire pour en montrer le ridicule, lʼinutilité ou le danger sʼappelle la satire. Le Malade imaginaire est donc une pièce satirique.

Conclusion :

La théorie des quatre humeurs prend ses origines dans un des traités de la Collection hippocratique écrit par Hippocrate. Elle sera reprise de très nombreuses fois, notamment par Vindicien dans sa lettre à Pentadius, et deviendra alors un fondement de la médecine jusqu’au 17ème siècle, alors que Molière écrit ses pièces. L’auteur critiquera dès lors la médecine de son temps qui n’a finalement presque pas évoluée depuis l’Antiquité.

Ouverture :

Cette théorie est reprise plus récemment dans le discours de Jacques Jouanna, Aux racines de la nature de l’homme / L'homme et les quatre éléments, 2006, dans lequel il explique le développement de la théorie et son expansion sous la forme d’une enquete sur 25 siècle” “La médecine grecque nous a livré une vision quaternaire de la nature. ”