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Orientación Universidad
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Michel strogoff (Français), Apuntes de Idioma Francés

Asignatura: frances I, Profesor: , Carrera: Lenguas Modernas y sus Literaturas, Universidad: UCM

Tipo: Apuntes

2012/2013

Subido el 16/05/2013

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¡No te pierdas las partes importantes!

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Le
XIXéme
siécle
est le
siécle
des grands romans et
des grands romanciers. Jules Verne est le contempo-
rain
d'Honoré
de
Balzac,
d'Alexandre Diunas
pére,
de
Gustave Flaubert, de Guy de Maupassant,
d'Émile
Zola...
Jules Verne est surtout connu pour ses romans
scientifiques
d'anticipation, mais il
s'est
aussi beau-
coup
intéressé
á l'histoire de son
siécle
et s'en est
inspiré
pour
écrire
Michel Strogoff (1876), Les cinq
cents
mülions
de la
bégum
(1879), Nord contre
Sud (1887).
En
1874,
influencé
par les
événements
de
Russie,
il
commence á
écrire
Le courrier du czar, qui prendra
ensuite le titre de Michel
Strogoff.
Les
mota
ou expressions
suivis
d'un
astérisque*
dans
le texte sont
expliques
dans
le
Vocabuiaire,
page
61.
-4-
PREMIERE
PARTIE
I
L
E
CZAR
DE
RUSSIE
donne une grande
féte
dans
les
tres
beaux salons de son palais de
Moscou.
Mais
ce
soir-lá,
le'
juillet,
le czar ne
danse
pas
et parle peu avec ses
invites.
II parle seulement á une
personne : le general
Kissoff,
qui est le chef de la
pólice.
Le
czar a des
problémes
avec la
Sibérie,
une pro-
vince
russe qui refuse son
autorité,
et avec les
Tartares, qui veulent envahir1 l'empire russe en
Asie.
Depuis
la
veüle,
il
n'a pas de nouvelles de son
frére,
le
grand-duc, qui est á Irkoutsk, en
Sibérie.
La
Sibérie
est une vaste
étendue
de steppes2 qui
est
située
entre
la Russie d'Europe, l'empire chinois
et
l'océan glacial. Aucun
train ne traverse ses
immenses plaines. En été, on voyage en
tarentass*
ou
en
télégue*
; en hiver en traineau*.
-
Les
dépéches3
n'arrivent plus en
Sibérie, Sire,
dit
le
general
Kissoff
au czar.
1. Envahir : entrer par la
forcé
et s'installer
dans
un pays ou une
región.
2.
Steppe : grande plaine
sans
arbres qu'on trouve en Russie et en
Asie.
3. Dépéche :
inforniation qui est
envoyée
rapidement.
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¡Descarga Michel strogoff (Français) y más Apuntes en PDF de Idioma Francés solo en Docsity!

Le XIX

é m e siécle est le siécle des grands romans et

des grands romanciers. Jules Verne est le contempo-rain d'Honoré de Balzac, d'Alexandre Diunas pére, deGustave Flaubert, de

Guy de Maupassant,

d'Émile

Zola...

Jules Verne est surtout

connu pour ses romans

scientifiques d'anticipation, mais il s'est aussi beau-coup intéressé á l'histoire de son siécle et s'en

est

inspiré pour écrire

Michel Strogoff

Les cinq

cents mülions

de la bégum

Nord

contre

Sud

En 1874, influencé par les événements de Russie, il commence á écrire

Le courrier du czar,

qui prendra

ensuite le titre de

Michel Strogoff.

Les

mota

ou expressions suivis d'un astérisque* dans le texte sont

expliques dans le Vocabuiaire, page

61.

  • 4 -

PREMIERE PARTIE

I

L

E^

CZAR DE RUSSIE

donne une grande féte dans

les tres beaux salons de son palais de Moscou.Mais ce soir-lá, l

e^ ' juillet, le czar ne danse pas

et parle peu avec ses invites. II parle seulement á unepersonne

: le general Kissoff,

qui est le chef de la

pólice.

Le czar a des problémes avec la Sibérie, une pro- vince

russe

qui refuse

son

autorité,

et

avec

les

Tartares, qui veulent envahir

1 l'empire russe en Asie.

Depuis la veüle, il n'a pas de nouvelles de son frére, legrand-duc, qui est á Irkoutsk, en Sibérie.

La Sibérie est une vaste étendue de steppes

2 qui

est située entre la Russie d'Europe, l'empire chinoiset

l'océan

glacial.

Aucun

train

ne

traverse

ses

immenses plaines. En été, on voyage en tarentassou en télégue ; en hiver en traineau*.

  • Les dépéches

3 n'arrivent plus en Sibérie, Sire, dit

le general Kissoff au czar.^ 1.^

Envahir : entrer par la forcé et s'installer dans un pays ou une región.2. Steppe : grande plaine sans arbres qu'on trouve en Russie et enAsie.3. Dépéche : inforniation qui est envoyée rapidement.

-^

Est-ce qu'on a des nouvelles du traítre

1 Ivan

Ogareff

? Je sais qu'il veut tuer mon frére.

  • Aucune. On ne sait pas s'il est arrivé en Sibérie.-^

Mon frére

sait qu'Ivan Ogareff est un rebelle

mais il ne sait pas

que

c'est aussi un traítre. Ivan

Ogareff veut aller á Irkoutsk et la, avec un faux nom,devenir le serviteur

du grand-duc,

puis obtenir sa

conñance. Et lorsque les Tartares envahiront Irkoutsk,il livrera la ville et mon frére á leur chef, le terribleFéofar-Khan. C'est tout ce que je sais et c'est ce quemon frére ignore et doit savoir.

-^

Sire, un courrier' intelligent et courageux peut

parcourir les cinq mille deux cents verstes'' qui sépa-rent

Moscou d'Irkoutsk. Je comíais un homme qui peut

le faire.

C'est un Sibérien

de trente ans, un

homme fort qui peut supporter le froid, la faim, la soifet la fatigue. II connait tres bien le pays et parle sesdifférentes langues.

Pendant toute la soirée, deux invites, que person- ne ne connait, parlent á voix basse de la situation en 1.^

Traítre : personne qui trompe un groupe et l'abandonne pour un autre.2. Rebelle : personne qui se révolte contre l'autorité.3. Courrier : personne qui porte une (ou plusieurs) lettre importan-te qu'il doit remettre personnellement á la personne á qui elle estenvoyée.4. Verste : la verste vaut 1067 métres. 5200 verstes = 5523 kilo-métres.

Russie. lis ont tous les deux des informations tres pre-cises, mais ils ne les font pas connaltre aux autres invi-tes. Qui sont ees deux hommes?

L'un est un Anglais, discret et flegmatique. C'est le correspondant

1

clu

Daily

Telegraph

et

il s'appelle

Harry Blount.

L'autre

est

un

Frangais

qui se

nomme

Alcide

Jolivet. Lorsqu'on lui demande pour quel journal il tra-vaille, il répond qu'il correspond avec « sa cousineMadeleine ».


Le general Kissoff entre dans le bureau du czar.- Le courrier dont je vous ai parlé est ici et il attend vos ordres, Sire.

  • Comment s'appelle-t-il ?- Michel Strogoff.- Quand peut-il partir ?- Tout de suite, si vous le désirez.- Dites-lui de venir.Michel Strogoff entre.-^

Oü es-tu né, Michel Strogoff? lui demande le

czar.

  • Á Omsk.- As-tu des parents á Omsk ?- Oui, Sire, ma vieille mere.- Le grand-duc est á Irkoutsk ; voici une lettre que 1.^ Correspondant: journaliste.

PREMIÉRE PARTJE

II

E MATIN DU

JUILLET,

Michel Strogoff, vétu d'un

simple costume russe, monte dans le train quiva le conduire á Nijni-Novgorod. Dans le train, les voyageurs, qui sont presque tous des commercants qui vont á la grande foire

1 de Nijni-

Novgorod, parlent de 1'invasion des Tartares.

Á la gare de Madimir,

de nouveaux voyageurs

montent dans le train. Piirmijejjx, il y a une jeune filiequi s'assoit en face de Michel Strogoff.

C'est une jeune filie blonde, cljarmantej qui doit avoir entre seize et dix-sept ans. Michel Strogoff laregarde avec curiosité et se demande oü elle va, touteseule.

Des policiers montent aussi dans le train et deman- dent leurs papiers aux voyageurs.

  • Tu es de Riga? demandent-ils á la jeune filie en regardant son billet. - O u i .- Tu vas á Irkoutsk ?- O u i. 1.^

Foire : grand marché public qui a lieu dans certaines villes á des dates flxes.

  • Par quelle route ?- Par la route de Perm.- Bien, répond l'inspecteur. Tu devras faire viser

1

ton permis au bureau de pólice de Nijni-Novgorod.

En

entendant

ees

demandes

et

ees

réponses,

Michel Strogoff est surpris. Malgré la situation poli-tique, cette jeune filie va toute seule en Sibérie!


Le

Caucase,

le bateau qui va amener le courrier du

czar de Nijni-Novgorod á Perm, ne part que le lende-main á midi.

En attendant son départ, Michel Strogoff se pro- méne dans la vüle et pense á la jeune filie qui a voya-gé avec lui. II se demande pourquoi elle va en Sibérietoute seule. II s'assoit sur un banc, á cóté d'une rou-lotte* en bois.

  • Qu'est-ce que tu fais la? lui demande d'une gros- se voix un homme qu'il n'a pas vu venir. Je n'aime pasque des inconnus s'assoient devant chez nous. - Je me repose, répond Michel Strogoff.L'homme

ressemble

á^

un

Bohémien

2.^

Á

ce

moment, la porte de la maison s'ouvre et une femmelui dit :

-^

C'est sürement un espión... Laisse-le et viens

SQULK

'.r.

1.^

Viser : faire mettre une signature officielle sur un document.

  1. Bohémien : personne qui ne reste jamáis dans la méme ville etqui habite dans une roulotte.

-^

Tu as raison, Sangarre

! Et puis demain, nous

serons partís.

  • Demain? répond la femme, surprise.-^

Oui, Sangarre, répond le Bohémien, et c'est le

Pére

1 lui-méme qui nous

envoie... oú nous voulons

aller!

Michel Strogoff se trouve sur la place céntrale de la ville lorsqu'un policier arrive et lit la déclaration sui-vante :

« Aucune

personne russe ne pourra sortir de la

province.

Tous les étrangers

d'origine

asiatique

doivent

quitter la province

immédiatement.

« Aucune

personne russe ne pourra

sortir de la

province.

Si Ivan Ogareff est encoré dans la province,

cet

ordre

rempeche

de

rejoindre

Féoí'ar-Khan qui

perd

ainsi un

homme

important.

» pense

Michel

Strogoff.

II pense aussi á la jeune filie russe qui ne pourra pas continuer son voyage. II se demande s'il peut l'ai-der, et comment...

« Je peux avoir besoin d'elle plus qu'elle n'a besoin de moi! » pense-t-il. « Si je voyage seul, quelqu'unpeut deviner que je suis le courrier du czar. Si, au 1. Le Pére : nom donné familiérement au czar de Russie.

contraire,

cette jeune

filie

m'accompagne,

je

res-

semble davantage á un commergant. Oui, il faut qu'el-le m'accompagne! »

Toute la soirée, Michel Strogoff cherche la jeune filie, mais il ne la trouve pas.

Le lendemain matin, il va montrer son podaroshna au bureau de pólice. La jeune filie est la, assise sur unbanc, et elle a l'air tres malheureujfc; Michel Strogoffdevine qu'elle ne peut pas continuer son voyage, ácause de l'ordre du czar.

Un agent fait entrer Michel Strogoff dans le bureau du chef de pólice. Lorsqu'il ressort,

son podaroshna

signé á la main, il s'approche

de la jeune filie et, lui

tendant la main :

  • Ma sceur... dit-il.Elle comprend et se leve.- Ma sceur, répéte Michel Strogoff, nous avons l'au- torisation de continuer notre voyage á Irkoutsk. Tuviens?

-^

Je te suis', mon frére, répond la jeune filie en

mettant sa main dans celle de Michel Strogoff.

Et ils quittent ensemble la maison de pólice.


Deux heures aprés le départ du

Caucase,

Michel

Strogoff et la jeune filie sont assis sur le pont.

  • Tu vas á Irkoutsk, frére? 1.^

Suivre : aller derriére quelqu'un.

  • Disons que nous marchons de front
  • Vous allez á Perm... comme moi ?- Comme vous.- Et ensuite vous irez de Perm á Ekaterinbourg ?- Probablement.-^

Lorsque nous aurons passé la frontiére,

nous

serons

en

Sibérie,

c'est-á-dire

en

pleine

invasión.

Donnez-moi la main, monsieur Blount, et soyons amispendant que nous sommes sur ce bateau.

En

se

promenant

sur

le pont,

Michel Strogoff

reconnait aussi les voix des Bohémiens qu'il a enten-dues á Nijni-Novgorod et il s'arréte pour écouter.

-^

On dit qu'un courrier est parti de Moscou pour

Irkoutsk! dit la femme.

  • On le dit, Sangarre, mais ce courrier arrivera trop tard, ou il n'arrivera pas!

Michel Strogoff tressaillit

2 en entendant ees mots.

« Qui sait qu'un courrier est parti et c o n r n e n t l ^ t j l .appris? »^ 1. De front: l'un á cóté de l'autre.2. Tressaillir : faire un mouvement brusque, trembler sous l'effetd'une émotion violente.

PREM1ÉRE PARTIE

III

L

E LENDEMAIN MATIN,

Nadia retrouve son compa-

gnon sur le pont.- Á quelle distance sommes-nous de Moscou?

lui demande-t-elle.

  • Á neuf cents verstes !- Frére, dit-elle, je vais tout te diré. Je m'appelle Nadia Fédor et je suis la filie d'un exilé
  1. Mon pére,

Wassili Fédor, était médecin á Riga. II y a deux ans,le gouvernement

a appris

qu'il appartenait

á^

une

société secrete étrangére et il lui a ordonné de par-tir pour Irkoutsk. Ma mere est morte i l y a un moiset j'ai obtenu l'autorisation d'aller vivre avec monpére.

-^

Je

vais moi aussi

á Irkoutsk,

répond

Michel

Strogoff. J'ai un podaroshna spécial pour la Sibérie etje t'accompagnerai jusque chez ton pére.

-^

Merci, frére

! répond Nadia. J'avais un pernüs

spécial pour aller á Irkoutsk, mais maintenant

il ne

vaut plus rien.

-Et tu voulais traverser les steppes de la Sibérie

  1. Exilé : personne condamnée par les autorités á vivre en dehorsde son pays.

toute seule! Tu ne savais done pas que le pays étaitenvahi par les Tartares?

  • Je Tai appris en arrivant á Moscou.- Et malgré cela, tu as continué ton voyage !- C'était mon devoir, frére!

Le lendemain, 18 juillet, le

Caucase

arrive á Perm

et, une demi-heure plus tard, Nadia et Michel Strogoffs'installent dans un tarentass tiré par trois chevaux.

  • Nous allons voyager jour et nuit, Nadia. Je dois arriver á Irkoutsk le plus rapidement possible et c'estpourquoi je ne veux pas m'arréter un seul instant. - Je ne te retarderai

1 pas, frére. Tu as deja fait/ce

voyage?

  • Plusieurs fois, pour aller á Omsk.- Et qu'allais-tu faire á Omsk ?- Voir ma mere, la vieille Marfa.

Michel Strogoff et Nadia ne sont pas seuls sur la route

de

Perm

á

Ekaterinbourg. Des

le

premier

reíais

2 , le courrier du czar a appris qu'une télégue les

précédait.

Le 20 juillet, vers huit heures du matin, üs/ípergoi-

  1. Retarder quelqu'un : faire qu'une personne arrive eíí retard.2. Reíais (de poste): maison au bord de la route oü on s'aírete pourremplacer les chevaux fatigues.

vent au loin les monts Ourals, ees montagnes qui sépa-rent la Russie d'Europe de la Sibérie.

-^

Nous traverserons

ees

montagnes

pendant la

nuit, dit Michel Strogoff á Nadia.

Mais pendant la journée, le ciel devient plus noir et ils entendent quelques coups de tonnerre

-^

II va y avoir un_ orage, dit l'iemschik

2 á Michel

Strogoff.

  • Est-ce que la télégue continué á nous preceder ?- Oui. Elle est devant nous.- Alors, nous continuons. Tu auras un bon pourboi- re

3 si nous arrivons demain matin á Ekaterinbourg !Vers onze heures, des éclairs

4 commencent á illu-

miner le ciel. Les chevaux, effrayés,

s'arrétent brus-

quement et refusent d'avancer. Michel Strogoff sent lamain de Nadia qui s'appuie sur la sienne.

  • J'entends des cris, frére. Écoute! Ce sont sans doute des voyageurs qui demandent du secours!

-^

Nous ne pouvons pas les aider, dit riemschik.

Nous ne pouvons pas mettre en danger la voiture etles chevaux.

  • J'irai á pied, répond Michel Strogoff.- Je t'accompagne, frére.- Non, reste, Nadia. L'iemschik restera prés de toi. Je ne veux pas le laisser seul..., ajoute-t-il á voix basse.^ 1. Tonnerre : grand bruit dans le ciel.2. Iemschik : personne qui conduit une voiture tirée par un cheval(mot russe).3. Pourboire : quantité d'argent qu'on donne en plus du salaire.4. Éclair: dans le ciel, lumiére tres courte et tres vive qui se produitpendant un orage.

Et, tirant son couteau de sa ceinture, il s'élance contre l'animal. Son bras ne fait qu'un mouvement, debas en haut, et l'énorme animal, ouvert du ventre aucou, tombe sur le sol.

  • Tu n'es pas blessée, ma sceur ?- Non, frére. Les chevaux ont eu peur de l'ours et ils ont pris la fuite. Et l'iemschik est parti derriére-eux.Alors j'ai pris un revolver et j'ai tiré sur 1'animal. - Vous étes peut-étre un simple commercant, mon- sieur Kopanoff, mais je vois que vous savez utiliser uncouteau de chasseur... - En Sibérie, messieurs, répond Michel Strogoff, il faut savoir faire un peu de tout!

Á ce moment, l'iemschik revient avec les chevaux et Michel Strogoff lui explique la situation.

PREMIÉRE PARTIE

IV

L

E^

JUILLET,

les

deux

voitures

arrivent

á

Ekaterinbourg.- Messieurs, dit Michel Strogoff á ses nouveaux

compagnons, je dois vous diré que je suis tres pressé

1

d'arriver á Omsk. Je ne m'arréterai dans les prochainsreíais que pour changer de chevaux et je voyageraijour et nuit.

-^

Nous ferons

la méme

chose,

répond

Harry

Blount, et nous ne vous retarderons pas.

Á chaqué reíais, ils changent de chevaux sans pro- blémes et, le 23 juillet, les deux tarentass sont á seu-lement trente verstes d'Ichim.

Á ce moment, Michel Strogoff apergoit sur lanroute une voiture qui precede la sienne. Ce n'est ni up taren-tass ni une télégue, mais une berline*. Pour MichelStrogoff, qui ne sait pas s'il y a beaucoup de chevauxou non dans le prochain reíais, il est important d'arri-ver avant la berline.

-^

Tu auras un bon pourboire si nous arrivons au

prochain reíais avant cette berline, dit-il au iemschick.

Á huit heures du soir, Michel Strogoff et ses com-

  1. Étre pressé : qui veut aller vite.

pagnons

arrivent

les

premiers

au

reíais

de

poste

d'Ichim. Les deux correspondants ont decide de resterquelques jours á Ichim mais Michel Strogoff, qui doitcontinuer son chemin, demande immédiatement deschevaux pour lui.

Dix minutes plus tard, son tarentass est prét á repartir.

Les deux correspondants sont en train de lui serrer la mam lorsqu'une

voiture entre

dans la cour. Un

homme parait: c'est le voyageur de la berline.

  • Je veux des chevaux immédiatement, dit-il.- Je n'ai plus de chevaux, répond le maitre de poste.-^

Et les chevaux qui viennent d'étre attelés

1 au

tarentass qui est dans la cour?

  • Ils appartiennent á ce voyageur, répond le maitre de poste en montrant Michel Strogoff. - Je suis pressé et je veux ees chevaux immédiate- ment, dit l'homme. - Moi aussi je suis pressé, répond Michel Strogoff, tout en essayant de garder son calme.

-^

Qu'on dételle

2 ce tarentass, s'écrie le voyageur

d'une voix menagante. Je veux ees chevaux et je lesveux tout de suite.

  • Ne le faites pas! dit Michel Strogoff au maitre de poste. - Tu ne veux pas me donner tes chevaux ?- Non, répond Michel Strogoff. 1.^ Atteler: attacher des chevaux á une voiture. 2. Dételer : enlever les chevaux qui sont attelés.
  • Aucune, Nadia.- Quand la verras-tu ?- Je ne la verrai pas.- Tu n'iras pas Fembrasser ?- Non, Nadia.

\

  • Ah! frére, pour quelles raisons, si ta mere est á Omsk, peux-tu refuser de la voir? - Pour quelles raisons, Nadia? Mais pour les raisons qui ont fait de moi un lache

1 avec le miserable qui...

II ne peut pas terminer sa phrase.-^

Calme-toi, frére.

Je devine que tu obéis á un

devoir sacre, plus sacre que celui qui unit un ñls á samere. Puisque tu me donnes ce nom de sceur, je suisaussi la filie de María! J'irai la voir.

Le 25 juillet, Michel Strogoff et Nadia sont sur les bords du fleuve Irtyche. Ils montent sur un bac* avecle tarentass et les chevaux pour traverser le fleuve.Omsk n'est plus tres loin.

Michel Strogoff regarde le fleuve et voit plusieurs barques* qui avancent rapidement.

II pálit.- Qu'y a-t-il? lui demande Nadia.- Les Tartares !En effet, les barques que Michel Strogoff a vues sont chargées de soldats tartares.^ 1. Lache : qui ne montre pas de courage.

-^

Viens, Nadia, s'écrie Michel Strogoff, prét á se

jeter dans le fleuve.

Mais, á ce méme instant, Michel Strogoff est frap- pé par une arme et tombe dans le fleuve. Sa main s'agi-te un instant au-dessus de l'eau et il disparaít.

Nadia pousse un cri. Les Tartares la saisissent et l'emménent avec eux dans une barque.

PREMIÉRE PARTIE

\

V

!

E COUP QUI A FRAPPÉ Michel Strogoff

n'était

pas

mortel. En nageant, il est arrivé sur le bord dufleuve et la, il est tombé évanoui. Quand il se réveille, il se trouve dans la cabane d'un moujik

-^

Une jeune filie m'accompagnait..., lui dit-il. Est-

ce qu'elle est ici?

-^

Non, mais elle est vivante. Les Tartares~Tpnt

emmenée dans une barque.

  • Depuis combien de temps est-ce que je suis ici ?- Depuis trois jours.- J'ai perdu beaucoup de temps. Je dois partir tout de suite pour Omsk. - Je t'accompagne, lui répond le moujik.

Michel Strogoff connait tres bien Omsk, et les deux hommes entrent dans la ville sans difficulté.

Un groupe de Tartares, commandé par un officier, s'avance vers la rué dans laquelle ils se trouvent. 1. Moujik : paysan russe.

-^

Qui est cet officier? demande Michel Strogoff au

moujik.

-^

C'est Ivan Ogareff.

  • Lui? s'écrie Michel Strogoff.II vient de reconnaitre dans cet officier le voyageur qui l'a frappé au reíais d'Ichim.

Michel Strogoff veut obtenir un cheval pour conti- nuer son voyage. Le moujik le conduit au reíais deposte. Avant de repartir, il decide de manger un peu.

Tout á coup, un cri le fait tressaillir.- Mon fils !Sa mere, la vieille Marfa, est devant lui.-^

Qui étes-vous, ma brave dame? lui demande

Michel Strogoff.

-Qui

je suis? Tu le demandes? Mon

enfant, tu ne

reconnais pas ta mere?

-^

Vous vous trompez! répond Michel Strogoff en

quittant la salle.

  • J e

suis folie, dit alors la vieille Marfa á ceux qui

sont dans la salle. Mes yeux m'ont trompee. Ce jeunehomme n'est pas mon fils. II n'a pas sa voix.

Dix

minutes plus tard, un officier

tartare entre

dans la maison de poste.

  • Marfa Strogoff? demande-t-il.-^

C'est moi,

répond la vieille femme.

  • Viens !Marfa Strogoff suit l'officier tartare. Quelques ins- tants plus tard, elle est en présence d'Ivan Ogareff. - Ton nom? demande-t-il.- Marfa Strogoff.

Michel Strogoff quitte Omsk le 29 juillet et, le 5 aoüt, il est á mille cinq cents verstes d'Irkoutsk. Sur saroute, il voit des maisons brülées, des champs devas-tes

1 , des familles qui pleurent et il comprend que les Tartares le précédent.

II continué sa route. Á un moment, il entend un bruit de chevaux et il se cache entre des arbres. II voitun groupe de Tartares qui s'installe dans un pré pourpasser la nuit. Michel Strogoff s'approche pour écou-ter ce qu'ils disent:

  • Ce courrier doit suivre la méme route que nous. On dit que c'est un Sibérien et qu'il connait bien la región. - La vieille Sibérienne est une femme dure. Elíe^a soutenu

2 que ce marchand n'était pas son ñls, mais i l \

était trop tard. Le colonel Ogareff saura bien la faireparler...

Tous ees mots sont comme des coups de couteau pour Michel Strogoff et il decide de partir le plus vitepossible. Mais á ce moment, un Tartare l'apercoit etalerte

3 les autres. Tous les

Tartares

se jettent

á la poursuite

de

Michel Strogoff.

:

La distance qui les separe du courrier düninue peu á peu. Pour sauver sa vie, Michel Strogoff entre dansle ñeuve avec son cheval. Les Tartares tirent sur lui ettuent

son cheval. Michel Strogoff

disparait dans le

fleuve.^ 1. Devasté : détruit.2. Soutenir: affirmer.3. Alerter : diré á quelqu'un qu'il y a un danger.


Michel Strogoff est en vie. Mais il n'a plus de che- val et il continué sa route á piecl. II arrive amsi áKolyvan, et s'approche d'une petite maison isolée :c'est un poste télégraphique. II y a une seule personnedans la salle : un employé calme et indifférent á ce quise passe dehors. Á ce moment, la porte s'ouvre etdeux hommes entrent. Michel Strogoff les reconnaittout de suite : ce sont Harry Blount et Alcide Jolivet,qui viennent

envoyer des

dépéches.

Harry

Blount

envoie la premiére :

«^

Aujourd'hui,

les

Tartares

sont

entres

dans

Kolyvan et beaucoup de soldats russes sont morts. »

Á ce moment, des soldats tartares entrent dans la maison et font prisonniers les deux correspondants etMichel Strogoff.

DEUX!EME PARTIE

I

E^

LENDEMAIN,

AOÜT,

les

prisonniers faits

á

Kolyvan sont amenes dans le camp oü se trou-ve l'émir Féofar-Khan. Parmi

tous

ees

prisonniers, le

plus

docile

1

est

Michel Strogoff, car il ne veut pas étre remarqué nireconnu.

¡1 pense beaucoup á sa mere et á Nadia et il se demande oü elles sont.

Quatre jours plus tard, le 12 aoüt, Ivan Ogareff arri- ve dans le camp tartare, accompagné

d'une armée

importante, d'un groupe de prisonniers russes et sibé-riens et d'un groupe de Bohémiens qui sont ceux queMichel Strogoff a deja rencontrés á deux occasions. LaBohémienne Sangarre est une espionne d'Ivan Ogareffet elle est capable de tout pour plaire á son maitre.

Ivan Ogareff descend de cheval et s'avance vers Féofar-Khan.

  • Tu es le maitre de la principale route sibérienne qui va de Ichim á Tomsk, lui dit-il. Les troupes du czaront été vaincues á Kolyvan, et elles le seront partout. - Que dois-je faire? 1. Docile : qui obéit toujours.
  • Tu dois prendre la vüle d'Irkoutsk, qui est la capi- tale des provinces de l'est, et prendre

en otage

1 le

grand-duc, le frére du czar.

-^

C'est ce que je ferai, Ivan Ogareff. Nous allons

partir aujourd'hui pour Tomsk.

Ivan Ogareff s'incline. Á ce moment, il entend des cris qui viennent de l'endroit oü se trouvent les pri-sonniers. Ses soldats lui aménent deux hommes : cesont Harry Blount et Alcide Jolivet.

  • Qui étes-vous, messieurs ?-^

Deux correspondants

de journaux

anglais

et

frangais, répond Harry Blount.

  • Vous demandez l'autorisation de suivre nos opé- rations militaires en Sibérie? - Nous demandons la liberté, répond le correspon- dant anglais.

-^

Mais vous étes libres, messieurs, répond Ivan

Ogareff.

Parmi les prisonniers amenes par Ivan Ogareff, il y a une vieille femme que Sangarre surveille attentive-ment.

Cette vieille femme qui, malgré son age, a dü mar- cher á pied, ne se plaint jamáis. Une jeune prisonnié-re l'accompagne et s'occupe d'elle : c'est Nadia.

Un jour, Nadia lui raconte tout ce qui lui est arrivé

  1. Otage : prisonnier
  • Mere, je ne vous demande rien.-^

Peut-étre que celui qui te donnait ce nom de

soeur

n'est pas

mort,

Nadia.

Espere,

ma filie,

fais

comme moi.

Michel Strogoff fait partie des prisonniers du camp. Nadia et la vieille Marfa ne le savent pas.

Mais un jour, le 15 aoüt, Nadia l'apercoit et pousse un cri.

Á ce cri, Michel Strogoff tressaillit. II a reconnu Nadia et aussi sa mere. Mais il ne dit rien et s'éloigne'.

  • Ne bouge pas, ma filie, dit la vieille femme qui a vu ce qui s'est passé. - C'est lui, ma mere, répond Nadia. II vit!-^

C'est mon fils. C'est Michel Strogoff, et tu vois

que je ne fais pas un pas vers lui. Fais comme moi.

Sangarre, qui surveille toujours

Marfa Strogoff, a

vu ce qui vient de se passer et elle va aussitót le racon-ter á Ivan Ogareff.

i

  1. S'éloigner : aller loin d'un endroit ou d'une personne.

DEUXIÉME PARTIE

II

L

E^

LENDEMAIN

MATIN,

vers

dix

heures,

Ivan

Ogareff arrive dans le camp, accompagné parSangarre. Celle-ci se dirige vers Marfa Strogoff.

La vieille femme la voit venir et, devinant ce qui va sepasser, elle dit á Nadia á voix basse :

-^

Tu ne me connais plus, ma filie. Peu importe ce

qui va se passer, tu ne dois rien diré, rien faire. Paspour moi, mais pour Michel!

Á ce moment, Sangarre met la main sur l'épaule de Marfa Strogoff.

  • Viens, lui dit-elle.Et elle la conduit devant Ivan Ogareff.- Tu es bien Marfa Strogoff? lui demande-t-il.- Oui, répond la vieille femme.-^

Je t'ai interrogée á Omsk il y a trois jours. Tu

continúes á diré que l'homme que tu as vu au reíais deposte n'était pas ton fils?

-^

Ce n'était pas mon fils!

  • Est-ce que tu l'as vu parmi les prisonniers ?-^

Non.

  • Et si on te le montre, tu le reconnaitras ?-^

Non.

-^

Écoute, ton fils est ici et tu vas me le montrer

immédiatement.

Tous

les

prisonniers

vont

passer

devant toi et, si tu ne me dis pas lequel est ton fils, turecevras des coups de knout

  1. Un coup de knout pour

chaqué homme qui sera passé devant toi.

Sur l'ordre d'Ivan Ogareff, les prisonniers passent devant la vieille femme. Son fils se trouve parmi lesderniers. Quand il passe devant elle, elle ne dit rien etlui non plus.

Sangarre ne dit qu'un mot :- Le knout!-^

Oui, s'écrie Ivan Ogareff. Le knout, jusqu'á la

mort!

Deux soldats font mettre Marfa Strogoff á genou et déchirent sa robe pour mettre son dos nu.

Mais le fouet n'a pas le temps de frapper la vieille femme. Un homme l'arrache de la main du Tartare.Cet homme, c'est Michel Strogoff.

Ivan Ogareff s'approche de lui.- L'homme d'Ichim! dit-il.- Lui-méme! répond Michel Strogoff. Et, levant le knout, il frappé Ivan Ogareff au visage. Vingt soldatsse jettent sur lui pour le tuer mais Ivan Ogareff lesarréte.

  • Cet horraue est reservé á la justice de l'émir, dit- il. Fouillez

2 -le.

Les soldats trouvent sur lui la lettre du czar. Ivan

  1. Knout: fouet avec piusieurs laniéres de cuir terminées par despetits morceaux de fer. Une condamnation á cent-vingt coups deknout est une condamnation á mort.2. Fouiller : chercher avec soin pour trouver ce qu'on cherche.

Ogareff la lit piusieurs fois. Puis tous se dirigent versTomsk, la ville oú les attend l'émir.

L'émir doit recevoir ses troupes victorieuses sur la grande place de Tomsk et la ville prepare une grandeféte avec des chants et des danses.

Á quatre heures, 1'émir arrive sur la place et s'ins- talle sous une tente magnifique.

Ivan Ogareff arrive un peu plus tard.Alcide Jolivet et

Harry Blount

se

trouvent

eux

aussi dans la foule.

Piusieurs centaines de prisonniers sont amenes et défilent devant l'émir en baissant les yeux. Parmi eesprisonniers, il y a bien sur Nadia, la vieille Marfa etMichel Strogoff.

En arrivant devant l'émir, Marfa Strogoff, poussée par

les

soldats,

tombe.

Lorsqu'elle se

releve, Ivan

Ogareff dit á l'émir :

  • Je veux que cette femme reste ici.Lorsque Michel Strogoff passe á son tour devant l'émir, il reste debout, sans baisser les yeux.

-^

Baisse les yeux devant

l'émir

! lui crie Ivan

Ogareff.

  • Jamáis! répond Michel Strogoff.Ivan Ogareff s'approche de Michel Strogoff.- Tu vas mourir! dit-il.-^

Je mourrai, répond

Michel Strogoff, mais ton

visage portera toujours la marque du knout!