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Asignatura: frances I, Profesor: , Carrera: Lenguas Modernas y sus Literaturas, Universidad: UCM
Tipo: Apuntes
1 / 29
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Le XIX
é m e siécle est le siécle des grands romans et
des grands romanciers. Jules Verne est le contempo-rain d'Honoré de Balzac, d'Alexandre Diunas pére, deGustave Flaubert, de
Guy de Maupassant,
d'Émile
Zola...
Jules Verne est surtout
connu pour ses romans
scientifiques d'anticipation, mais il s'est aussi beau-coup intéressé á l'histoire de son siécle et s'en
est
inspiré pour écrire
Michel Strogoff
Les cinq
cents mülions
de la bégum
Nord
contre
Sud
En 1874, influencé par les événements de Russie, il commence á écrire
Le courrier du czar,
qui prendra
ensuite le titre de
Michel Strogoff.
Les
mota
ou expressions suivis d'un astérisque* dans le texte sont
expliques dans le Vocabuiaire, page
61.
PREMIERE PARTIE
I
L
E^
CZAR DE RUSSIE
donne une grande féte dans
les tres beaux salons de son palais de Moscou.Mais ce soir-lá, l
e^ ' juillet, le czar ne danse pas
et parle peu avec ses invites. II parle seulement á unepersonne
: le general Kissoff,
qui est le chef de la
pólice.
Le czar a des problémes avec la Sibérie, une pro- vince
russe
qui refuse
son
autorité,
et
avec
les
Tartares, qui veulent envahir
1 l'empire russe en Asie.
Depuis la veüle, il n'a pas de nouvelles de son frére, legrand-duc, qui est á Irkoutsk, en Sibérie.
La Sibérie est une vaste étendue de steppes
2 qui
est située entre la Russie d'Europe, l'empire chinoiset
l'océan
glacial.
Aucun
train
ne
traverse
ses
immenses plaines. En été, on voyage en tarentassou en télégue ; en hiver en traineau*.
3 n'arrivent plus en Sibérie, Sire, dit
le general Kissoff au czar.^ 1.^
Envahir : entrer par la forcé et s'installer dans un pays ou une región.2. Steppe : grande plaine sans arbres qu'on trouve en Russie et enAsie.3. Dépéche : inforniation qui est envoyée rapidement.
Est-ce qu'on a des nouvelles du traítre
1 Ivan
Ogareff
? Je sais qu'il veut tuer mon frére.
Mon frére
sait qu'Ivan Ogareff est un rebelle
mais il ne sait pas
que
c'est aussi un traítre. Ivan
Ogareff veut aller á Irkoutsk et la, avec un faux nom,devenir le serviteur
du grand-duc,
puis obtenir sa
conñance. Et lorsque les Tartares envahiront Irkoutsk,il livrera la ville et mon frére á leur chef, le terribleFéofar-Khan. C'est tout ce que je sais et c'est ce quemon frére ignore et doit savoir.
Sire, un courrier' intelligent et courageux peut
parcourir les cinq mille deux cents verstes'' qui sépa-rent
Moscou d'Irkoutsk. Je comíais un homme qui peut
le faire.
C'est un Sibérien
de trente ans, un
homme fort qui peut supporter le froid, la faim, la soifet la fatigue. II connait tres bien le pays et parle sesdifférentes langues.
Pendant toute la soirée, deux invites, que person- ne ne connait, parlent á voix basse de la situation en 1.^
Traítre : personne qui trompe un groupe et l'abandonne pour un autre.2. Rebelle : personne qui se révolte contre l'autorité.3. Courrier : personne qui porte une (ou plusieurs) lettre importan-te qu'il doit remettre personnellement á la personne á qui elle estenvoyée.4. Verste : la verste vaut 1067 métres. 5200 verstes = 5523 kilo-métres.
Russie. lis ont tous les deux des informations tres pre-cises, mais ils ne les font pas connaltre aux autres invi-tes. Qui sont ees deux hommes?
L'un est un Anglais, discret et flegmatique. C'est le correspondant
1
clu
Daily
Telegraph
et
il s'appelle
Harry Blount.
L'autre
est
un
Frangais
qui se
nomme
Alcide
Jolivet. Lorsqu'on lui demande pour quel journal il tra-vaille, il répond qu'il correspond avec « sa cousineMadeleine ».
Le general Kissoff entre dans le bureau du czar.- Le courrier dont je vous ai parlé est ici et il attend vos ordres, Sire.
Oü es-tu né, Michel Strogoff? lui demande le
czar.
PREMIÉRE PARTJE
II
E MATIN DU
JUILLET,
Michel Strogoff, vétu d'un
simple costume russe, monte dans le train quiva le conduire á Nijni-Novgorod. Dans le train, les voyageurs, qui sont presque tous des commercants qui vont á la grande foire
1 de Nijni-
Novgorod, parlent de 1'invasion des Tartares.
Á la gare de Madimir,
de nouveaux voyageurs
montent dans le train. Piirmijejjx, il y a une jeune filiequi s'assoit en face de Michel Strogoff.
C'est une jeune filie blonde, cljarmantej qui doit avoir entre seize et dix-sept ans. Michel Strogoff laregarde avec curiosité et se demande oü elle va, touteseule.
Des policiers montent aussi dans le train et deman- dent leurs papiers aux voyageurs.
Foire : grand marché public qui a lieu dans certaines villes á des dates flxes.
1
ton permis au bureau de pólice de Nijni-Novgorod.
En
entendant
ees
demandes
et
ees
réponses,
Michel Strogoff est surpris. Malgré la situation poli-tique, cette jeune filie va toute seule en Sibérie!
Le
Caucase,
le bateau qui va amener le courrier du
czar de Nijni-Novgorod á Perm, ne part que le lende-main á midi.
En attendant son départ, Michel Strogoff se pro- méne dans la vüle et pense á la jeune filie qui a voya-gé avec lui. II se demande pourquoi elle va en Sibérietoute seule. II s'assoit sur un banc, á cóté d'une rou-lotte* en bois.
ressemble
á^
un
Bohémien
ce
moment, la porte de la maison s'ouvre et une femmelui dit :
C'est sürement un espión... Laisse-le et viens
SQULK
'.r.
1.^
Viser : faire mettre une signature officielle sur un document.
Tu as raison, Sangarre
! Et puis demain, nous
serons partís.
Oui, Sangarre, répond le Bohémien, et c'est le
Pére
1 lui-méme qui nous
envoie... oú nous voulons
aller!
Michel Strogoff se trouve sur la place céntrale de la ville lorsqu'un policier arrive et lit la déclaration sui-vante :
« Aucune
personne russe ne pourra sortir de la
province.
Tous les étrangers
d'origine
asiatique
doivent
quitter la province
immédiatement.
« Aucune
personne russe ne pourra
sortir de la
province.
Si Ivan Ogareff est encoré dans la province,
cet
ordre
rempeche
de
rejoindre
Féoí'ar-Khan qui
perd
ainsi un
homme
important.
» pense
Michel
Strogoff.
II pense aussi á la jeune filie russe qui ne pourra pas continuer son voyage. II se demande s'il peut l'ai-der, et comment...
« Je peux avoir besoin d'elle plus qu'elle n'a besoin de moi! » pense-t-il. « Si je voyage seul, quelqu'unpeut deviner que je suis le courrier du czar. Si, au 1. Le Pére : nom donné familiérement au czar de Russie.
contraire,
cette jeune
filie
m'accompagne,
je
res-
semble davantage á un commergant. Oui, il faut qu'el-le m'accompagne! »
Toute la soirée, Michel Strogoff cherche la jeune filie, mais il ne la trouve pas.
Le lendemain matin, il va montrer son podaroshna au bureau de pólice. La jeune filie est la, assise sur unbanc, et elle a l'air tres malheureujfc; Michel Strogoffdevine qu'elle ne peut pas continuer son voyage, ácause de l'ordre du czar.
Un agent fait entrer Michel Strogoff dans le bureau du chef de pólice. Lorsqu'il ressort,
son podaroshna
signé á la main, il s'approche
de la jeune filie et, lui
tendant la main :
Je te suis', mon frére, répond la jeune filie en
mettant sa main dans celle de Michel Strogoff.
Et ils quittent ensemble la maison de pólice.
Deux heures aprés le départ du
Caucase,
Michel
Strogoff et la jeune filie sont assis sur le pont.
Suivre : aller derriére quelqu'un.
Lorsque nous aurons passé la frontiére,
nous
serons
en
Sibérie,
c'est-á-dire
en
pleine
invasión.
Donnez-moi la main, monsieur Blount, et soyons amispendant que nous sommes sur ce bateau.
En
se
promenant
sur
le pont,
Michel Strogoff
reconnait aussi les voix des Bohémiens qu'il a enten-dues á Nijni-Novgorod et il s'arréte pour écouter.
On dit qu'un courrier est parti de Moscou pour
Irkoutsk! dit la femme.
Michel Strogoff tressaillit
2 en entendant ees mots.
« Qui sait qu'un courrier est parti et c o n r n e n t l ^ t j l .appris? »^ 1. De front: l'un á cóté de l'autre.2. Tressaillir : faire un mouvement brusque, trembler sous l'effetd'une émotion violente.
PREM1ÉRE PARTIE
III
E LENDEMAIN MATIN,
Nadia retrouve son compa-
gnon sur le pont.- Á quelle distance sommes-nous de Moscou?
lui demande-t-elle.
Wassili Fédor, était médecin á Riga. II y a deux ans,le gouvernement
a appris
qu'il appartenait
á^
une
société secrete étrangére et il lui a ordonné de par-tir pour Irkoutsk. Ma mere est morte i l y a un moiset j'ai obtenu l'autorisation d'aller vivre avec monpére.
Je
vais moi aussi
á Irkoutsk,
répond
Michel
Strogoff. J'ai un podaroshna spécial pour la Sibérie etje t'accompagnerai jusque chez ton pére.
Merci, frére
! répond Nadia. J'avais un pernüs
spécial pour aller á Irkoutsk, mais maintenant
il ne
vaut plus rien.
-Et tu voulais traverser les steppes de la Sibérie
toute seule! Tu ne savais done pas que le pays étaitenvahi par les Tartares?
Le lendemain, 18 juillet, le
Caucase
arrive á Perm
et, une demi-heure plus tard, Nadia et Michel Strogoffs'installent dans un tarentass tiré par trois chevaux.
1 pas, frére. Tu as deja fait/ce
voyage?
Michel Strogoff et Nadia ne sont pas seuls sur la route
de
Perm
á
Ekaterinbourg. Des
le
premier
reíais
2 , le courrier du czar a appris qu'une télégue les
précédait.
Le 20 juillet, vers huit heures du matin, üs/ípergoi-
vent au loin les monts Ourals, ees montagnes qui sépa-rent la Russie d'Europe de la Sibérie.
Nous traverserons
ees
montagnes
pendant la
nuit, dit Michel Strogoff á Nadia.
Mais pendant la journée, le ciel devient plus noir et ils entendent quelques coups de tonnerre
II va y avoir un_ orage, dit l'iemschik
2 á Michel
Strogoff.
3 si nous arrivons demain matin á Ekaterinbourg !Vers onze heures, des éclairs
4 commencent á illu-
miner le ciel. Les chevaux, effrayés,
s'arrétent brus-
quement et refusent d'avancer. Michel Strogoff sent lamain de Nadia qui s'appuie sur la sienne.
Nous ne pouvons pas les aider, dit riemschik.
Nous ne pouvons pas mettre en danger la voiture etles chevaux.
Et, tirant son couteau de sa ceinture, il s'élance contre l'animal. Son bras ne fait qu'un mouvement, debas en haut, et l'énorme animal, ouvert du ventre aucou, tombe sur le sol.
Á ce moment, l'iemschik revient avec les chevaux et Michel Strogoff lui explique la situation.
PREMIÉRE PARTIE
IV
les
deux
voitures
arrivent
á
Ekaterinbourg.- Messieurs, dit Michel Strogoff á ses nouveaux
compagnons, je dois vous diré que je suis tres pressé
1
d'arriver á Omsk. Je ne m'arréterai dans les prochainsreíais que pour changer de chevaux et je voyageraijour et nuit.
Nous ferons
la méme
chose,
répond
Harry
Blount, et nous ne vous retarderons pas.
Á chaqué reíais, ils changent de chevaux sans pro- blémes et, le 23 juillet, les deux tarentass sont á seu-lement trente verstes d'Ichim.
Á ce moment, Michel Strogoff apergoit sur lanroute une voiture qui precede la sienne. Ce n'est ni up taren-tass ni une télégue, mais une berline*. Pour MichelStrogoff, qui ne sait pas s'il y a beaucoup de chevauxou non dans le prochain reíais, il est important d'arri-ver avant la berline.
Tu auras un bon pourboire si nous arrivons au
prochain reíais avant cette berline, dit-il au iemschick.
Á huit heures du soir, Michel Strogoff et ses com-
pagnons
arrivent
les
premiers
au
reíais
de
poste
d'Ichim. Les deux correspondants ont decide de resterquelques jours á Ichim mais Michel Strogoff, qui doitcontinuer son chemin, demande immédiatement deschevaux pour lui.
Dix minutes plus tard, son tarentass est prét á repartir.
Les deux correspondants sont en train de lui serrer la mam lorsqu'une
voiture entre
dans la cour. Un
homme parait: c'est le voyageur de la berline.
Et les chevaux qui viennent d'étre attelés
1 au
tarentass qui est dans la cour?
Qu'on dételle
2 ce tarentass, s'écrie le voyageur
d'une voix menagante. Je veux ees chevaux et je lesveux tout de suite.
1 avec le miserable qui...
II ne peut pas terminer sa phrase.-^
Calme-toi, frére.
Je devine que tu obéis á un
devoir sacre, plus sacre que celui qui unit un ñls á samere. Puisque tu me donnes ce nom de sceur, je suisaussi la filie de María! J'irai la voir.
Le 25 juillet, Michel Strogoff et Nadia sont sur les bords du fleuve Irtyche. Ils montent sur un bac* avecle tarentass et les chevaux pour traverser le fleuve.Omsk n'est plus tres loin.
Michel Strogoff regarde le fleuve et voit plusieurs barques* qui avancent rapidement.
II pálit.- Qu'y a-t-il? lui demande Nadia.- Les Tartares !En effet, les barques que Michel Strogoff a vues sont chargées de soldats tartares.^ 1. Lache : qui ne montre pas de courage.
Viens, Nadia, s'écrie Michel Strogoff, prét á se
jeter dans le fleuve.
Mais, á ce méme instant, Michel Strogoff est frap- pé par une arme et tombe dans le fleuve. Sa main s'agi-te un instant au-dessus de l'eau et il disparaít.
Nadia pousse un cri. Les Tartares la saisissent et l'emménent avec eux dans une barque.
PREMIÉRE PARTIE
\
V
!
E COUP QUI A FRAPPÉ Michel Strogoff
n'était
pas
mortel. En nageant, il est arrivé sur le bord dufleuve et la, il est tombé évanoui. Quand il se réveille, il se trouve dans la cabane d'un moujik
Une jeune filie m'accompagnait..., lui dit-il. Est-
ce qu'elle est ici?
Non, mais elle est vivante. Les Tartares~Tpnt
emmenée dans une barque.
Michel Strogoff connait tres bien Omsk, et les deux hommes entrent dans la ville sans difficulté.
Un groupe de Tartares, commandé par un officier, s'avance vers la rué dans laquelle ils se trouvent. 1. Moujik : paysan russe.
Qui est cet officier? demande Michel Strogoff au
moujik.
C'est Ivan Ogareff.
Michel Strogoff veut obtenir un cheval pour conti- nuer son voyage. Le moujik le conduit au reíais deposte. Avant de repartir, il decide de manger un peu.
Tout á coup, un cri le fait tressaillir.- Mon fils !Sa mere, la vieille Marfa, est devant lui.-^
Qui étes-vous, ma brave dame? lui demande
Michel Strogoff.
-Qui
je suis? Tu le demandes? Mon
enfant, tu ne
reconnais pas ta mere?
Vous vous trompez! répond Michel Strogoff en
quittant la salle.
suis folie, dit alors la vieille Marfa á ceux qui
sont dans la salle. Mes yeux m'ont trompee. Ce jeunehomme n'est pas mon fils. II n'a pas sa voix.
Dix
minutes plus tard, un officier
tartare entre
dans la maison de poste.
C'est moi,
répond la vieille femme.
Michel Strogoff quitte Omsk le 29 juillet et, le 5 aoüt, il est á mille cinq cents verstes d'Irkoutsk. Sur saroute, il voit des maisons brülées, des champs devas-tes
1 , des familles qui pleurent et il comprend que les Tartares le précédent.
II continué sa route. Á un moment, il entend un bruit de chevaux et il se cache entre des arbres. II voitun groupe de Tartares qui s'installe dans un pré pourpasser la nuit. Michel Strogoff s'approche pour écou-ter ce qu'ils disent:
2 que ce marchand n'était pas son ñls, mais i l \
était trop tard. Le colonel Ogareff saura bien la faireparler...
Tous ees mots sont comme des coups de couteau pour Michel Strogoff et il decide de partir le plus vitepossible. Mais á ce moment, un Tartare l'apercoit etalerte
3 les autres. Tous les
Tartares
se jettent
á la poursuite
de
Michel Strogoff.
:
La distance qui les separe du courrier düninue peu á peu. Pour sauver sa vie, Michel Strogoff entre dansle ñeuve avec son cheval. Les Tartares tirent sur lui ettuent
son cheval. Michel Strogoff
disparait dans le
fleuve.^ 1. Devasté : détruit.2. Soutenir: affirmer.3. Alerter : diré á quelqu'un qu'il y a un danger.
Michel Strogoff est en vie. Mais il n'a plus de che- val et il continué sa route á piecl. II arrive amsi áKolyvan, et s'approche d'une petite maison isolée :c'est un poste télégraphique. II y a une seule personnedans la salle : un employé calme et indifférent á ce quise passe dehors. Á ce moment, la porte s'ouvre etdeux hommes entrent. Michel Strogoff les reconnaittout de suite : ce sont Harry Blount et Alcide Jolivet,qui viennent
envoyer des
dépéches.
Harry
Blount
envoie la premiére :
Aujourd'hui,
les
Tartares
sont
entres
dans
Kolyvan et beaucoup de soldats russes sont morts. »
Á ce moment, des soldats tartares entrent dans la maison et font prisonniers les deux correspondants etMichel Strogoff.
DEUX!EME PARTIE
I
E^
LENDEMAIN,
AOÜT,
les
prisonniers faits
á
Kolyvan sont amenes dans le camp oü se trou-ve l'émir Féofar-Khan. Parmi
tous
ees
prisonniers, le
plus
docile
1
est
Michel Strogoff, car il ne veut pas étre remarqué nireconnu.
¡1 pense beaucoup á sa mere et á Nadia et il se demande oü elles sont.
Quatre jours plus tard, le 12 aoüt, Ivan Ogareff arri- ve dans le camp tartare, accompagné
d'une armée
importante, d'un groupe de prisonniers russes et sibé-riens et d'un groupe de Bohémiens qui sont ceux queMichel Strogoff a deja rencontrés á deux occasions. LaBohémienne Sangarre est une espionne d'Ivan Ogareffet elle est capable de tout pour plaire á son maitre.
Ivan Ogareff descend de cheval et s'avance vers Féofar-Khan.
en otage
1 le
grand-duc, le frére du czar.
C'est ce que je ferai, Ivan Ogareff. Nous allons
partir aujourd'hui pour Tomsk.
Ivan Ogareff s'incline. Á ce moment, il entend des cris qui viennent de l'endroit oü se trouvent les pri-sonniers. Ses soldats lui aménent deux hommes : cesont Harry Blount et Alcide Jolivet.
Deux correspondants
de journaux
anglais
et
frangais, répond Harry Blount.
Mais vous étes libres, messieurs, répond Ivan
Ogareff.
Parmi les prisonniers amenes par Ivan Ogareff, il y a une vieille femme que Sangarre surveille attentive-ment.
Cette vieille femme qui, malgré son age, a dü mar- cher á pied, ne se plaint jamáis. Une jeune prisonnié-re l'accompagne et s'occupe d'elle : c'est Nadia.
Un jour, Nadia lui raconte tout ce qui lui est arrivé
Peut-étre que celui qui te donnait ce nom de
soeur
n'est pas
mort,
Nadia.
Espere,
ma filie,
fais
comme moi.
Michel Strogoff fait partie des prisonniers du camp. Nadia et la vieille Marfa ne le savent pas.
Mais un jour, le 15 aoüt, Nadia l'apercoit et pousse un cri.
Á ce cri, Michel Strogoff tressaillit. II a reconnu Nadia et aussi sa mere. Mais il ne dit rien et s'éloigne'.
C'est mon fils. C'est Michel Strogoff, et tu vois
que je ne fais pas un pas vers lui. Fais comme moi.
Sangarre, qui surveille toujours
Marfa Strogoff, a
vu ce qui vient de se passer et elle va aussitót le racon-ter á Ivan Ogareff.
i
DEUXIÉME PARTIE
II
E^
LENDEMAIN
MATIN,
vers
dix
heures,
Ivan
Ogareff arrive dans le camp, accompagné parSangarre. Celle-ci se dirige vers Marfa Strogoff.
La vieille femme la voit venir et, devinant ce qui va sepasser, elle dit á Nadia á voix basse :
Tu ne me connais plus, ma filie. Peu importe ce
qui va se passer, tu ne dois rien diré, rien faire. Paspour moi, mais pour Michel!
Á ce moment, Sangarre met la main sur l'épaule de Marfa Strogoff.
Je t'ai interrogée á Omsk il y a trois jours. Tu
continúes á diré que l'homme que tu as vu au reíais deposte n'était pas ton fils?
Ce n'était pas mon fils!
Non.
Non.
-^
Écoute, ton fils est ici et tu vas me le montrer
immédiatement.
Tous
les
prisonniers
vont
passer
devant toi et, si tu ne me dis pas lequel est ton fils, turecevras des coups de knout
chaqué homme qui sera passé devant toi.
Sur l'ordre d'Ivan Ogareff, les prisonniers passent devant la vieille femme. Son fils se trouve parmi lesderniers. Quand il passe devant elle, elle ne dit rien etlui non plus.
Sangarre ne dit qu'un mot :- Le knout!-^
Oui, s'écrie Ivan Ogareff. Le knout, jusqu'á la
mort!
Deux soldats font mettre Marfa Strogoff á genou et déchirent sa robe pour mettre son dos nu.
Mais le fouet n'a pas le temps de frapper la vieille femme. Un homme l'arrache de la main du Tartare.Cet homme, c'est Michel Strogoff.
Ivan Ogareff s'approche de lui.- L'homme d'Ichim! dit-il.- Lui-méme! répond Michel Strogoff. Et, levant le knout, il frappé Ivan Ogareff au visage. Vingt soldatsse jettent sur lui pour le tuer mais Ivan Ogareff lesarréte.
2 -le.
Les soldats trouvent sur lui la lettre du czar. Ivan
Ogareff la lit piusieurs fois. Puis tous se dirigent versTomsk, la ville oú les attend l'émir.
L'émir doit recevoir ses troupes victorieuses sur la grande place de Tomsk et la ville prepare une grandeféte avec des chants et des danses.
Á quatre heures, 1'émir arrive sur la place et s'ins- talle sous une tente magnifique.
Ivan Ogareff arrive un peu plus tard.Alcide Jolivet et
Harry Blount
se
trouvent
eux
aussi dans la foule.
Piusieurs centaines de prisonniers sont amenes et défilent devant l'émir en baissant les yeux. Parmi eesprisonniers, il y a bien sur Nadia, la vieille Marfa etMichel Strogoff.
En arrivant devant l'émir, Marfa Strogoff, poussée par
les
soldats,
tombe.
Lorsqu'elle se
releve, Ivan
Ogareff dit á l'émir :
Baisse les yeux devant
l'émir
! lui crie Ivan
Ogareff.
Je mourrai, répond
Michel Strogoff, mais ton
visage portera toujours la marque du knout!